L’HOMME DER­RIÈRE RO­CKY

Tout le monde connaît Ro­cky Bal­boa, le per­son­nage créé par Syl­ves­ter Stal­lone dans les an­nées 1970 qui a ser­vi de base à l’une des fran­chises les plus lu­cra­tives de l’his­toire du ci­né­ma. Mais très peu de gens connaissent l’exis­tence de Chuck Wep­ner, le bo

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Le film Chuck prend l’af­fiche ven­dre­di pro­chain (le 19 mai). Maxime De­mers Le Jour­nal de Mon­tréal maxime.de­mers @que­be­cor­me­dia.com

Pe­tit boxeur ama­teur sur­nom­mé «The Bayonne Blee­der» dans sa pe­tite ville de Bayonne, au New Jer­sey, Chuck Wep­ner est sor­ti de l’ombre en 1975 en te­nant tête pen­dant près de 15 rounds au grand Mu­ham­mad Ali.

La lé­gende veut que c’est en re­gar­dant ce com­bat épique à la té­lé­vi­sion que l’ac­teur Syl­ves­ter Stal­lone ait eu l’idée de son film Ro­cky, qui re­late l’his­toire d’un boxeur de se­conde zone is­su d’un quar­tier pauvre de Phi­la­del­phie qui ob­tient la chance de se battre contre le cham­pion du monde.

Ro­cky rem­por­te­ra l’Os­car du meilleur film deux ans plus tard et connaî­tra un im­mense suc­cès po­pu­laire.

Comme la plu­part des gens, Phi­lippe Falardeau ( Mon­sieur Laz­har, Gui­bord s’en va-t-en guerre) ne connais­sait rien de l’his­toire de Chuck Wep­ner avant qu’on lui fasse lire le scé­na­rio du film Chuck (qui por­tait alors le titre The Blee­der) il y a quelques an­nées.

«C’était un des scé­na­rios amé­ri­cains que mon agent m’avait en­voyés pour que je le lise», ra­conte Falardeau, ren­con­tré plus tôt cette se­maine.

«Je me sou­viens que j’avais eu tel­le­ment de fun à le lire parce que je ne connais­sais pas du tout cette his­toire. Tout ça était nou­veau pour moi. Mais en le li­sant, je ne pen­sais pas né­ces­sai­re­ment que c’était un film pour moi. C’est en me ré­veillant le len­de­main ma­tin que je me suis aper­çu que j’avais en­vie de re­tour­ner lire le scé­na­rio. Et ça, c’est tou­jours un bon signe. Ça vou­lait dire que cette his­toire m’in­té­res­sait vrai­ment. J’ai donc de­man­dé à mon agent d’or­ga­ni­ser une ren­contre té­lé­pho­nique avec les pro­duc­teurs.»

UNE CÉ­LÉ­BRI­TÉ NÉ­FASTE

Dès ses pre­mières ren­contres avec Chuck Wep­ner et avec l’ac­teur Liev Schrei­ber (qui in­carne Wep­ner à l’écran), Phi­lippe Falardeau a in­sis­té sur le fait qu’il ne vou­lait pas faire un film de boxe. Dans Chuck, le réa­li­sa­teur qué­béois se penche plu­tôt sur les consé­quences né­fastes que ce cé­lèbre com­bat – et la sor­tie du film Ro­cky – a eues sur la vie de Wep­ner. Se croyant de­ve­nu cé­lèbre du jour au len­de­main, le boxeur s’est per­du dans cette fausse gloire, en fai­sant un peu trop la fête et en se fai­sant même ar­rê­ter pour pos­ses­sion de drogue.

«La boxe m’in­té­res­sait mais elle ne m’in­té­res­sait pas comme lien nar­ra­tif prin­ci­pal du film», pré­cise Falardeau.

«Il y a une di­zaine de mi­nutes de boxe dans le film alors on ne peut pas dire que c’est un film de boxe. C’est un film sur un boxeur qui est pris dans une spi­rale à cause de la cé­lé­bri­té que lui a pro­cu­rée son com­bat contre Ali et la sor­tie du film Ro­cky. C’est un film sur la ma­nière de se per­ce­voir quand on de­vient cé­lèbre pour les mau­vaises rai­sons.»

«Je crois que Chuck a pu gé­rer la cé­lé­bri­té après son com­bat contre Ali mais il n’a pas réus­si à gé­rer la cé­lé­bri­té après la sor­tie de Ro­cky. Il y a un cô­té nar­cis­sique là-de­dans. On veut que les gens nous aiment et on fi­nit par ou­blier Trois ans après The Good Lie, le ci­néaste qué­bé­cois Phi­lippe Falardeau pro­pose avec Chuck le se­cond film amé­ri­cain de sa car­rière. les gens qui nous aiment vrai­ment. On pré­fère se faire ai­mer par des in­con­nus.»

«Ce qui m’in­té­res­sait aus­si dans cette his­toire, c’était de com­prendre pour­quoi un per­son­nage qui a tant de dé­fauts et qui a fait tel­le­ment d’er­reurs pou­vait être si at­ta­chant. Je pense que c’est parce qu’il porte une in­no­cence en­core pure mal­gré son cô­té un peu sale. Il y a des gens comme ça dans la vie et il y a des gens comme ça au ci­né­ma. Mais sans re­nier le cô­té dra­ma­tique de cette his­toire, je vou­lais aus­si que le film soit lu­dique. Même dans les mo­ments les plus durs, Chuck Wep­ner a tou­jours gar­dé cette bonne hu­meur un peu dé­sin­volte qui le ca­rac­té­rise. Dans ce sens, il fal­lait que le film lui res­semble.»

Dans Chuck, l’ac­teur Liev Schrei­ber prête ses traits au boxeur Chuck Wep­ner. CHUCK

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