BER­LIN, BAS­TION DE L’EX­PLO­RA­TION UR­BAINE

Le Journal de Quebec - Weekend - - VACANCES -

RELAXNEWS | Avec ses hô­pi­taux aban­don­nés, ses bun­kers dé­ser­tés et ses salles d’ana­to­mie fan­to­ma­tiques, Ber­lin s’est im­po­sé comme un temple de l’ex­plo­ra­tion ur­baine, une pra­tique qui draine tou­jours plus de cu­rieux avides d’ar­pen­ter les ves­tiges d’un pas­sé mou­ve­men­té.

L’ur­bex, pour « ur­ban ex­plo­ra­tion », long­temps mar­gi­nale, est de­ve­nue ten­dance par­tout dans le monde.

Née dans les an­nées 1980, cette mode consiste à s’in­tro­duire dans un lieu aban­don­né, pu­blic ou pri­vé, pour l’ex­plo­rer, sou­vent de fa­çon illé­gale. Ses règles sont strictes : pas d’ef­frac­tion, pas de van­da­lisme, on ne prend rien sur place, sauf des pho­tos ou des vi­déos. Et on ne donne ja­mais l’adresse des lieux vi­si­tés.

An­ciennes ca­sernes so­vié­tiques dé­ser­tées, parc de loi­sirs aban­don­nés, centres com­mer­ciaux en déshé­rence, ins­ti­tuts d’ana­to­mie vides ou bun­kers ou­bliés...

Au­tant de ves­tiges de l’his­toire ber­li­noise, mar­quée au 20e siècle par le na­zisme, la Deuxième Guerre mon­diale, la par­ti­tion Est/Ouest puis la chute du Mur et l’écrou­le­ment de la RDA, qui a aban­don­né aux ronces une foule de bâ­ti­ments de­ve­nus in­utiles.

TOU­RISME DE FRICHES

Ce suc­cès a sus­ci­té l’ap­pé­tit de so­cié­tés pri­vées qui pro­posent, en ac­cord avec les pro­prié­taires, des vi­sites payantes de lieux aban­don­nés : ves­tige de la Guerre froide et an­cien temple des « free par­ties » ber­li­noises, l’ex-sta­tion d’écoute amé­ri­caine du Teu­fels­berg et ses boules géo­dé­siques n’y ont pas échap­pé, dé­sor­mais ac­ces­sibles uni­que­ment en payant.

Mais la pers­pec­tive d’un ac­cès of­fi­ciel et payant fait grin­cer des dents les pu­ristes, qui hurlent à la mar­chan­di­sa­tion.

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