DE TRÈS BONS AC­TEURS

Cette adap­ta­tion de l’au­to­bio­gra­phie de Jean­nette Walls met en ve­dette Brie Lar­son, Woo­dy Har­rel­son et Nao­mi Watts.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - ISA­BELLE HONTEBEYRIE Agence QMI

Le su­jet de pa­rents qui élèvent leurs en­fants hors du sys­tème n’est pas nou­veau, l’ex­cellent Ca­pi­taine Fan­tas­tique avec Vig­go Mor­ten­sen nous mon­trait un père et ses six jeunes pris dans le tour­ment de la mort d’une femme, une mère. Mais, alors que Ca­pi­taine Fan­tas­tique mon­trait un uni­vers fa­mi­lial et édu­ca­tif somme toute idyl­lique, The Glass Castle se concentre sur le cô­té sombre du su­jet.

Jean­nette Walls, chro­ni­queuse au ma­ga­zine New York en 1989 lorsque s’ouvre le long métrage, a eu une en­fance pour le moins étrange. Son père, Rex (Woo­dy Har­rel­son, ex­cellent) est un homme fan­tasque, vi­si­ble­ment in­tel­li- gent, qui a dé­ci­dé de vivre to­ta­le­ment en marge du sys­tème. Sa mère, Rose Ma­ry (Nao­mi Watts, par­faite) est une peintre plus in­té­res­sée par ses na­tures mortes que par le fait de faire cuire des sau­cisses pour nour­rir ses en­fants. C’est d’ailleurs lorsque Jean­nette (pe­tite, elle est jouée de ma­nière ex­trê­me­ment juste par Chand­ler Head, puis quelques an­nées plus tard par El­la An­der­son, tout aus­si bonne) tente de pré­pa­rer le re­pas qu’elle se brûle gra­ve­ment au point de conser­ver une im­mense ci­ca­trice sur le torse.

UN UNI­VERS MALSAIN

Cet in­ci­dent n’est que le pre­mier d’une longue sé­rie de la vie de la fillette qui, ado­les­cente, met­tra tout en oeuvre pour sor­tir de cet uni­vers qu’elle juge malsain. The Glass Castle, en sui­vant de près la re­la­tion entre le père et la fille, fait état des bons mo­ments comme des mau­vais, même si le scé­na­rio de Des­tin Da­niel Cret­ton (éga­le­ment réa­li­sa­teur du long métrage de 127 mi­nutes) et d’An­drew Lan­ham a ten­dance à ras­sem­bler ces deux ca­té­go­ries d’évé­ne­ments pour mieux les mettre en op­po­si­tion. Il en ré­sulte donc, de temps à autre, une im­pres­sion de sur­charge, voire de ca­ri­ca­ture. De même, l’al­coo­lisme de Rex et ses causes sont bros­sés à trop grands coups de pin­ceau pour qu’on adhère to­ta­le­ment à cette pro­po­si­tion.

Oui, The Glass Castle com­porte des mo­ments ex­trê­me­ment émou­vants et l’on se sur­prend par­fois à avoir la gorge nouée. Oui, The Glass Castle sou­lève ha­bi­le­ment des ques­tion­ne­ments sur la fine ligne qui sé­pare édu­ca­tion et mode de vie an­ti­con­for­mistes et mal­trai­tance. Oui, les ac­teurs sont tous très bons, même si la Brie Lar­son de 1989 est peut-être un peu trop ri­gide pour qu’on s’iden­ti­fie tout à fait à elle.

Mais on au­rait ai­mé que Des­tin Da­niel Cret­ton fasse dans la de­mi-teinte, fouille un peu plus le per­son­nage de la mère, qu’on de­vine fort in­té­res­sante au vu des images d’ar­chives qui suivent le gé­né­rique de fin.

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