Les sé­quelles d’une jeu­nesse dif­fi­cile

Il a fait La Voix il y a deux ans, mais c’est sur­tout grâce à sa chan­son Ho­nest Song que le pu­blic est tom­bé amou­reux du folk et de la voix unique de Ryan Ken­ne­dy. Après être res­té dans les pal­ma­rès pen­dant 60 se­maines, l’au­teur-com­po­si­teur-in­ter­prète a c

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - SAN­DRA GO­DIN Le Jour­nal de Qué­bec san­dra.go­din @que­be­cor­me­dia.com

Le ver d’oreille Ho­nest Song a connu un suc­cès ins­tan­ta­né à la ra­dio. « C’est la plus belle paye qu’on peut avoir, a-t-il com­men­té. Ç’a chan­gé beau­coup de choses. Il y a plus de monde qui vient dans mes spec­tacles. Je me suis ra­mas­sé à Ma­tane cet été de­vant 5000 per­sonnes, et les gens connais­saient toutes les pa­roles. Ça change la re­la­tion avec le pu­blic. »

En­ro­bée de nou­veaux ar­ran­ge­ments, il a même dé­ci­dé de re­mettre Ho­nest

Song sur son se­cond al­bum, Love Is Gold, qui ar­rive deux ans après Home Fires. Et sur le­quel il exor­cise de nou­veau les dé­mons du pas­sé. « J’au­rais pu ap­pe­ler cet al­bum-là Sé­quelles de jeu­nesse », dit-il en riant.

Il faut ex­pli­quer que Ryan Ken­ne­dy a un par­cours pour le moins aty­pique. Éle­vé chez les té­moins de Jé­ho­vah, qu’il a quit­tés il y a 10 ans pour faire de la mu­sique, Ryan Ken­ne­dy af­firme avoir eu une vie « un peu fu­ckée » qui teinte sa créa­tion. RÉ­TROS­PEC­TIVE

Dans Where You’re Slee­ping il évoque sa vi­sion dif­fé­rente de l’amour, « parce qu’on ap­prend à ai­mer dif­fé­rem­ment dans cette re­li­gion-là », com­mente-t-il. Dans

Sanc­tua­ry, il es­saie de se trou­ver une place où il est bien et où il ne pense pas à ses dé­mons. « Cet al­bum-là est vrai­ment une ré­tros­pec­tive sur com­ment je pré­vois m’en sor­tir à chaque jour », a-t-il confié.

« Ça fait 10 ans que j’ai quit­té ce mou­ve­ment-là et, à 30 ans, j’ai en­core beau­coup de sé­quelles de ça, ra­conte-t-il. Je fais des cau­che­mars sur ça presque chaque nuit. C’est as­sez dif­fi­cile d’avoir une vie stable. C’est un com­bat quo­ti­dien. »

Le titre Love Is Gold lui per­met de se rap­pe­ler à quel point l’amour est im­por­tant. « L’amour, c’est à tous les jours, et tu peux le par­ta­ger avec tout le monde. Il faut s’en sou­ve­nir, sur­tout avec ce qui se passe dans le monde. » PLUS IN­DIE

Après un al­bum folk, Ryan Ken­ne­dy reste fi­dèle à ses ra­cines, mais pro­pose un son plus in­die : il confie s’être lais­sé in­fluen­cer par Bon Iver, entre autres. L’al­bum a été réa­li­sé par Di­mi­tri Le­bel-Alexandre, en­re­gis­tré au Stu­dio Pi­co­lo, avec la col­la­bo­ra­tion de Fran­çois Fon­taine (Kark­wa).

Il a éga­le­ment de­man­dé de l’aide à Tire le Coyote pour la tra­duc­tion des pièces Mo­rin Heights et Soul Dig­ger, qui de­vient

Je cours tou­jours. Un pas­sage né­ces­saire pour pas­ser à la ra­dio ?

« Oui, cer­tai­ne­ment. Quand tu es un ar­tiste qué­bé­cois et que tu veux sor­tir un al­bum en an­glais, c’est très, très dif­fi­cile. On n’a pas le choix de faire une chan­son qui a 51 % de mots fran­çais de­dans, au mi­ni­mum. » UN 3e AL­BUM

Après son pas­sage à La Voix, Ryan Ken­ne­dy avait dit avoir au moins trois al­bums prêts à être en­re­gis­trés et, ef­fec­ti­ve­ment, il y en a un troi­sième en route dont la pré­pro­duc­tion est ter­mi­née.

Con­cer­nant son pas­sage à la po­pu­laire émis­sion, il af­firme y avoir beau­coup ap­pris sur le mé­tier. « La Voix, c’est un peu l’uni­ver­si­té du show-bu­si­ness, dit-il. Tu ap­prends à faire des en­tre­vues, à gé­rer ton stress à la té­lé, à chan­ter de­vant trois mil­lions de per­sonnes. Il y a des ar­tistes qui ont 30 ans de car­rière et qui n’ont ja­mais eu la chance de faire ça. » L’al­bum Love Is Gold est dis­po­nible main­te­nant.

PHO­TO COURTOISIE, ART-FO­CUS NI­CO­LAS BER­TRAND

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