Pre­mière de CLASSE

Ka­the­rine Le­vac

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - RA­PHAËL GEN­DRON-MAR­TIN Le Jour­nal de Mon­tréal ra­phael.gen­dron-mar­tin @que­be­cor­me­dia.com

Ka­the­rine Le­vac est une fille de pas­sions. Du­rant près de deux heures en en­tre­vue avec Le Jour­nal, l’hu­mo­riste vo­lu­bile et en­jouée parle au­tant d’Har­ry Pot­ter (« un uni­vers qui a mar­qué ma gé­né­ra­tion ») que de Ma­la­jube (« je suis une grou­pie de ce groupe »), du Zoo­fest (« ç’a eu un gros im­pact dans ma vie et ma car­rière ») ou ses ori­gines (« je prends le meilleur de l’On­ta­rio et du Qué­bec et je me fais une belle vie avec ça »).

PAS DE « NIAISAGE »

Moins de cinq ans après sa sor­tie de l’École na­tio­nale de l’hu­mour, la co­mique fran­co-on­ta­rienne se sen­tait prête pour of­frir son pre­mier one-wo

man-show, dans le­quel elle parle de son at­ti­tude de pre­mière de classe et de son ob­ses­sion de la per­fec­tion.

« J’ai tou­jours été en­cou­ra­gée dans une fa­mille de ve­lours. On dit sou­vent que les ar­tistes, ce sont des gens qui ont connu des échecs, qui ont bû­ché toute leur vie. Ça n’a pas été le cas pour moi. J’ai eu une belle vie de ve­lours. [...] J’ai gran­di dans une fa­mille où même si l’on ve­nait d’un pe­tit vil­lage de 300 per­sonnes, mes pa­rents réus­sis­saient à nous faire sen­tir comme si on était ca­pables de réus­sir ce que l’on vou­lait si l’on tra­vaillait fort. »

À l’École de l’hu­mour, Ka­the­rine Le­vac était du genre à re­mettre ses ca­ma­rades à leur place. « C’est très im­por­tant pour moi, l’aca­dé­mique, et il n’y a pas de place pour du niaisage », dit-elle. Son at­ti­tude de pre­mière de classe s’avère payante pour elle au­jourd’hui, puisque sa tour­née de ro­dage a af­fi­ché com­plet un peu par­tout l’an der­nier.

« C’est le fun, les gens ré­pondent à l’ap­pel, dit-elle. La salle est pleine chaque soir. Pour moi, c’est juste la nor­ma­li­té, car c’est mon pre­mier spec­tacle et je n’ai pas d’autre com­pa­ra­tif. Mais je sais que dans le fond, c’est un luxe. Ce n’est pas ba­nal. »

TRA­VAILLER AVEC SON EX

Avant de lan­cer son propre spec­tacle, Ka­the­rine Le­vac a pu faire la pre­mière par­tie de Jean-Fran­çois Mercier du­rant deux ans, un exer­cice qui s’est avé­ré très for­ma­teur.« J’ai vrai­ment beau­coup ap­pris. Au dé­but, c’était plus dur, mais je me suis adap­tée. J’ai dû pré­ci­ser au pu­blic que je n’étais pas Jean-Fran­çois et je fai­sais des blagues pour mon­trer à quel point on était dif­fé­rents. Il y a des gens qui me haïs­saient, au dé­but. Et à la fin, ils se le­vaient pour ap­plau­dir. En 12 mi­nutes, je pas­sais de “va chier” à “on t’adore”. »

Pour les textes de Ve­lours, Ka­the­rine Le­vac a prin­ci­pa­le­ment tra­vaillé avec son com­plice de longue date, Da­vid Beau­cage. « Il fait aus­si ma pre­mière par­tie. Il me connaît comme s’il m’avait tri­co­tée. Avec lui, il n’y a plus de gêne, plus d’ego », dit-elle à pro­pos de l’hu­mo­riste, qu’elle a connu à l’École de l’hu­mour et qu’elle a fré­quen­té du­rant un cer­tain temps.

Est-ce dif­fi­cile de tra­vailler avec son ex ? « On ne s’est ja­mais chi­ca­nés, répond-elle. Ça s’était bien ter­mi­né. On s’aime pro­fon­dé­ment. Je tue­rais pour Dave Beau­cage. Notre amour est pro­fond. Ça dé­passe le fait qu’on soit en­semble ou non. Mon chum n’est pas ja­loux, car il sent que notre re­la­tion est saine et claire. »

En tour­née, Ka­the­rine Le­vac a aus­si l’oc­ca­sion de pas­ser du temps avec deux autres per­sonnes qu’elle connaît très bien : ses deux jeunes frères, Fré­dé­ric et Jean-Phi­lippe. « Ils font par­tie de l’équipe de tech­ni­ciens, dit-elle. Fred est mon di­rec­teur de tour­née, dit-elle. Jean-Phi­lippe, quand il me dit qu’il a trou­vé telle blague drôle ou pas, je le prends vrai­ment. Leur avis est consi­dé­rable dans ma créa­tion. [...] C’est le fun d’en­ga­ger du monde que tu aimes. Je suis avec des gens de confiance. Une tour­née, c’est beau­coup d’émo­tions fortes. »

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