PLUS TORDUS QUE JA­MAIS

Après 18 ans en duo, Les De­nis Dro­let lancent le spec­tacle qu’ils ont tou­jours rê­vé de faire. Avec En at­ten­dant le beau temps, Vincent Léo­nard et Sé­bas­tien Du­bé vont plus loin que ja­mais dans leur fo­lie ab­surde. « On se fait plai­sir et c’est le dé­lire da

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - RA­PHAËL GEN­DRON-MAR­TIN Les De­nis Dro­let pré­sen­te­ront leur qua­trième spec­tacle, En at­ten­dant le beau temps, les 30 et 31 jan­vier, au Mo­nu­ment-Na­tio­nal de Mon­tréal. Ils se­ront aus­si au Grand Théâtre de Qué­bec le 21 fé­vrier. Pour toutes les dates : www.lesd

C’est en cons­ta­tant les di­vers pro­blèmes dans la so­cié­té que Les De­nis Dro­let ont trou­vé le thème de leur nou­veau spec­tacle. « Il y a un an et de­mi, on re­mar­quait que tout se met­tait à al­ler mal au ni­veau po­li­tique, so­cial et cultu­rel, dit Vincent Léo­nard, alias le De­nis à pa­lettes. On s’est dit que c’était le meilleur mo­ment pour ar­ri­ver. L’hu­mour ab­surde, quand il y a une im­passe au ni­veau de la so­cié­té, ç’a tout son sens. »

Dé­jà en ro­dage de­puis quelques mois, le duo n’avait tou­te­fois pas pré­vu qu’un ou­ra­gan de dé­non­cia­tions d’ordre sexuel al­lait se­couer la po­pu­la­tion, l’au­tomne der­nier. « On avait peur, car il y a quelques blagues un peu dures sur le spec­tacle, dit Sé­bas­tien, entre autres dans le nu­mé­ro où l’on fait la dif­fé­rence hommes-femmes. [...]

De­nis bar­bu est plus mi­so­gyne que ja­mais. Il y a des “calls” dans le spec­tacle où, en ce mo­ment, on se­rait sup­po­sé avoir une réaction épou­van­table. Mais non, il y a une réaction du pu­blic qui nous dit que nous pou­vons al­ler là. »

PAS DE LI­MITE

« Ça nous a pris 18 ans pour ar­ri­ver à faire ça, ajoute Vincent. De­nis bar­bu peut crier que les femmes sont des “es­ties de connes”, à la ma­nière de Plume. On s’en at­tend, on a le goût de ça. Le lan­gage, il n’y a pas de li­mite. C’est as­su­mé dans le ta­pis. »

« En même temps, il y a un cal­cul au ni­veau des per­son­nages, ajoute Vincent. Mon per­son­nage [de De­nis à pa­lettes], ça ne pas­se­rait pas bien. Même si on est Les De­nis Dro­let, si je tombe mi­so­gyne et mé­chant sur scène, le monde n’aime pas ça du tout. J’ai comme une es­pèce de can­deur, de naï­ve­té. C’est un peu mal­sain comme per­son­nage, mais il n’est pas mé­chant. »

Ain­si, dans ce nou­veau spec­tacle, les deux hu­mo­ristes n’ont ajus­té au­cun texte à la suite des dif­fé­rents scan­dales de l’au­tomne der­nier. Le duo a tou­te­fois choi­si d’en­le­ver une blague ra­ciste, qui fai­sait sour­ciller son équipe. « C’était une blague sur les Noirs, dit Sé­bas­tien. Notre en­tou­rage nous a dit qu’on était sur la li­mite. En fait, elle n’était juste pas as­sez bonne, un peu trop fa­cile. »

EXIT LES PER­SON­NAGES

La ten­dance en hu­mour veut que l’on as­siste à un re­tour au stand-up et que l’on mette les per­son­nages de cô­té. Les De­nis Dro­let n’y font pas ex­cep­tion. Mis à part leurs per­son­nages de De­nis bar­bu et de De­nis à pa­lettes, Sé­bas­tien Du­bé et Vincent Léo­nard ont dé­ci­dé de mettre sur le banc leur cé­lèbre aco­lyte Just-to-buy-my-love. « C’est un per­son­nage qui avait ses limites ar­tis­ti­que­ment, dit Sé­bas­tien. S’il avait été dans ce show-là, on au­rait tué le per­son­nage. On n’a pas le goût qu’il meure. On veut qu’il re­vienne dans le bon pro­jet. » Le duo a aus­si lais­sé de cô­té ses per­son­nages de Mon­sieur Char­tier, Les Sylvain et autres co­cas­se­ries. « Ce n’est que nous deux, en stand-up, du­rant 1 h 25 sans en­tracte, dit Vincent. C’est très char­gé en émo­tion. »

NOU­VELLES CHAN­SONS

Après un an de ro­dage, les deux co­miques ont fait ap­pel à leur ami Pierre-Fran­çois Le­gendre pour les ai­der avec la mise en scène. Le co­mé­dien avait tra­vaillé sur le spec­tacle pré­cé­dent du duo, Comme du monde.

« Le der­nier spec­tacle était presque du théâtre d’été, dit Vincent. Là, on vou­lait que ce soit moins char­gé, moins agres­sant. [...] C’est un show où nos fans vont ca­po­ter. Et ceux qui ne nous aiment pas, il n’y a rien à al­ler cher­cher là ! »

En at­ten­dant le beau temps marque aus­si le re­tour à la chan­son pour les De­nis, qui offrent quatre ou cinq nou­velles pièces dans le spec­tacle. « On est dans le Fio­ri-Sé­guin sur l’acide, dit Vincent. On ai­me­rait ça sortir les chan­sons en vi­nyle, avec une po­chette d’arc-en-ciel à l’en­vers. »

Vincent Léo­nard et Sé­bas­tien Du­bé forment le duo Les De­nis Dro­let de­puis 18 ans.

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