FAIRE COURT

Plu­sieurs émis­sions à sketchs connaissent d’im­menses suc­cès, fran­chis­sant bon nombre de cultures. Pen­sons évi­dem­ment à Un gars, une fille qui, dans ce for­mat de scènes de vie, a su conqué­rir des spec­ta­teurs par­tout sur la pla­nète. Pen­sons aus­si à Les Pare

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« À cha­cun des pro­jets, avant même d’avoir les textes, on dis­cute avec les au­teurs pour dé­ci­der du ton que pren­dra la sé­rie, ex­plique Isa­belle Gar­neau, réa­li­sa­trice-co­or­don­na­trice des Ma­gni­fiques et co­réa­li­sa­trice de

Like-moi ! D’ailleurs, pour Like-moi !, Marc Bru­net avait une idée très claire. Il vou­lait par­ler d’une gé­né­ra­tion. Au­to­ma­ti­que­ment, on a vu quelque chose de court, de ryth­mé, on al­lait imi­ter des genres, s’im­pré­gner de ce qui se fait sur le web. »

« Pour Les ma­gni­fiques, la ver­sion al­le­mande était da­van­tage dans le bur­lesque puisque c’était une co­mé­dienne aux mille vi­sages et ses

ac­teurs mai­son. Nous, on a pré­fé­ré dé­ve­lop­per l’émis­sion avec des femmes de dif­fé­rentes éner­gies qui al­laient nous don­ner une pa­lette très large. On a fait des lec­tures. Elles ont l’ins­tinct co­mique. On a op­té pour un jeu réa­liste mal­gré les si­tua­tions ab­surdes, sans avoir à en ra­jou­ter. »

DU RÉA­LISME

Le réa­lisme, c’est aus­si le ton qu’a choi­si l’au­teure Ra­faële Ger­main pour créer ses per­son­nages d’En tout cas. Par­mi les pro­jets qui fi­gurent sur sa feuille de route, 3600 se­condes d’ex­tase ou le Bye Bye, qui re­gor­geaient aus­si de courts textes. « Quand on parle de sketch, d’em­blée on s’at­tend à ce que ça soit drôle. Pour En tout cas, j’avais d’avan­tage en­vie de me ré­fé­rer à des mo­ments de vie. Dans un for­mat court, on n’a pas le choix, il faut un punch, pas dans le sens de rire, mais plu­tôt de re­vi­re­ment. Je construis de pe­tites his­toires et j’es­saie de di­ver­tir par les si­tua­tions plu­tôt que par le ni­veau de jeu. »

Ce ni­veau de jeu plus na­tu­rel, il s’est aus­si dé­ve­lop­pé avec les co­mé­diens. « J’ai une chance in­croyable d’avoir des ac­teurs comme Yves Jacques, Clé­mence Desrochers ou Guy­laine Trem­blay, avoue Ra­faële Ger­main. Au dé­but, quand j’écri­vais, le cas­ting n’était pas choi­si. Tous ont don­né beau­coup de tex­ture aux per­son­nages, un ton plus nuan­cé, une di­men­sion “sweet”. »

PASSE-PAR­TOUT

Le for­mat court est as­sez pas­se­par­tout. Pas né­ces­saire de voir tous les épi­sodes pour com­prendre l’his­toire, il se re­garde bien en ra­fale, en phase avec les ha­bi­tudes de consom­ma­tion ac­tuelles. Cer­taines émis­sions, dont Les

Ma­gni­fiques, offrent une suc­ces­sion de mo­ments alors que d’autres, comme

En tout cas, ont une trame de fond. « Je n’ai pas la contrainte d’un pre­mier épi­sode où tout doit être ex­pli­qué, éta­bli pour com­prendre la dy­na­mique, note Ra­faële Ger­main. Mais pour être cré­dibles et tou­chants à mes yeux, mes per­son­nages doivent avoir [une his­toire]. Même les per­son­nages se­con­daires. »

« En tour­nage, on a tout un dé­fi pour les lo­ca­tions (lieux), ob­serve la réa­li­sa­trice Isa­belle Gar­neau. On tourne six sketches par jour, sans comp­ter les dé­pla­ce­ments. On es­saie de les ren­ta­bi­li­ser en y tour­nant 3 ou 4 sketches, en res­tant réa­listes. Au mo­ment de faire la sé­quence d’une émis­sion, il faut veiller à avoir un bon équi­libre pour ce qui est des thèmes, des co­mé­diens et main­te­nir un rythme. C’est du “mix and match” !»

MOINS DE 2 MI­NUTES

À chaque émis­sion, il y a 16 à 18 sketches de 30 se­condes à 1 mi­nute 15, pour­suit Isa­belle. Ce sont des flashs qui, dans plus de la moi­tié des cas, viennent de notre équipe d’au­teurs (comme c’est un for­mat étran­ger, la pro­duc­tion a ac­cès à une banque de textes). Très peu vont jus­qu’à 2 mi­nutes. Il n’y a au­cune place aux temps morts. Le tra­vail de mon­tage est très im­por­tant, car tout y est res­ser­ré. »

« Comme le dit mon réa­li­sa­teur, Fran­çois Ja­ros, une vi­gnette, au-de­là de 2 mi­nutes 30, chaque 15 se­condes en vaut 30, af­firme Ra­faële Ger­main. Cette sai­son, nous avons huit mo­ments de vie par émis­sion, mais je me rends compte que plus c’est court, plus c’est l’fun. » À suivre pour une pro­chaine sai­son…

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