Une tou­chante his­toire de can­cer qui fi­nit bien

Deux femmes ta­len­tueuses, la ro­man­cière In­dia Des­jar­dins et l’illus­tra­trice Ma­rianne Fer­rer, ont uni leur créa­ti­vi­té et leur tra­vail de grande qua­li­té pour pro­duire un al­bum aus­si beau qu’émou­vant aux Édi­tions La Pas­tèque, Une his­toire de can­cer qui fi­nit

Le Journal de Quebec - - DIMANCHE QUÉBEC - MA­RIE-FRANCE BORNAIS Le Jour­nal de Qué­bec

Très tou­chante, l’his­toire ra­conte à la fois le com­bat d’une fille de 15 ans pour lut­ter contre un can­cer que sa chance ab­so­lue de trou­ver un amou­reux pour l’ap­puyer de ma­nière in­con­di­tion­nelle dans cette épreuve. Non seule­ment l’his­toire fi­nit bien, mais elle est aus­si tein­tée d’une grande ten­dresse.

Ma­rianne Fer­rer sait ma­gni­fi­que­ment rendre l’am­biance, les émo­tions, et uti­lise les sym­boles et les mé­ta­phores dans ses des­sins pour rendre des émo­tions.

In­dia Des­jar­dins, en en­tre­vue, ex­plique que l’his­toire est née il y a quelques an­nées d’une ren­contre avec une jeune Beau­ce­ronne at­teinte de leu­cé­mie qui avait 11 ans à l’époque, Em­ma Veilleux.

« TEL­LE­MENT TOU­CHANT »

« On a ja­sé un peu et elle m’a de­man­dé d’écrire une his­toire de can­cer qui fi­nit bien, avec de l’amour à la fin. Elle m’a dit qu’une his­toire de can­cer qui fi­nit bien, ça don­ne­rait de l’es­poir. J’ai trou­vé ça tel­le­ment tou­chant comme de­mande et pour l’es­poir, ça m’a vrai­ment par­lé. Elle vou­lait lire une his­toire d’ado­les­cente avec sa réa­li­té, avec un per­son­nage qui a un can­cer, mais qui vit une his­toire d’amour. Je me di­sais que je ne pou­vais pas at­tendre : des fois, le temps est comp­té. »

In­dia a donc ré­di­gé la nou­velle et l’a pu­bliée en 2011 sur Zone d’écri­ture, un site hé­ber­gé par Ra­dio-ca­na­da à l’époque, pour qu’em­ma puisse lire son his­toire tout de suite. Le site a fer­mé et la mère d’in­dia lui par­lait sans ar­rêt de cette his­toire, y voyant un livre.

Quelques an­nées plus tard, elle a vu les illus­tra­tions de Ma­rianne Fer­rer à La Pas­tèque et a pro­po­sé son pro­jet à son édi­teur. L’al­bum sort en­fin cet au­tomne. « Em­ma est main­te­nant gué­rie et j’ai gar­dé contact avec elle. Ça me touche beau­coup. »

UNE DÉ­MARCHE PO­SI­TIVE

In­dia Des­jar­dins, comme au­teure, a choi­si dé­li­bé­ré­ment d’écrire dé­sor­mais des his­toires qui fi­nissent bien. « Elle m’a per­mis de com­prendre que par­fois, les his­toires qui fi­nissent bien ont vrai­ment une fonc­tion, et c’est important. »

L’es­poir est au coeur de toute sa dé­marche créa­tive. « Sa de­mande m’a ins­pi­rée pour tout. La mort

d’une prin­cesse n’était pas sup­po­sée de fi­nir sur un hap­py end. Mais quand Em­ma m’a fait sa de­mande, c’est de­ve­nu pour moi une mis­sion de vie : je veux faire des his­toires qui fi­nissent bien. Je pense que cette ren­contre avec Em­ma était im­por­tante dans ma vie, pour moi, pour mes va­leurs dans la créa­tion. »

DES ÉPREUVES

In­dia rap­pelle qu’elle n’a pas eu le can­cer, mais a vé­cu d’autres épreuves. « J’ai eu une tu­meur et j’ai eu une em­bo­lie pul­mo­naire. De­puis que je suis pe­tite, j’ai eu toutes sortes de ma­la­dies qui ne m’ont pas fait mou­rir... mais des fois qui m’ont fait pas­ser proche. Pour toutes les émo­tions d’hô­pi­tal, de ren­contres, j’ai pui­sé dans mon ex­pé­rience per­son­nelle. »

Elle pré­cise que ce n’est pas l’his­toire d’em­ma qu’elle ra­conte, mais une his­toire pour Em­ma. « À tra­vers mon tra­vail d’au­teure, j’ai sou­vent vi­si­té des en­fants malades dans les hô­pi­taux et chaque ren­contre m’a mar­quée au fer rouge. […] Ces en­fants ont be­soin de sou­rire, de se chan­ger les idées, de se faire par­ler nor­ma­le­ment. Toutes ces ren­contres m’ont ins­pi­rée pour mon livre. »

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