RUÉE VERS LES MASQUES À GAZ

Som­met du G7

Le Journal de Quebec - - LA UNE - PIERRE-PAUL BIRON

Ma­ni­fes­tants comme ré­si­dents des zones à risque s’ar­rachent les masques à gaz en pré­vi­sion du som­met du G7 et des ma­ni­fes­ta­tions qui l’ac­com­pa­gne­ront à Qué­bec.

Se­lon le pro­prié­taire de la Bou­tique Mi­li­taire Qué­bec, Pas­cal Le­mieux, les masques à gaz sont par­ti­cu­liè­re­ment po­pu­laires à l’ap­proche du G7. Les ma­ni­fes­tants font évi­dem­ment leurs achats en pré­vi­sion des dif­fé­rentes ma­ni­fes­ta­tions pré­vues à Qué­bec, mais des ci­toyens pré­voyants se sont aus­si équi­pés pour af­fron­ter les dé­bor­de­ments po­ten­tiels.

« C’est al­lé des deux cô­tés. J’ai des in­di­vi­dus qui en ont ache­té pour ma­ni­fes­ter, mais j’en ai aus­si ven­du pas mal à des gens qui vivent dans la Haute-ville et qui vont su­bir tout ça. »

SOU­VE­NIRS DE 2001

D’après le pro­prié­taire du sur­plus d’ar­mée de la rue du Pont, les sou­ve­nirs en­fu­més du Som­met des Amé­riques ont pro­vo­qué cet élan de pré­cau­tion. Les ci­toyens au­raient en­core frais en mé­moire les dé­bor­de­ments vio­lents qui avaient du­ré quelques jours et qui avaient dé­clen­ché une uti­li­sa­tion mas­sive des gaz la­cry­mo­gènes.

Du­rant les deux jours qu’avait du­ré le som­met, les po­li­ciers avaient lan­cé plus de 5000 bombes la­cry­mo­gènes et fu­mi­gènes en di­rec­tion des ma­ni­fes­tants, plon­geant des quar­tiers presque en­tiers dans d’épais nuages de gaz. « On a tous vé­cu le Som­met des Amé­riques. Ceux qui vivent dans la Haute-ville ne veulent pas re­vivre les mêmes pro­blèmes qu’en 2001. Les brû­lures aux yeux, les dif­fi­cul­tés à res­pi­rer, ils ne veulent pas re­vivre ça », sou­ligne Pas­cal Le­mieux.

RE­COM­MAN­DA­TIONS AUX MAR­CHANDS

Les au­to­ri­tés ont aus­si quin­caille­ries et ma­ga­sins de pein­ture à l’oeil. Plu­sieurs com­mer­çants de Qué­bec ont ré­cem­ment été avi­sés d’être vi­gi­lants lors de la vente de cer­tains pro­duits, plus par­ti­cu­liè­re­ment ceux pou­vant ser­vir à la fa­bri­ca­tion d’en­gins ex­plo­sifs.

« Une livre de pro­pane, les pe­tites bou­teilles, ça équi­vaut à un bâ­ton de dy­na­mite. Quand ça saute, ça saute », ex­plique le pro­prié­taire du RO­NA Li­moi­lou, Do­mi­nic Pou­lin, qui a re­çu la vi­site d’un en­quê­teur de la GRC au cours des der­nières se­maines. « Ils nous ont de­man­dé de si­gna­ler si on voit des achats in­ha­bi­tuels et en grande quan­ti­té. »

Une di­zaine de com­merces ont confir­mé au Jour­nal avoir re­çu une telle vi­site du Groupe in­té­gré de la sécurité.

Au-de­là de la vi­gi­lance des com­mer­çants, les po­li­ciers ont aus­si de­man­dé leur col­la­bo­ra­tion pour iden­ti­fier d’éven­tuels ma­ni­fes­tants. Chez Bé­to­nel, on confirme avoir eu la di­rec­tive d’iden­ti­fier sub­ti­le­ment les ache­teurs de pro­duits ci­blés.

« Ils nous ont de­man­dé de faire at­ten­tion et de prendre les plaques d’im­ma­tri­cu­la­tion en douce », dit Jean-fran­çois Bélanger, di­rec­teur de la suc­cur­sale du bou­le­vard Wil­frid-hamel. Cer­tains com­mer­çants ont éga­le­ment confir­mé au Jour­nal avoir eu la de­mande par la GRC de pho­to­gra­phier les clients sus­pects ou de les iden­ti­fier à l’aide de ca­mé­ras.

Ni la Gendarmerie royale du Ca­na­da (GRC) ni le Ser­vice de po­lice de la Ville de Qué­bec (SPVQ) n’ont vou­lu confir­mer ces in­ter­ven­tions. Dans le cadre du G7, plu­sieurs stra­té­gies opé­ra­tion­nelles des corps po­li­ciers ne sont pas dé­voi­lées pu­bli­que­ment.

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