La mai­son des hor­reurs dé­mo­lie

Le 21, rue Price a été le théâtre d’in­nom­brables crimes dans les der­nières an­nées

Le Journal de Quebec - - ACTUALITÉS - PIERRE-ALEXANDRE MALTAIS

SA­GUE­NAY | Le 21, Price n’est plus. Le cé­lèbre bâ­ti­ment de Sa­gue­nay qui a vu de nom­breux crimes y être com­mis a été dé­mo­li hier en pré­sence de plu­sieurs ci­toyens qui se sont dits sou­la­gés.

La mai­son de chambres si­tuée au 21, rue Price est tris­te­ment cé­lèbre pour la consom­ma­tion ex­ces­sive de drogues de ses oc­cu­pants, ses in­cen­dies cri­mi­nels à ré­pé­ti­tion et ses mul­tiples ten­ta­tives de meurtre.

« Si tu avais une chambre là, tu ne dor­mais pas de la nuit. Ça consom­mait de la drogue dans les pas­sages, ça se pi­quait avec des se­ringues. Le monde qui n’avait pas de place où cou­cher l’hi­ver dor­mait dans les cor­ri­dors. C’était dan­ge­reux, sur­tout pour le feu. Un mo­ment don­né, ça au­rait brû­lé, pis il y au­rait eu des morts en masse », ré­sume un homme qui a ha­bi­té 15 ans à cet en­droit, Alain Trem­blay.

Les po­li­ciers de Sa­gue­nay de­vaient s’y rendre pra­ti­que­ment chaque jour. Si bien que les ré­par­ti­teurs n’avaient qu’à dire aux pa­trouilleurs « ren­dez-vous au 21 » pour qu’ils sachent où se rendre, se­lon un ar­ticle du Jour­nal de 2014.

Après un nou­vel in­cen­die cau­sé par un mé­got de ci­ga­rette en dé­cembre der­nier, les pro­prié­taires de l’im­meuble de 35 chambres ont dé­ci­dé de le dé­mo­lir hier ma­tin. Une dé­ci­sion in­évi­table qui sou­lage tout de même d’an­ciens lo­ca­taires.

« Ça me fait drôle, j’ai été 15 ans là-de­dans. C’est sûr que ça fait du bien pour le coin parce que ça va être plus tran­quille », in­dique M. Trem­blay, qui a as­sis­té comme plu­sieurs autres cu­rieux à la dé­mo­li­tion de l’édi­fice construit dans les an­nées 1940.

PIQUERIE

Sou­vent dé­mu­nis, les lo­ca­taires de l’en­droit cô­toyaient ré­gu­liè­re­ment la cri­mi­na­li­té dans les cou­loirs de l’édi­fice de trois étages.

Un pom­pier de Sa­gue­nay, Ma­rio Ga­gnon, se sou­vient d’ailleurs d’au moins trois in­ter­ven­tions dans cet im­meuble, dont une où il a failli se bles­ser sé­rieu­se­ment en éva­cuant des ré­si­dents qui re­fu­saient de quit­ter par peur de ne plus avoir d’en­droit où res­ter par la suite.

CRISES

Un am­bu­lan­cier à la re­traite qui ha­bite le voi­si­nage et qui as­sis­tait à la dé­mo­li­tion hier ma­tin se sou­vient de plu­sieurs in­ter­ven­tions au 21, rue Price, sur­tout pour des gens en crise.

« C’était sou­vent à la fin ou au dé­but du mois. Il y avait sou­vent des chi­canes entre amis à cause de la bois­son. Ce n’était pas du monde mé­chant, plu­tôt du monde dans la mi­sère », ra­conte Ro­bert Du­four.

Ce der­nier se sou­vient d’une his­toire qui s’est ter­mi­née en agres­sion ar­mée par­ti­cu­lière il y a plu­sieurs an­nées. « Un homme a pris une patte de chaise et l’a plan­tée dans le ventre d’un autre pen­dant une dis­pute. Il lui a per­fo­ré la rate », ra­conte-t-il.

PHO­TO COL­LA­BO­RA­TION SPÉ­CIALE, PIERRE-ALEXANDRE MALTAIS

La mai­son de chambres du 21, rue Price, au centre-ville de Chi­cou­ti­mi, a été dé­mo­lie hier ma­tin.

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