L’hu­mour de nos po­li­ti­ciens

Le Journal de Quebec - - OPINIONS - na­tha­lie.el­gra­bly@que­be­cor­me­dia.com NA­THA­LIE EL­GRA­BLY-LE­VY

Avec leurs grands airs et leurs dé­cla­ra­tions ron­flantes, nos po­li­ti­ciens sont fran­che­ment hi­la­rants.

D’abord Phi­lippe Couillard. À la de­mande des autres par­tis, il en­vi­sage fi­na­le­ment la pos­si­bi­li­té de créer une déclaration de re­ve­nus unique pour le fé­dé­ral et le pro­vin­cial. Il semble ou­blier que dans toutes les autres pro­vinces, les contri­buables n’ont qu’un seul for­mu­laire à rem­plir, ce qui per­met d’im­por­tantes éco­no­mies en temps et en ar­gent.

SI­BYL­LIN

Mal­gré tout, ex­cep­tion qué­bé­coise oblige, il fau­dra re­dou­bler de pa­tience, car Qué­bec doit en­core « étu­dier » la chose. N’est-il pas dé­con­cer­tant de consta­ter que ce qui est chose ai­sée dans le reste du Ca­na­da de­vient un pro­jet si­byl­lin au Qué­bec ?

Quant aux chefs des autres par­tis, s’ils ont le mé­rite d’avoir ré­cla­mé une déclaration unique, leur pseu­do consi­dé­ra­tion pour les contri­buables n’en est pas moins ri­sible. Ils s’in­dignent du nombre de dé­cla­ra­tions, mais ils res­tent muets sur ce qui compte réel­le­ment pour le contri­buable, à sa­voir son fardeau fis­cal to­tal. Ils mettent l’ac­cent sur la forme, mais le fond leur im­porte peu.

BANDE-AN­NONCE

Fi­na­le­ment, com­ment ne pas s’es­claf­fer en en­ten­dant M. Li­sée dé­cla­mer que la déclaration unique est une ban­dean­nonce pour l’in­dé­pen­dance. À pro­pos de bande-an­nonce, M. Li­sée semble ou­blier qu’en sep­tembre der­nier, il an­non­çait en grande pompe sa cam­pagne « 50+1 raisons pour l’in­dé­pen­dance ». Aus­si­tôt, le site du PQ pu­bliait neuf fiches ac­com­pa­gnées de leurs vi­déo­clips d’une du­rée de 1 à 1,6 mi­nute cha­cun, pour un grand to­tal de 12 mi­nutes de « bonnes raisons ». Puis, plus rien. Le néant in­té­gral. Le PQ man­que­rait-il donc d’ins­pi­ra­tion ? Cou­rage, M. Li­sée, il ne manque plus que 42 autres raisons !

Somme toute, le pay­sage po­li­tique se di­vise entre ceux qui com­pliquent les pro­jets les plus simples, ceux qui font pas­ser les ap­pa­rences avant la sub­stance, et ceux qui parlent beau­coup, mais ac­com­plissent peu. Voi­là bien de quoi faire ri­go­ler… ou pleu­rer !

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