Des mises à pied mal­gré le contrat

Le contrat de près de 500 M$ pour 150 nou­velles voi­tures n’ar­ri­ve­ra pas as­sez vite

Le Journal de Quebec - - ARGENT - SYL­VAIN LAROCQUE

Bom­bar­dier de­vra mettre à pied au moins 200 tra­vailleurs à son usine de La Po­ca­tière mal­gré la si­gna­ture im­mi­nente d’un contrat pour de nou­velles voi­tures du mé­tro de Mon­tréal, a ap­pris Le Jour­nal.

D’ici la fin du mois, Bom­bar­dier Trans­port en­ver­ra un avis de li­cen­cie­ment col­lec­tif au mi­nis­tère du Tra­vail in­di­quant que de 200 à 250 sa­la­riés se­ront mis à pied d’août à dé­cembre.

Les mises à pied coïn­ci­de­ront avec les der­nières li­vrai­sons des 468 voi­tures de mé­tro Azur com­man­dées au consor­tium Bom­bar­dier-al­stom en 2010.

PRIX DE CONSO­LA­TION POUR LE REM

Le gou­ver­ne­ment Couillard vient de dé­po­ser un pro­jet de loi pour pro­lon­ger ce contrat et ain­si main­te­nir le ni­veau d’ac­ti­vi­tés à l’usine de La Po­ca­tière et à celle d’al­stom à So­rel-tra­cy.

Rap­pe­lons qu’en fé­vrier, Bom­bar­dier a per­du aux mains d’al­stom le lu­cra­tif contrat du Ré­seau ex­press mé­tro­po­li­tain (REM).

Or, la nou­velle com­mande de voi­tures de mé­tro ar­ri­ve­ra trop tard pour em­pê­cher des mises à pied. Bom­bar­dier et Al­stom au­ront be­soin de plu­sieurs mois après la si­gna­ture of­fi­cielle pour re­lan­cer leurs chaînes d’ap­pro­vi­sion­ne­ment et de pro­duc­tion.

« Lors­qu’il y au­ra un contrat si­gné, ça per­met­tra de trans­for­mer les li­cen­cie­ments en mises à pied tem­po­raires », ex­plique Éric Prud’homme, porte-pa­role de Bom­bar­dier Trans­port. La du­rée de l’ar­rêt de tra­vail n’est pas en­core connue.

PAS DE NOU­VEAUX GA­RAGES

Tout in­dique qu’on ne rem­pla­ce­ra qu’un peu plus du tiers des 423 voi­tures MR-73. Pour li­mi­ter ses dé­penses, la STM ne veut pas construire de nou­veaux ga­rages. Ses ins­tal­la­tions exis­tantes peuvent ac­cueillir 153 voi­tures Azur (17 trains) de plus que les 468 qu’elle au­ra en dé­cembre.

De son cô­té, Bom­bar­dier pré­vient qu’il fau­dra une com­mande mi­ni­male de 150 voi­tures pour re­don­ner leurs postes à tous les sa­la­riés qui se­ront mis à pied plus tard cette an­née.

« En bas de 150 voi­tures, ça se­rait dif­fi­cile de faire le pont » avec le pro­chain contrat que dé­cro­che­ra l’usine, a pré­ci­sé M. Prud’homme. L’en­tre­prise fonde de grands es­poirs sur le tram­way de Qué­bec et d’autres pro­jets en Amé­rique du Nord.

PRIX À LA HAUSSE

Le prix des nou­velles voi­tures se­ra as­su­ré­ment plus éle­vé que ce­lui de 2,5 M$ l’uni­té du contrat de 2010. Les coûts de concep­tion ont été amor­tis par la pre­mière com­mande, mais il faut ajou­ter l’in­fla­tion et sur­tout l’im­pact du taux de change. Plu­sieurs four­nis­seurs sont amé­ri­cains et le dol­lar ca­na­dien a dé­grin­go­lé de 30 % face au billet vert de­puis 2010.

À 3 M$ par voi­ture, la va­leur de la com­mande at­tein­drait 459 M$.

« Bien sûr, l’ob­jec­tif de Bom­bar­dier, c’est de res­ter le plus com­pé­ti­tif pos­sible, ce n’est pas de pro­fi­ter de la si­tua­tion, bien au contraire, a as­su­ré Éric Prud’homme. Notre but, c’est que le Qué­bec soit ga­gnant. »

PHO­TO D’AR­CHIVES

Le pre­mier mi­nistre du Qué­bec Phi­lippe Couillard lors d’une vi­site à l’usine Bom­bar­dier de La Po­ca­tière le 13 avril der­nier.

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