SOU­TIEN RE­CHER­CHÉ

Le Magazine de l'Île-des-Soeurs - - LA UNE - DEL­PHINE BER­GE­RON del­phine.ber­ge­ron@tc.tc

SAN­TÉ. Mi­lieu de vie adap­té, fau­teuil rou­lant, sui­vis mé­di­caux et ac­ti­vi­tés thé­ra­peu­tiques coû­teuses forment le quo­ti­dien de nom­breux pa­rents d’enfants at­teints d’un han­di­cap. Pour l’In­su­laire Nan­cy Ron­deau, il est «hon­teux» que sa fille Mé­lo­die, at­teinte de pa­ra­ly­sie cé­ré­brale et de dé­fi­cience in­tel­lec­tuelle, puisse pro­fi­ter d’une aide fi­nan­cière moindre du gou­ver­ne­ment parce qu’elle vit dans sa fa­mille.

Il y a dix ans, le monde de Mme Ron­deau s’est écrou­lé. Après des com­pli­ca­tions lors de sa gros­sesse qui l’ont cloué au lit pen­dant un mois, sa fille Mé­lo­die est née pré­ma­tu­ré­ment, à 30 se­maines.

«C’est parce que j’ai gran­di trop vite dans le ventre de ma ma­man», ex­plique la fillette qui vit avec les sé­quelles d’une hé­mor­ra­gie cé­ré­brale à la nais­sance.

Mme Ron­deau se sou­vient de ses pre­miers ins­tants de vie dif­fi­ciles. «C’était une pe­tite boule dans un in­cu­ba­teur, pleine de che­veux, que je ne pou­vais pas prendre dans mes bras, pas al­lai­ter», ra­conte-t-elle.

En­va­hie par un im­mense sen­ti­ment de culpa­bi­li­té qu’elle traîne en­core au­jourd’hui, la ma­man souffre de dé­pres­sion, qu’elle de­vra trai­ter toute sa vie avec de la mé­di­ca­tion.

PAS AS­SEZ HAN­DI­CA­PÉE

Mme Ron­deau a ces­sé de tra­vailler pen­dant deux ans pour s’oc­cu­per de son pou­pon ma­lade. «Ja­mais je ne l’au­rais pla­cée dans une fa­mille d’ac­cueil», dit-elle, consi­dé­rant qu’il lui est in­con­ce­vable de se sé­pa­rer de Mé­lo­die.

Nan­cy Ron­deau n’aime pas qu’on la qua­li­fie de cou­ra­geuse. «Je suis une mère qui prend soin de son en­fant et c’est tout, comme n’im­porte quel pa­rent», af­firme-t-elle, pré­fé­rant dire que ça de­mande beau­coup d’in­ves­tis­se­ment.

À 45 ans, la mère mo­no­pa­ren­tale cu­mule au­jourd’hui deux em­plois pour sub­ve­nir aux be­soins de ses quatre enfants. Sa de­mande pour ac­cé­der au Sup­plé­ment pour en­fant han­di­ca­pé né­ces­si­tant des soins ex­cep­tion­nels du gou­ver­ne­ment pro­vin­cial a été re­fu­sée.

«Ils disent que Mé­lo­die n’est pas as­sez han­di­ca­pée, s’in­surge-t-elle. Pour que nos enfants réus­sissent à être plus au­to­nomes, ça coûte une for­tune.»

Mé­lo­die a eu 40 séances dans une chambre hy­per­bare pour une thé­ra­pie qui com­bine de l’oxy­gé­na­tion et une forte pres­sion at­mo­sphé­rique. Le trai­te­ment lui a per­mis d’aug­men­ter ses ca­pa­ci­tés mo­trice et in­tel­lec­tuelle.

Mme Ron­deau sou­hai­te­rait avoir les moyens d’en payer de nouvelles pour rendre son en­fant le plus au­to­nome possible, mais elle avait dé­jà dû comp­ter sur une cam­pagne de fi­nan­ce­ment pour payer les pre­miers 5 000$ né­ces­saires.

« «

Sans l’aide de mes plus vieux, je ne sais pas comment je fe­rais. Ils font à man­ger, le mé­nage et s’oc­cupent de Mé­lo­die. C’est comme d’autres pa­rents pour elle»

— Nan­cy Ron­deau

(Pho­to: IDS/Ver­dun Heb­do – De­nis Ger­main)

Nan­cy Ron­deau, qui s’oc­cupe de sa fille han­di­ca­pée à la maison, sou­hai­te­rait re­ce­voir les mêmes mon­tants de la part du gou­ver­ne­ment que les pa­rents qui font ap­pel à des fa­milles d’ac­cueil pour les sou­te­nir.

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