L’aigle de plus en plus vi­sible à Mon­tréal

Le Messager La Salle - - ACTUALITÉS - FRÉ­DÉ­RIC LA­CROIX-COU­TURE

« On en voit de plus en plus au­tour de l’île de Mon­tréal, comme à Sainte-ca­the­rine sur la Rive-sud », constate Dr Guy Fitz­ge­rald de la Cli­nique des oi­seaux de proie de la Fa­cul­té de médecine vé­té­ri­naire de l’uni­ver­si­té de Mon­tréal. Sans ni­cher dans la mé­tro­pole, le py­gargue à tête blanche, se­lon son nom of­fi­ciel, peut être ob­ser­vé à par­tir des berges de l’île de Mon­tréal, pré­cise Dr Fitz­ge­rald. Le parc des Ra­pides à La­chine, Sainte-anne-de-bel­le­vue et le Vieux-port sont no­tam­ment des points in­té­res­sants pour ob­ser­ver l’aigle.

« On en voit par­tout main­te­nant. Pour un ob­ser­va­teur d’oi­seaux, c’est dif­fi­cile de ne pas en voir un dans une jour­née », té­moigne Pierre Fra­dette, bio­lo­giste au Re­grou­pe­ment Qué­be­coi­seaux.

Se­lon lui, le nombre de py­gargues pour­rait être plus éle­vé que laisse croire le der­nier re­cen­se­ment du mi­nis­tère qué­bé­cois de la Faune, en 2008. En une dé­cen­nie, le nombre de ter­ri­toires qui abritent des aigles à tête blanche au Qué­bec est pas­sé de 48 à au moins 122.

FAU­CONS PÈ­LE­RINS

Les ré­si­dents de l’ouest-de-l’île peuvent aus­si re­mar­quer de plus en plus la pré­sence de fau­cons pè­le­rins. Ces oi­seaux de proie se perchent sous les ponts et sur les pa­rois des édi­fices.

L’échan­geur Tur­cot est l’exemple par­fait. Des fau­cons nichent sur un pi­lier de la bre­telle qui re­lie l’au­to­route 20 Est à l’au­to­route 15 Sud. Un ni­choir a d’ailleurs été ins­tal­lé par le mi­nis­tère des Tran­sports du Qué­bec en 2012. Tou­te­fois, la de­meure des fau­cons pè­le­rins de­vra bien­tôt dé­mé­na­ger en rai­son des tra­vaux de dé­mo­li­tion de l’échan­geur. L’uni­ver­si­té de Mon­tréal pos­sède aus­si son nid à fau­cons pè­le­rins.

Sur l’île de Mon­tréal, au moins une dou­zaine d’en­droits où abritent les fau­cons pè­le­rins ont été re­cen­sés alors que dans les an­nées 80 leur pré­sence était in­exis­tante, men­tionne M. Fra­dette.

L’uru­bu à tête rouge, ce vau­tour qui se nour­rit d’ani­maux morts, est aus­si en pro­gres­sion au Qué­bec. « L’uru­bu à tête rouge est em­blé­ma­tique du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique », men­tionne Dr Fitz­ge­rald.

« Ce sont plu­tôt des oi­seaux du sud, du mi­lieu dé­ser­tique, qui se dé­placent vers le nord, vers le Qué­bec puis­qu’il y a un peu plus de car­casses, plus de routes et le cli­mat est un peu plus fa­vo­rable », ajoute la bio­lo­giste de l’union qué­bé­coise de ré­ha­bi­li­ta­tion des oi­seaux de proie (UQROP), Ga­brielle Pa­ré.

EN­VI­RON­NE­MENT. Si vous le­vez le nez vers le ciel et aper­ce­vez un aigle à tête blanche, ne vous sur­pre­nez pas. Même s’il s’agit tou­jours d’une es­pèce me­na­cée, il y en a de plus en plus à Mon­tréal, tout comme les fau­cons pè­le­rins et les uru­bus à tête rouge, no­tam­ment en rai­son des me­sures de pro­tec­tion et des chan­ge­ments cli­ma­tiques.

ES­PÈCES ME­NA­CÉES

Cer­tains oi­seaux de proie, dont le py­gargue à tête blanche, ont connu un dé­clin entre 1930 et 1970 en rai­son no­tam­ment de l’épan­dage du pes­ti­cide DDT. Mais au­jourd’hui, la si­tua­tion des 27 es­pèces d’oi­seaux de proie au Qué­bec a pris du mieux.

« Pour le mo­ment, il n’y a pas de crise », in­dique Mme Pa­ré. L’in­ter­dic­tion d’épandre du DDT et la mise en place de me­sures de pro­tec­tion ont entre autres per­mis de stop­per l’hé­mor­ra­gie.

Il reste tou­te­fois cinq es­pèces d’oi­seaux de proie qui sont con­si­dé­rées me­na­cées ou vul­né­rables au Qué­bec: l’aigle à tête blanche, l’aigle royale, l’ef­fraie des clo­chers, le hi­bou des ma­rais et le faucon pè­le­rin.

(Pho­to: Gra­cieu­se­té-jean-marc La­coste)

La bio­lo­giste Ga­brielle Pa­ré de l’union qué­bé­coise de ré­ha­bi­li­ta­tion des oi­seaux de proie a don­né une confé­rence aux Che­va­liers de Co­lomb de La Salle où elle a pré­sen­té un Grand-duc d’amé­rique.

(Pho­to: Gra­cieu­se­té - Mar­cel Gau­thier)

Le py­gargue à tête blanche.

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