Six jours pour dé­nei­ger un es­pace de sta­tion­ne­ment pour han­di­ca­pé

Le Messager La Salle - - LA UNE - PIERRE BOU­LAN­GER

C’est un ci­toyen de l’ave­nue Or­chard, Ste­ven La­per­rière, qui a ré­vé­lé cette his­toire pen­dant la pé­riode de ques­tions du der­nier con­seil d’ar­ron­dis­se­ment de La­salle, le 3 avril.

Il a dé­plo­ré que dans le sec­teur de sa rue, les trot­toirs ont été net­toyés six jours plus tard, tout comme l’es­pace ré­ser­vé à une per­sonne han­di­ca­pée. Cette même per­sonne s’était d’ailleurs vue pri­vée de son es­pace de sta­tion­ne­ment pen­dant huit jours à la suite d’une im­por­tante tem­pête le 29 dé­cembre 2015.

« N’IM­PORTE QUOI »

Ap­pe­lée par TC Me­dia à com­men­ter l’af­faire Lin­da Gau­thier, pré­si­dente du Re­grou­pe­ment des ac­ti­vistes pour l’in­clu­sion au Qué­bec (RAPLIQ) qua­li­fie la si­tua­tion d’« in­ac­cep­table ».

La femme, qui se sou­vient de la si­tua­tion s’étant pro­duite au même en­droit l’an­née der­nière tranche que « fi­na­le­ment, il n’y a pas d’amé­lio­ra­tion dans La­salle et ce n’est pas plus ac­cep­table. La­salle fait en­core par­tie du Qué­bec et ce n’est pas dans le fond d’un rang ».

Quand on lui dit que La­salle compte 150 es­paces de sta­tion­ne­ment du genre, Lin­da Gau­thier ré­plique « c’est n’im­porte quoi, des ar­gu­ments qui n’ont au­cun bon sens. Que se passe-t-il si l’am­bu­lance ar­rive à cet en­droit ? Dans ce temps-là, une mi­nute est très im­por­tante. Je trouve qu’il n’y a au­cune ex­cuse pour ça. »

Le RAPLIQ af­firme ne pas avoir re­çu d’autres plaintes pour des si­tua­tions si­mi­laires dans d’autres ar­ron­dis­se­ments de Mon­tréal à la suite de la tem­pête du 14 mars.

TEM­PÊTE. Une femme han­di­ca­pée qui ha­bite l’ave­nue Or­chard a dû at­tendre six jours après la tem­pête re­cord du mois de mars pour que son sta­tion­ne­ment ré­ser­vé soit en­fin dé­nei­gé. C’est la deuxième fois en deux ans que ce genre de si­tua­tion se pro­duit.

« PAS DES TANKS »

La mai­resse Manon Barbe a re­con­nu que la si­tua­tion était dif­fi­cile puisque 40 cen­ti­mètres de neige sont tom­bés en 12 heures, par­ti­cu­liè­re­ment entre 18 h et 20 h lors de l’im­por­tante tem­pête.

« Nos bom­bar­diers ne sont pas des « tanks » et à un mo­ment don­né, ils ne pou­vaient plus pas­ser sur les trot­toirs parce qu’il y avait trop de neige ac­cu­mu­lée par la na­ture et par les gens dé­nei­geant leurs cours ou leurs en­trées de ga­rage. On s’est ra­mas­sé avec des trot­toirs em­bour­bés de neige jus­qu’à trois pieds et plus ».

Elle ajoute qu’avant cette tem­pête, « nous étions sur l’as­phalte dans la rue et sur le ci­ment sur les trot­toirs. Les gens se ga­raient très près de la chaîne de trot­toirs ce qui ren­dait la tâche dif­fi­cile pour « nos che­nillettes [qui] ont une lame de 48 pouces ».

Le di­rec­teur gé­né­ral Benoit Gau­thier a ajou­té qu’en pé­riode de tem­pête, « dans les rues de La­salle, on a des voi­tures par­tout, ga­rées à 45 ou 90 de­grés. Le conduc­teur d’une char­rue ne peut tour­ner sur un dix sous ».

La­salle cherche des so­lu­tions pour ré­duire l’im­pact de ces pro­blèmes.

Il nous a été im­pos­sible de par­ler à la femme qui a été pri­vée de son sta­tion­ne­ment. Cette der­nière avait aus­si re­fu­sé de nous par­ler l’an­née der­nière.

L’ave­nue Or­chard est une rue ar­té­rielle où cir­cule un cir­cuit d’au­to­bus.

(Pho­to: TC Me­dia – Hu­go Lo­ri­ni)

C’est cet es­pace de sta­tion­ne­ment qui a été in­ac­ces­sible pen­dant près d’une se­maine pour une ré­si­dente de l’ave­nue Or­chard.

(Pho­to: TC Me­dia – Ar­chives)

Voi­ci à quoi res­sem­blait le sta­tion­ne­ment après la tem­pête re­cord du mois de mars.

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