Deux gé­né­ra­tions jar­dinent en­semble

Le Messager La Salle - - ACTUALITÉS - Isa­belle bergeron

JAR­DI­NAGE. De la ver­dure émerge d’an­ciens bacs à re­cy­clage re­grou­pés der­rière le Centre d’hé­ber­ge­ment de La­salle. Pour une deuxième an­née, un jar­din in­ter­gé­né­ra­tion­nel y pousse où les en­fants de deux gar­de­ries de l’ar­ron­dis­se­ment et les ré­si­dents âgés par­ti­cipent à des ac­ti­vi­tés pour en­tre­te­nir cette oa­sis vé­gé­tale.

«On jar­dine, mais on es­saie sur­tout de leur mon­trer à quoi res­semblent les plants des lé­gumes et comment ils poussent, les en­fants nés en ville ont sou­vent moins l’oc­ca­sion d’en voir», ex­plique Mé­li­ka Ba­zin de la Table de dé­ve­lop­pe­ment so­cial de La­salle. Elle re­marque aus­si qu’ils aiment beau­coup goû­ter les va­rié­tés qui y sont culti­vées.

«Jardiner me rend heu­reux», s’ex­clame Mi­chael Bous­sin âgé de cinq ans. Très dé­voué à l’en­lè­ve­ment des mau­vaises herbes, il af­firme s’y adon­ner sou­vent à la mai­son avec ses pa­rents.

«Se­lon l’ori­gine cultu­relle de la fa­mille, cer­tains connaissent plus de fines herbes que d’autres. C’est amu­sant de les voir les dé­cou­vrir», ajoute Mme Ba­zin. Elle ve­nait alors de dis­tri­buer des feuilles de menthe et plu­sieurs ont in­di­qué que ce­la goûte comme de la gomme.

Mme Ba­zin tente aus­si de dé­dra­ma­ti­ser la pré­sence des in­sectes, un as­pect im­por­tant pour elle. «Avant, je per­dais toute leur at­ten­tion si un des en­fants voyait une arai­gnée, ils étaient in­tri­gués et cer­tains avaient peur, se re­mé­mo­ret-elle. Peu à peu, j’es­saie de les sen­si­bi­li­ser à leur pré­sence et leur uti­li­té».

Pour sa part, l’édu­ca­trice de la gar­de­rie Pe­tit à Pe­tit qui les ac­com­pagne, Eli­za­beth Mer­ca­do, constate que le désher­bage dé­ve­loppe beau­coup la mo­tri­ci­té fine de son groupe.

Jar­din in­ter­gé­né­ra­tion­nel

RÉ­SI­DENTS

Pour les per­sonnes âgées, la res­pon­sable leur trouve des tâches ou des ac­ti­vi­tés se­lon leurs ca­pa­ci­tés respectives. «Une dame ne voit pra­ti­que­ment plus rien en rai­son de ses ca­ta­ractes a eu droit à une vé­ri­table dé­gus­ta­tion de fines herbes. À la fin, elle m’a avoué n’avoir ja­mais au­tant goû­té d’ali­ments dif­fé­rents dans une même jour­née», ra­conte Mme Ba­zin.

Une autre dame ai­mait ar­ra­cher les feuilles et les fleurs de plants et, pour évi­ter qu’elle abîme les plantes et as­sou­vir son en­vie, elle est de­ve­nue la cueilleuse of­fi­cielle de ha­ri­cots.

Tout ce qui est ré­col­té dans le jar­din est in­té­gré au pla­teau de nour­ri­ture des ré­si­dents. Ils peuvent ain­si voir gran­dir les ali­ments et les man­ger.

«Les per­sonnes âgées adorent sur­tout ren­con­trer les jeunes. Cer­tains ré­si­dents n’ont pas la chance de re­ce­voir beau­coup de vi­site», ex­plique Mme Ba­zin.

EX­PAN­SION RE­POR­TÉE

Dès le dé­but du jar­din in­ter­gé­né­ra­tion­nel, la Table de dé­ve­lop­pe­ment so­cial de­vait ob­te­nir une sub­ven­tion de 120 000$. En plus des lé­gumes en bacs, le but d’un jar­din de 2355 m2 en pleine terre est de culti­ver des pro­duits qui se­ront cui­si­nés par les chefs du centre. Une 2 gar­de­ries 70 en­fants 10 à 15 aî­nés rampe d’ac­cès au­rait aus­si per­mis aux ré­si­dents à mo­bi­li­té ré­duite de se rendre sur cette par­tie du ter­rain.

Tou­te­fois, des re­tards oc­ca­sion­nés par un grand mou­ve­ment de per­son­nel au sein de l’or­ga­nisme ain­si que l’in­té­gra­tion du CHSLD au CIUSSS de l’ouest-de-l’île ont fait perdre le fi­nan­ce­ment pro­mis. Mé­li­ka Ba­zin doit donc re­faire les dé­marches né­ces­saires pour l’amé­na­ge­ment d’une par­celle de terre dont les plans ini­tiaux ont été di­mi­nués.

La res­pon­sable du pro­jet, Mé­li­ka Ba­zin, fait goû­ter de la bette à carde aux en­fants de la gar­de­rie.

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