Nou­veau ro­man de Pa­trick Isa­belle

Le Messager La Salle - - ACTUALITÉS - ISA­BELLE BERGERON

LIT­TÉ­RA­TURE. L’au­teur Pa­trick Isa­belle pu­blie­ra le 31 août le ro­man der­nier titre d’un trip­tyque amor­cé en 2014. Le ré­sident de La­salle est re­con­nu pour ses ro­mans jeu­nesse qui plaisent éga­le­ment aux pa­rents. Il dé­sta­bi­lise ses lec­teurs par son écri­ture crue et sans dé­tour à tra­vers un drame qui bou­le­ver­se­ra la vie d’un ado­les­cent et de son en­tou­rage.

Ce troi­sième ro­man, écrit à la troi­sième per­sonne, est tout le contraire des deux pré­cé­dents qui était écrit au « je ». M. Isa­belle vou­lait que le lec­teur puisse connaître les moindres pen­sées du per­son­nage prin­ci­pal, qui, vic­time d’in­ti­mi­da­tion, a vou­lu se ven­ger de ses bour­reaux. Lui aborde donc les ré­per­cus­sions de cette vio­lence sur sa fa­mille, ses vic­times et ses an­ciens tor­tion­naires.

Après son sé­jour au centre de dé­ten­tion, la ru­meur de la li­bé­ra­tion pro­chaine de ce jeune de­ve­nu cri­mi­nel af­fecte au­tant les ado­les­cents de la po­ly­va­lente que ceux qui y tra­vaillent. Le nar­ra­teur per­met­tra de com­prendre l’état d’es­prit de cha­cun, entre culpa­bi­li­té pour les uns et dé­ta­che­ment pour les autres.

CHE­MI­NE­MENT

« Je vou­lais écrire un livre sur ce qui se passe dans la tête d’un ti­reur de masse, ce n’est qu’après que j’ai réa­li­sé que j’y trai­tais d’in­ti­mi­da­tion », ra­conte l’au­teur. Il a d’abord écrit Eux qui re­late l’in­ti­mi­da­tion vé­cue par un ado­les­cent entre les murs de sa po­ly­va­lente, mais qui s’étend en­suite dans toutes les sphères de sa vie, le pous­sant à vou­loir se ven­ger. Il y a quatre ans, les au­teurs Pa­trice Ca­zeault et Amé­lie Au­bé ont lan­cé la jour­née Le 12 août, j’achète un livre qué­bé­cois. Le suc­cès de l’évé­ne­ment a été ins­tan­ta­né. Les clients se bous­cu­laient pour vi­der les rayons de lit­té­ra­ture qué­bé­coise dans les li­brai­ries. Lors de cette jour­née, les ins­ti­ga­teurs in­vitent la po­pu­la­tion à se prendre en pho­to avec leurs achats et de pro­fi­ter de l’oc­ca­sion pour de­man­der des conseils à leur li­braire.

Le 12 août, j’achète un livre qué­bé­cois

M. Isa­belle avait choi­si d’écrire ce ro­man pa­ru en 2014 à la pre­mière per­sonne, en ne nom­mant ja­mais ses per­son­nages par leur nom. « Je ne vou­lais pas être mo­ra­li­sa­teur, pré­cise l’au­teur la­sal­lois, je vou­lais mon­trer que la ligne est mince entre le rôle d’in­ti­mi­da­teur et de vic­time ». Sans pré­nom, les rôles de­viennent in­ter­chan­geables.

Le deuxième titre, Nous, se dé­roule entre les murs du centre de dé­ten­tion pour ado­les­cents. M. Isa­belle a d’ailleurs dû ré­écrire une bonne par­tie de son livre après avoir ren­con­tré des jeunes ré­si­dant dans des éta­blis­se­ments sem­blables. « Après ce­la, j’ai dû at­tendre une heure avant d’être ca­pable de conduire, se sou­vient l’au­teur. J’ai, ce­pen­dant, mieux com­pris leur état d’es­prit. Mal­gré cette vio­lence, ça ne les em­pêche pas d’être aus­si des hu­mains ».

JEU­NESSE

Avec ce trip­tyque, M. Isa­belle vou­lait écrire des ro­mans pour les jeunes, mais sans les prendre pour des « niai­seux ou des en­fants ». Il a ten­té d’écrire ce que lui au­rait ai­mé à leur âge. La ré­ponse a été im­mé­diate et po­si­tive.

Mal­gré la vio­lence de l’écri­ture, l’écri­vain était ap­pe­lé par les di­rec­tions d’école pour ren­con­trer les étu­diants et par­ler d’in­ti­mi­da­tion avec eux. « Pour un pro­jet sco­laire, un élève a même fait la bande-an­nonce vidéo de mon ro­man, mais avec trois gars qu’ils in­ti­mi­daient. Ils ont pris conscience de ce qu’ils lui fai­saient su­bir », conclut-il, heu­reux de l’ef­fet po­si­tif de son oeuvre.

(Pho­to: TC Me­dia –Isa­belle Bergeron)

est le der­nier ro­man d’un trip­tyque de l’au­teur la­sal­lois, Pa­trick Isa­belle.

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