Pit­bulls: le co­ro­ner contre­dit Qué­bec

Le Messager La Salle - - LOCAL NEWS - RALPH-BO­NET SANON

ANI­MAUX. Le pro­jet de loi provinciale qui in­ter­dit cer­taines races de chien n’a pas la bonne ap­proche, conclut un rap­port du co­ro­ner sur la mort de Ch­ris­tiane Vad­nais, at­ta­quée par le chien de son voi­sin en juin 2016.

Dans un rap­port pu­blié lun­di, le co­ro­ner Ethan Licht­blau juge le pro­jet de loi 128 «dé­ce­vant» parce qu’il in­ter­dit des races ca­nines spé­ci­fiques.

Le Dr Licht­blau re­com­mande que le pro­jet de loi dé­po­sé en avril der­nier dé­fi­nisse des «moyens ob­jec­tifs et équi­tables» pour dé­cla­rer un chien ou son pro­prié­taire comme étant dan­ge­reux, po­ten­tiel­le­ment dan­ge­reux ou nui­sible.

Il re­com­mande aus­si que le pro­jet de loi 128 cen­tra­lise les si­gna­le­ments de mor­sures dans un re­gistre qué­bé­cois, oblige l’en­re­gis­tre­ment an­nuel de tous les chiens au­près des mu­ni­ci­pa­li­tés, in­cite les pro­prié­taires à faire sté­ri­li­ser leurs chiens et in­cite les mu­ni­ci­pa­li­tés à for­mer des équipes de contrôle des ani­maux.

Le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial cible spé­ci­fi­que­ment les chiens de type pit­bull, qu’il juge dan­ge­reux. Or, il n’est pas pos­sible de cer­ti­fier que le chien qui a tué Mme Vad­nais était bel et bien un pit­bull, in­dique le co­ro­ner.

De plus, la ten­dance d’un chien à adop­ter un com­por­te­ment agres­sif dé­pend de beau­coup plus que de sa seule ap­par­te­nance à une race, men­tionne le Dr Licht­blau. D’autres fac­teurs jouent un rôle clé, comme l’ex­pé­rience, la so­cia­li­sa­tion, la for­ma­tion et la san­té de l’ani­mal.

Éga­le­ment, une re­vue de la lit­té­ra­ture scien­ti­fique dé­montre que «peu de faits sou­tiennent» une ap­proche ba­sée sur «l’in­ter­dic­tion de race spé­ci­fique», ajoute le co­ro­ner.

AC­CUEIL MI­TI­GÉ POUR LA FA­MILLE

Le frère de Ch­ris­tiane Vad­nais ap­puie l’idée d’un re­gistre cen­tral des si­gna­le­ments et celle d’obli­ger tous les pro­prié­taires ca­nins à faire en­re­gis­trer leurs bêtes au­près de leurs mu­ni­ci­pa­li­tés. Gas­ton Vad­nais in­siste aus­si sur le be­soin d’édu­ca­tion du pu­blic, mais ex­prime des ré­serves.

«Re­gar­dez le tex­to, l’al­cool et, bien­tôt, la drogue au vo­lant; on sen­si­bi­lise le monde, mais ça n’ar­rête pas pour au­tant», ob­serve-t-il.

À la dif­fé­rence du co­ro­ner, la fa­mille Vad­nais de­meure convain­cue que les pit­bulls sont dan­ge­reux. «Que ceux qui en ont les gardent, les fassent mi­cro­pu­cer et cas­trer […] À l’ave­nir, on ne veut plus qu’il rentre de pit­bulls au Qué­bec», re­ven­dique M. Vad­nais.

Ce­lui-ci au­rait aus­si sou­hai­té que le co­ro­ner men­tionne les res­pon­sa­bi­li­tés qui in­com­baient au pro­prié­taire, le­quel n’a pas fait l’ob­jet d’ac­cu­sa­tions cri­mi­nelles.

Le rap­port in­dique que le chien au­rait été mal­trai­té, que la clô­ture sé­pa­rant la cour du pro­prié­taire de celle de Mme Vad­nais avait un gros trou, et que l’ani­mal, qui avait dé­jà at­ta­qué deux per­sonnes se­lon un rap­port de po­lice de 2015, por­tait une mu­se­lière mal at­ta­chée.

QUÉ­BEC PREND ACTE

Le mi­nis­tère de la Sé­cu­ri­té pu­blique du Qué­bec compte «prendre le temps d’ana­ly­ser les re­com­man­da­tions du rap­port du co­ro­ner».

«Celles-ci ser­vi­ront à ali­men­ter les ré­flexions pour bo­ni­fier le pro­jet de loi au be­soin», a in­di­qué le mi­nis­tère dans une dé­cla­ra­tion à TC Me­dia.

Le mi­nis­tère rap­pelle aus­si que le pro­jet de loi 128 «a été ré­di­gé dans le res­pect des com­pé­tences mu­ni­ci­pales et de la Loi sur le bien-être ani­mal», en plus de pré­voir une «gra­da­tion des mesures de sé­cu­ri­té en fonc­tion de la dan­ge­ro­si­té des chiens».

(Pho­to: TC Me­dia – Chan­tal Lévesque)

Le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial cible spé­ci­fi­que­ment les chiens de type pit­bull, qu’il juge dan­ge­reux.

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