Ef­fet des ho­raires de nuit

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Diane B. Boi­vin est la di­rec­trice à L'IUSMD du Centre d'étude et de trai­te­ment des rythmes cir­ca­diens. Ces évè­ne­ments bio­lo­giques qui ont lieu de fa­çon pé­rio­dique toutes les 24 heures contrôlent la ma­jo­ri­té des fonc­tions diurnes (qui se pro­duisent le jour).

«On éva­lue à peu près entre 10 et 20% de la po­pu­la­tion qui, à un mo­ment ou à un autre, tra­vaille en de­hors des heures conven­tion­nelles de jour, rap­porte-t-elle. Ce sont des pé­riodes au cours de la jour­née où l'être hu­main, qui est un ani­mal diurne, de­vrait être en train de dor­mir plu­tôt que d'être ré­veillé et de per­for­mer. On pense par exemple à des équipes de ra­dio qui doivent se pré­pa­rer aux pe­tites heures du ma­tin ou à des in­fir­miers.»

Lors d'un chan­ge­ment abrupt dans l'horaire, no­tam­ment lors de dé­pla­ce­ments à l'étranger avec un dé­ca­lage horaire, les rythmes cir­ca­diens ne suivent pas for­cé­ment et se­ront da­van­tage ajus­tés au fu­seau horaire de dé­part.

«Le tra­vail de nuit est l'exemple par­fait puis­qu'il y a des gens qui vivent cet état de dé­ca­lage constam­ment. Même chez les tra­vailleurs de nuit à temps plein, la ma­jo­ri­té va re­tour­ner sur une vie de jour lors des congés pour main­te­nir une vie so­ciale», sou­ligne la cher­cheuse.

SAN­TÉ. Il semble que le corps ne s’adapte pas com­plè­te­ment aux ho­raires de nuit. C’est du moins ce que conclut une étude sur les consé­quences du tra­vail de nuit sur la san­té de quatre cher­cheurs à l’ins­ti­tut uni­ver­si­taire en san­té men­tale Dou­glas (IUSMD) de Ver­dun. Ils ont dé­cou­vert que, dans la plu­part des cas, cer­taines fonc­tions conti­nuent d’obéir à une hor­loge bio­lo­gique de jour.

Pro­to­cole

Pour ar­ri­ver à ses fins, l'équipe de re­cherche a fait ap­pel à huit vo­lon­taires. Ils ont vé­cu une se­maine au Centre d'étude du Dou­glas dans des chambres d'iso­le­ment tem­po­rel, cou­pés de tout in­dice, lu­mière ou sons, qui pou­vaient leur in­di­quer l'heure de la jour­née. Ils n'avaient droit à au­cun té­lé­phone ou or­di­na­teur.

Des échan­tillons san­guins ont été pré­le­vés toutes les quatre heures pour dé­ter­mi­ner le taux de mé­la­to­nine et de cor­ti­sol pro­duits par le corps et ain­si me­su­rer l'ex­pres­sion de plus de 20 000 gènes.

«Par­mi les gènes qui fluc­tuent, il y en avait un sur quatre qui ont ar­rê­té de le faire alors qu'il y a en­vi­ron les trois quarts qui sont res­tés ajus­tés à l'horaire de jour et seule­ment 3% qui se sont ajus­tés par­tiel­le­ment à l'horaire de nuit, a rap­por­té Diane B. Boi­vin. Ce que ça nous dit, c'est qu'il n'y a pas que la mé­la­to­nine ou le cor­ti­sol qui res­tent ajus­tés de jour, c'est le cas de la très grande ma­jo­ri­té des gènes.»

La pro­chaine étape pour l'équipe de cher­cheurs se­ra de réa­li­ser une étude sur de vrais tra­vailleurs de nuit et idéa­le­ment, de la me­ner sur le ter­rain.

(Pho­to: De­po­sit)

Quatre cher­cheurs ont me­né une ex­pé­rience de courte du­rée en la­bo­ra­toire pour dé­ter­mi­ner les ef­fets du chan­ge­ment d’un horaire de jour à un horaire de nuit.

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