Du théâtre pour sen­si­bi­li­ser les aî­nés

Le Messager Lachine & Dorval - - ACTUALITÉS - MARILYNE DEMERS marilyne.demers@tc.tc

PRÉ­VEN­TION. Avec plus de 400 cas de mal­trai­tance en­vers des aî­nés rap­por­tés au Ser­vice de po­lice de la Ville de Mon­tréal (SPVM) l’an der­nier, les po­li­ciers veulent lut­ter contre cette pro­blé­ma­tique et uti­lisent le théâtre pour y ar­ri­ver. Des mises en scène se­ront pré­sen­tées aux per­sonnes âgées de La­chine et des en­vi­rons afin de les in­for­mer et les sen­si­bi­li­ser.

La pièce de théâtre Pa­role d’or, si­lence d’ar­gent de la troupe Par­mi­nou se­ra of­ferte à l’en­tre­pôt le 14 sep­tembre, afin de mettre en lu­mière les dif­fé­rentes si­tua­tions de mal­trai­tance, qu’elle soit psy­cho­lo­gique, phy­sique, sexuelle ou fi­nan­cière.

« Ils peuvent réa­li­ser à tra­vers les émo­tions des ac­teurs, qu’ils vivent de la mal­trai­tance ex­plique Car­lo­ta San­tos, l’agente so­cio­com­mu­nau­taire au poste de quar­tier (PDQ) 8. C’est plus lu­dique et moins ciblé qu’une ren­contre d’in­for­ma­tions et puisque c’est dans le noir, c’est aus­si plus ano­nyme. »

Un pa­nel d’ex­perts, for­mé no­tam­ment du SPVM, du CAVAC et du CIUSSS, ré­pon­dra aux ques­tions des par­ti­ci­pants par la suite. En plus de kiosques, des pro­fes­sion­nels se­ront sur place pour in­ter­ve­nir, au be­soin.

« Cer­tains aî­nés se­ront sû­re­ment ébran­lés et vou­dront se confier. Par­fois, ça leur donne le cou­rage né­ces­saire pour mettre des mots sur ce qu’ils vivent. Ça les li­bère énor­mé­ment », re­marque Mme San­tos.

DÉ­NON­CER

Les aî­nés ne sont pas por­tés à dé­non­cer, se­lon un por­tait réa­li­sé par le SPVM. «Dans la plu­part des cas, les abu­seurs sont des membres de la fa­mille. Il y a donc beau­coup de chan­tage émo­tif. Par exemple, ils leur di­ront qu’ils se­ront pri­vés de voir leurs pe­tits-en­fants. Cette peur de la so­li­tude em­pêche beau­coup d’aî­nés de par­ler », ex­plique Mme San­tos.

En plus des po­li­ciers, les in­ter­ve­nants com­mu­nau­taires et ins­ti­tu­tion­nels doivent gar­der l’oeil ou­vert et être à l’af­fût des signes. « Lors­qu’il y a négligence, on peut voir par exemple que les vê­te­ments des aî­nés sont trop grands pour eux, sou­vent parce que la fa­mille ne veut pas di­mi­nuer l’hé­ri­tage. »

De­puis 2016, le SPVM traite tous les cas de mal­trai­tance, de na­ture cri­mi­nelle ou non. Un rap­port d’in­ci­dent est ré­di­gé même si la per­sonne ne veut pas por­ter plainte. Avec leur consen­te­ment, les vic­times sont prises en charge.

POR­TRAIT

Sans tou­te­fois four­nir de don­nées, l’agente so­cio­com­mu­nau­taire es­time que la si­tua­tion est bien pré­sente à La­chine. « On est très oc­cu­pé. On garde tou­jours les yeux et les oreilles ou­verts lors­qu’on agit au­près d’un aî­né. »

L’ar­ron­dis­se­ment compte plus de 5000 per­sonnes âgées de 65 à 79 ans, soit 12% de sa po­pu­la­tion. Les 80 ans et plus, qui re­pré­sentent quant à eux 6 % des ci­toyens, re­groupent plus de 2 500 per­sonnes, se­lon Mon­tréal en sta­tis­tiques.

« Plu­sieurs ha­bitent dans des ré­si­dences pour per­sonnes aî­nées. Il y en a aus­si qui ré­sident à do­mi­cile, c’est un dé­fi pour nous de les re­joindre », sou­tient la po­li­cière.

Dé­but juin, les agents du PDQ 8 ont ef­fec­tué du porte-à-porte pour prendre un échan­tillon, en col­la­bo­ra­tion avec la Table des 50 ans et plus, afin de re­joindre les per­sonnes iso­lées et de leur trans­mettre de l’in­for­ma­tion sur les res­sources qui s’offrent à elles.

Pa­role d’or, si­lence d’ar­gent, 14 sep­tembre, à 13 h 30, à l’en­tre­pôt. En­trée gra­tuite. Ins­crip­tion : Car­lo­ta San­tos, 514 280-0058. Trans­port of­fert au be­soin. Pa­role d’or, si­lence d’ar­gent

(Pho­to:gracieuseté)

Le spec­tacle in­ter­ac­tif abus que peuvent su­bir les per­sonnes âgées. vise à por­ter une ré­flexion sur les

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.