UN DUO QUI A DU FLAIR

Le Messager Lachine & Dorval - - LA UNE - MARILYNE DE­MERS marilyne.de­mers@tc.tc

L’aé­ro­port Mon­tréal-tru­deau peut comp­ter sur son es­couade ca­nine pour as­su­rer la sé­cu­ri­té des voya­geurs. Com­plices, maître et chien pa­trouillent les ins­tal­la­tions afin de dé­tec­ter les ex­plo­sifs dans les ba­gages aban­don­nés.

SÉ­CU­RI­TÉ. À l’aé­ro­port Mon­tréal-tru­deau, Ra­gnar se pro­mène à tra­vers les ba­gages. Âgé de quatre ans, il ne reste pas long­temps en place. Bien heu­reu­se­ment, puisque lorsque ce ber­ger al­le­mand s’as­soit, c’est pour avi­ser son pa­trouilleur maître-chien qu’il a dé­tec­té une odeur d’ex­plo­sif.

De­puis trois ans, Ra­gnar dé­tient sa cer­ti­fi­ca­tion en dé­tec­tion d’ex­plo­sifs et peut iden­ti­fier jus­qu’à 26 odeurs de type mi­li­taire, com­mer­cial ou ar­ti­sa­nal.

Avec quatre autres équipes, toutes spé­cia­li­sées dans la dé­tec­tion d’ex­plo­sif, le ber­ger al­le­mand de 75 livres et son maître Ca­mille Bé­lisle sillonnent l’aé­ro­port de Dor­val, où tran­sigent en moyenne 50 000 pas­sa­gers par jour. En place de­puis près de 20 ans, l’es­couade ca­nine as­sure la sé­cu­ri­té des voya­geurs, en iden­ti­fiant les ba­gages sus­pects.

Afin de de­meu­rer à l’af­fut, les chiens d’aé­ro­ports de Mon­tréal (ADM), qui tra­vaillent en moyenne trois à quatre heures par jour, ef­fec­tuent des exer­cices.

«Pour chaque ex­plo­sif que je ma­ni­pule, je prends des gants propres dif­fé­rents à chaque fois. Je ne touche ja­mais la va­lise avec mes mains. Après l’exer­cice, elle est dé­con­ta­mi­née pen­dant une se­maine», ex­plique le pa­trouilleur maître-chien, qui tra­vaille chez ADM de­puis 10 ans.

Un par­cours d’agi­li­té est éga­le­ment amé­na­gé sur le ter­rain ex­té­rieur de l’aé­ro­port du­rant la sai­son es­ti­vale.

PRO­FIL

Ra­gnar est ar­ri­vée dans la vie du pa­trouilleur maître-chien à l’âge de huit se­maines, après la re­traite de son an­cien par­te­naire Tra­cer.

«Mal­gré ses quatre ans, c’est un bé­bé. Il va de­meu­rer chiot toute sa vie, in­dique Ca­mille Bé­lisle. Chaque chien a sa per­son­na­li­té et c’est au maître-chien de s’adap­ter. Cha­cun d’eux a fait de moi un meilleur maître-chien.»

En plus d’avoir un bon odo­rat et un ins­tinct de chasse, chaque chien doit pas­ser des exa­mens phy­siques pour être ad­mis au sein de l’es­couade ca­nine.

«Rien ne ga­ran­tit qu’il va faire le tra­vail», fait sa­voir Ca­mille Bé­lisle, qui a par­ti­ci­pé à des com­pé­ti­tions avec son an­cien com­pa­gnon, no­tam­ment lors des Jeux mon­diaux des po­li­ciers et pom­piers.

Chaque pa­trouilleur se doit aus­si d’être en forme et, bien sûr, d’ai­mer les bêtes.

«J’avais une com­pa­gnie de dres­sage. Mes pa­rents fai­saient l’éle­vage de ber­gers al­le­mands quand j’étais jeune. Pour moi c’est une deuxième na­ture. Je suis chan­ceux d’être payé pour faire ça», fait sa­voir M. Bé­lisle

COM­PLI­CI­TÉ

Au-de­là des cri­tères d’em­bauche, le ber­ger al­le­mand et son maître doivent for­mer une bonne paire, d’au­tant plus qu’ils font vie com­mune. M. Bé­lisle pos­sède un vé­hi­cule adap­té pour ra­me­ner le ber­ger al­le­mand à la mai­son, où une niche iso­lée est amé­na­gée à l’ex­té­rieur.

«Il doit être prêt à tra­vailler par n’im­porte quelle in­tem­pé­rie, que ce soit sur les pistes l’hi­ver ou du­rant les ca­ni­cules l’été», pré­cise-t-il.

Leur com­pli­ci­té se veut sans au­cun doute leur meilleur ou­til de tra­vail.

«Je passe plus de temps avec lui qu’avec ma femme. On tra­vaille en­semble et je le ra­mène à la mai­son. On passe en­vi­ron 16 heures par jour en­semble. Il y a une re­la­tion qui se créé. Je n’ai plus be­soin de lui par­ler, je lui fais des signes avec mes yeux et il me com­prend», sou­tient l’homme de 43 ans.

Lorsque Ra­gnar at­tein­dra l’âge de la re­traite, entre 8 et 10 ans, le maître-chien de­vra dé­ci­der si leur che­min com­mun se pour­suit, comme avec son an­cien com­pa­gnon qui fait au­jourd’hui par­tie de sa fa­mille.

(Pho­to: TC Me­dia – Isa­belle Ber­ge­ron)

Dès que le pa­trouilleur maître-chien Ca­mille Bé­lisle bran­dit le col­lier, Ra­gnar est condi­tion­né à re­ni­fler les ba­gages à la re­cherche d’ex­plo­sif. Lors­qu’il dé­tecte une odeur, le ber­ger al­le­mand s’as­soit, puis est ré­com­pen­sé par son maître qui lui re­met...

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.