Pré­ser­ver ses ra­cines

Le Messager Lachine & Dorval - - LA UNE - JO­HAN­NA PELLUS jo­han­na.pellus@tc.tc

ÉDU­CA­TION. Le Col­lège Va­nier bouillonne de vie chaque di­manche. Plus de 1 000 élèves viennent as­sis­ter aux classes de l’école chi­noise (man­da­rin) de Mon­tréal, qui loue les lo­caux de l’éta­blis­se­ment de Saintlaurent. De­puis 35 ans, elle ré­pond au be­soin de la com­mu­nau­té qui sou­haite gar­der un lien avec son pays d’ori­gine.

Huit fa­milles s’étaient réunies en 1983 afin de lan­cer cette école pour 67 élèves, se sou­vient l’un des fon­da­teurs, Ho­ward Gan, le seul à en­core s’y im­pli­quer bé­né­vo­le­ment.

«Nous de­vions mettre en place une école pour nos en­fants, confie ce­lui qui, ar­ri­vé au pays via une bourse à l’université de Sas­kat­che­wan, ré­side Pointe-claire de­puis les an­nées 1970. Nous par­lons man­da­rin et nos en­fants de­vraient le par­ler aus­si.»

À l’époque, une école en­sei­gnant le can­to­nais, un autre dia­lecte chi­nois uti­li­sé no­tam­ment à Hong Kong, était dé­jà en ac­ti­vi­té à Mon­tréal. Il y avait tou­te­fois peu de pos­si­bi­li­tés pour ap­prendre le man­da­rin, pour­tant le plus par­lé en Chine.

La di­ver­si­té chi­noise est bien re­pré­sen­tée à l’école du di­manche. «Au dé­but, les fa­milles ve­naient plu­tôt de Taï­wan ou de Hong Kong, puis il y a eu des ré­fu­giés d’asie du Sud-est. Au­jourd’hui, la plu­part viennent de Chine conti­nen­tale», ex­plique l’un des membres du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, Hai Thach.

CROIS­SANCE

La de­mande pour les cours de man­da­rin, don­nés de la ma­ter­nelle jus­qu’à la 12e an­née, n’a pas ces­sé de croître de­puis 35 ans. Des classes pour adultes, de culture ain­si que des cours sup­plé­men­taires en fran­çais, ma­thé­ma­tiques et an­glais se sont ajou­tés.

Pen­dant ce temps, cer­tains pa­rents suivent des cours de danse en ligne, de tai-chi ou jouent au ten­nis de table dans le même bâ­ti­ment. Une tren­taine d’autres sont bé­né­voles, comme Ling Lin, qui s’oc­cupe no­tam­ment de faire son­ner la cloche des pauses.

«C’est près de chez moi et tout le monde est gen­til ici, sou­ligne avec un grand sou­rire la ré­si­dente de Ville de Mont-royal, ar­ri­vée au Qué­bec en 2003. Comme toute notre fa­mille est en Chine, ces cours per­mettent à mes en­fants de com­mu­ni­quer avec leurs grands-pa­rents.»

Dans les classes, les en­sei­gnants ex­pliquent aux élèves comment écrire, la com­po­si­tion de chaque ca­rac­tère ain­si que la pro­non­cia­tion. La mé­thode pi­nyin, c’est-à-dire la trans­crip­tion pho­né­tique des ca­rac­tères chi­nois, est en­sei­gnée. «Tous sont Chi­nois, mais c’est comme une langue étran­gère pour eux puis­qu’ils fré­quentent l’école fran­çaise», in­dique M. Thach.

Aux en­fants de mi­grants s’ajoutent de­puis peu des en­fants adop­tés en Chine ain­si que leurs pa­rents, qui veulent leur per­mettre de gar­der leurs ra­cines.

Les frais de sco­la­ri­té, entre 140 et 200 $ par ses­sion, ain­si que des dons pri­vés per­mettent de ré­mu­né­rer les en­sei­gnants. «Nous avons du ma­té­riel d’études, des livres four­nis gra­tui­te­ment de Chine et de Taï­wan, mais peu d’aide ex­té­rieure si­non. C’est le prix à payer pour de­meu­rer une ins­ti­tu­tion in­dé­pen­dante et apo­li­tique», in­siste le pré­sident, To­ny Chen.

À l’oc­ca­sion de ses 35 ans, l’école or­ga­nise une soi­rée, le 7 avril, puis un grand fes­ti­val, le 22 avril. Les élèves pro­fi­te­ront de barbe à pa­pa et de pop­corn entre leurs classes. La cen­taine de pro­fes­seurs ani­me­ront par ailleurs des kiosques cultu­rels et des étu­diants don­ne­ront des spec­tacles dans le bâ­ti­ment D du Col­lège Va­nier.

(Pho­to: TC Media – Isabelle Ber­ge­ron)

Des élèves viennent d’aus­si loin que Sher­brooke pour suivre des cours de man­da­rin chaque di­manche, à Saint-laurent. Les langues chi­noises sont les plus par­lées au do­mi­cile des La­chi­nois après le fran­çais et l’an­glais. À Dor­val, elles viennent en qua­trième po­si­tion.

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