Un mois tout en des­sins

Le Messager Lachine & Dorval - - LA UNE - ÉRICK RÉ­MY erick.re­my@tc.tc POUR PLUS D'IN­FOS bi­blio­mon­treal.com/bd

LIT­TÉ­RA­TURE. Pen­dant tout le mois de mai, pour une 7e an­née consé­cu­tive, 45 bi­blio­thèques dans 19 ar­ron­dis­se­ments pré­sentent Le Mois de la BD pour par­cou­rir ou dé­cou­vrir l’uni­vers fas­ci­nant de la bande des­si­née d’ici et d’ailleurs.

Le Mois de la BD s’adresse au­tant aux ini­tiés qu’aux néo­phytes, aux en­fants qu’aux adultes. Cette an­née, le thème du mois est le man­ga, qui do­mine le mar­ché pla­né­taire de la BD. À titre d’exemple, les 42 tomes de Dra­gon Ball se sont ven­dus à 230 mil­lions d’exem­plaires, soit au­tant que tous les al­bums Les aven­tures de Tin­tin, pu­bliés de­puis 1949.

«Dans cha­cune de nos bi­blio­thèques, pen­dant le mois de la BD, nous of­frons des éta­lages de pré­sen­ta­tions et un dé­pliant des coups de coeur. Ces titres sont sug­gé­rés à la fois par nos em­ployés et six bé­déistes qué­bé­cois. Il y en a vrai­ment pour tous les goûts», pré­cise Maxime Beaulieu, co­res­pon­sable du Mois de la BD.

EN CHIFFRES

Le ré­seau des bi­blio­thèques de Montréal offre à ses abon­nés 400 000 titres en for­mat pa­pier et 1 200 en for­mat nu­mé­rique. La BD re­pré­sente près d’un em­prunt sur cinq. Les trois quarts des ou­vrages sont em­prun­tés par des en­fants, mais les adultes sont éga­le­ment amateurs.

«De­puis une quin­zaine d’an­nées, la BD se porte bien au Qué­bec. Il y a plein d’au­teurs, de des­si­na­teurs et de mai­sons d’édi­tion. Il y a éga­le­ment de plus en plus d’adultes et de femmes qui les lisent. Ce­la a ame­né à avoir aus­si plus de créa­trices», men­tionne M. Beaulieu.

La per­cep­tion de la bande des­si­née a beau­coup chan­gé. Alors qu’à une époque, elle était une forme de di­ver­tis­se­ment fa­cile et bon mar­ché, la BD re­pré­sente main­te­nant une por­tion ap­pré­ciable de l’in­dus­trie lit­té­raire.

«Elle n’est pas une sous-lit­té­ra­ture. La BD n’est pas moins va­lable que de lire un ro­man ou un autre type d’ou­vrage. Au dé­but des an­nées 2000, à la fois dans les bi­blio­thèques et dans les écoles, il y a eu un tour­nant. Le Mois de la BD sert à cas­ser ce sté­réo­type qui par­fois per­dure», ajoute le bi­blio­thé­caire.

OSER LA BD

Si les su­per­hé­ros, la science-fic­tion et les ro­bots géants ont en­core la côte, la BD ex­plore aus­si des thèmes sen­sibles et ta­bous.

«Dans nos sug­ges­tions, il y a Le ma­ri de mon frère. Elle aborde le su­jet de l’ho­mo­sexua­li­té. Elle ra­conte l’his­toire d’un homme exi­lé au Ca­na­da qui dé­cède. Le conjoint de ce der­nier se rend au Ja­pon afin de ren­con­trer la fa­mille et le frère ju­meau de son dé­funt ma­ri. Elle confronte le lec­teur à des réa­li­tés de plus en plus com­munes», pré­cise M. Beaulieu.

Du­rant Le Mois de la BD, il y a no­tam­ment des ren­contres d’au­teurs, des ate­liers de créa­tion, de l’ori­ga­mi 3D, la créa­tion d’une BD et de sa trame so­nore. Il culmi­ne­ra au Fes­ti­val BD de Montréal, les 26 et 27 mai, avec la pré­sence du kiosque des bi­blio­thèques au parc La Fon­taine.

(Pho­to: Gra­cieu­se­té – Bi­blio­thèques de Montréal)

Le mois de la BD se­ra l’oc­ca­sion de dé­cou­vrir le des­sin et le tra­vail de l’au­teure-illus­tra­trice Annie Groo­vie à la bi­blio­thèque Saul-bel­low.

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