De la rue à la ga­le­rie

Le Messager Lachine & Dorval - - CULTURE - ALEXANDRE MORANVILLE-O.

La trei­zième édi­tion de l’ex­po­si­tion an­nuelle du Pro­gramme Graf­fi­ti La­chine, in­ti­tu­lée Plus que des bar­beaux, s’est as­so­ciée pour la pre­mière fois avec le re­grou­pe­ment d’ar­tistes ur­bain Chrome.

C’est sous le thème «si­gna­ture» que 16 ar­tistes du col­lec­tif de graf­fi­ti ont réa­li­sé plu­sieurs oeuvres uti­li­sant le bois comme mé­dium de créa­tion.

«Dans le mi­lieu, la si­gna­ture, c’est un peu l’al­ter ego de l’ar­tiste. Le rap­port à la lettre est très fort et c’est pour ce­la que nous avons choi­si ce thème», ex­plique Naï­mo, co­fon­da­teur de Chrome.

Lui-même ap­pe­lé à créer une oeuvre dans le cadre du ver­nis­sage qui a eu lieu le 25 mai, Naï­mo sou­ligne l’im­por­tance de ce genre de dé­mons­tra­tion ou­verte au pu­blic afin de va­lo­ri­ser le tra­vail des ar­tistes ur­bains. La ligne entre le van­da­lisme et l’art étant ex­trê­me­ment mince en mi­lieu ur­bain, don­ner un es­pace de créa­tion of­fi­ciel et lé­gal aux ar­tistes est un en­jeu capital.

«Ce sont tous des gens qui pro­viennent de la rue, qui ont dé­bu­té avec le graf­fi­ti, ra­conte Naï­mo à pro­pos des membres de son col­lec­tif. Main­te­nant, ils sont peintres, ta­toueurs, mu­ra­listes, gra­phistes, etc. Ils font de l’art lé­gal.»

UNE IN­FLUENCE PO­SI­TIVE

Du cô­té du Pro­gramme Graf­fi­ti La­chine, qui cé­lèbre ses 15 ans cette an­née, le ver­nis­sage an­nuel est l’oc­ca­sion par­faite pour per­mettre à la po­pu­la­tion de je­ter un re­gard réa­liste sur le phé­no­mène chez les jeunes. Des graf­fi­teurs ama­teurs af­fi­liés au pro­gramme ont d’ailleurs pu exé­cu­ter des oeuvres qui ont par la suite été trans­po­sées sur un sup­port mé­tal­lique tri­di­men­sion­nel pour l’ex­po­si­tion.

«C’est une si­tua­tion ga­gnante-ga­gnante, car les ar­tistes sont des sources d’ins­pi­ra­tion pour nos jeunes et ceux-ci sont à leur tour une source de nou­veaux ta­lents pour Chrome», se ré­jouit Alexandre Cambron, ani­ma­teur du pro­gramme. Se­lon lui, les ar­tistes in­vi­tés re­pré­sentent un mo­dèle unique pour les jeunes, qui peuvent par­fois être dif­fi­ciles à re­joindre.

«Il est es­sen­tiel, pour dé­mo­cra­ti­ser le graf­fi­ti, de dé­mon­trer au pu­blic un cô­té beaux-arts s’op­po­sant com­plè­te­ment au van­da­lisme de rue», ren­ché­rit Naï­mo. Les ar­tistes tra­vaillant avec Chrome ayant bien sou­vent de la mi­sère à se vendre et à tra­vailler une image pu­blique, un tel contact avec la po­pu­la­tion est cru­cial.

Les in­té­res­sés ayant ra­té le ver­nis­sage pour­ront se pro­cu­rer le ma­ga­zine du pro­gramme à l’en­tre­pôt, sur le bou­le­vard Saint-jo­seph.

ART VI­SUEL.

(Pho­to: Mé­tro Mé­dia – Alexandre Moranville-o)

Plu­sieurs tech­niques ont été uti­li­sées lors de la réa­li­sa­tion des oeuvres, al­lant de la gra­vure à la sou­dure, en pas­sant par la pein­ture ré­flé­chis­sante.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.