Un trouble in­vi­sible

Le Messager Lachine & Dorval - - CULTURE - LI­SA LASSELIN llas­se­lin@me­tro­me­dia.ca PLUS D'IN­FOS SUR ce­nop.ca

Dif­fi­cul­té à s’ex­pri­mer, manque de vo­ca­bu­laire, dis­si­pa­tion sont quelques-unes des dif­fi­cul­tés que peuvent ren­con­trer les en­fants at­teints de dys­pha­sie, un trouble du lan­gage oral qui touche 3 à 5 % de la po­pu­la­tion nord-amé­ri­caine.

«Sou­vent les pa­rents ar­rivent en consul­ta­tion et sus­pecte que leur en­fant a un trouble du dé­fi­cit de l’at­ten­tion (TDAH), car il est ver­bal, mais n’écoute pas. Il est dans la lune, il est hors su­jet ou il des­sine pen­dant que le pro­fes­seur parle. Peu de pa­rents sus­pectent un trouble dys­pha­sique», ex­plique Lyne Gas­con, neu­ro­psy­cho­logue du Centre d’éva­lua­tion neu­ro­psy­cho­lo­gique et d’orien­ta­tion pé­da­go­gique (CE­NOP).

Pour Mme Gas­con, ces troubles sont les ma­lai­més, car ces en­fants sont sou­vent en plus grandes dif­fi­cul­tés que ceux qui ont un trouble du lan­gage écrit.

L’in­tel­li­gence vi­suelle de ces jeunes leur per­met ce­pen­dant de faire des ap­pren­tis­sages, mais il fau­dra sans cesse rendre concret une consigne ou un mot en le ma­té­ria­li­sant. Si un cal­cul de maths semble fai­sable, il de­vien­dra presque im­pos­sible s’il est ex­pli­qué à tra­vers une consigne qui com­porte toute sorte de mots que l’en­fant ne par­vient pas à vi­sua­li­ser. Il uti­lise aus­si, par exemple, de nom­breux mots de rem­plis­sages comme chose, truc, af­faire ou uti­lise mal les mots de liai­son, ou en­core il place le verbe avant le su­jet.

CLASSES ADAP­TÉES

Se­lon la neu­ro­psy­cho­logue, ce trouble peut pas­ser in­aper­çu jus­qu’en 2e an­née, car les en­fants ont ten­dance à mi­mer leurs ca­ma­rades quand ils ne com­prennent pas les consignes. Ce n’est qu’ar­ri­vé en 3e et 4e an­née que la dif­fé­rence se note. Pour ai­der l’élève, il fau­dra alors sans cesse re­for­mu­ler, ré­pé­ter et ima­ger les consignes.

«Il existe dans cer­taines écoles des classes adap­tées à ce trouble, pour ceux qui ont une at­teinte sé­vère, mais je trouve que ceux qui ont une at­teinte mo­dé­rée tombent entre deux chaises et manque de res­sources», ex­plique la neu­ro­psy­cho­logue.

SOCIABILITÉ

Ces en­fants ont ten­dance à avoir des dif­fi­cul­tés dans leurs re­la­tions so­ciales. Puis­qu’ils peinent à se faire com­prendre à cause de leur manque de vo­ca­bu­laire, ils s’énervent, crient, de­viennent agres­sifs ou font des crises de co­lère. Ce­la amène les autres en­fants à se re­ti­rer parce qu’ils ne par­viennent pas à com­prendre ce­lui at­teint de dys­pha­sie, qui se re­trouve alors sou­vent iso­lé.

Lorsque des doutes ap­pa­raissent, il est né­ces­saire de pro­cé­der à une éva­lua­tion en or­tho­pho­nie. Si le sui­vi pro­fes­sion­nel est pris en charge as­sez tôt, ce­la per­met de mi­ni­mi­ser les consé­quences de ce han­di­cap et aug­men­ter ses chances de suivre une sco­la­ri­té or­di­naire.

SAN­TÉ.

(Pho­to: De­po­sit)

La dys­pha­sie est un trouble du lan­gage qui peut être d’une in­ten­si­té va­riable d’un en­fant à l’autre et qui peut se re­pé­rer dès l’âge de 5 ans.

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