KWE !

Le Messager Verdun - - LA UNE - AN­DRÉANNE MO­REAU an­dreanne.mo­reau@tc.tc

Ce sa­lut mo­hawk s’est fait en­tendre pen­dant toute la fin de se­maine à l’au­di­to­rium de Ver­dun, qui ac­cueillait son tout pre­mier Pow Wow. Ce grand ras­sem­ble­ment a été une oc­ca­sion pour les non-au­toch­tones de dé­cou­vrir la culture de ces peuples, tou­jours bien vi­vante et vi­brante de rythmes et de cou­leurs.

FES­TI­VI­TÉS. Comme le son des tam­bours qui ré­son­nait dans l’au­di­to­rium de Ver­dun, les coeurs se sont unis au même rythme cette fin de se­maine pour le Pow Wow. Dans ce ras­sem­ble­ment où la fra­ter­ni­té dé­pas­sait de loin les liens fa­mi­liaux, cha­cun pre­nait le temps de sou­rire aux autres, de se par­ler, de par­tir à la dé­cou­verte de ces cultures si près de la nôtre et si loin­taine à la fois.

Les yeux rem­plis des cou­leurs vi­brantes de toutes les re­ga­lias, les ha­bits tra­di­tion­nels por­tés par les dan­seurs, les vi­si­teurs sem­blaient éba­his, presque sous le choc.

«On vou­lait voir de la di­ver­si­té cultu­relle et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on est ser­vis. C’est vrai­ment épa­tant», s’ex­clame Su­zie Cham­pagne, ve­nue de Saint-jé­rôme avec son ma­ri et sa fille.

Dans la file d’un kiosque de res­tau­ra­tion, la pe­tite fa­mille peine à choi­sir entre la sau­cisse de cerf fu­mé, le bi­son, la sa­lade de riz sau­vage et le ban­nock, pe­tit pain tra­di­tion­nel ser­vi avec des fruits frais.

L’évé­ne­ment per­met­tait en ef­fet de consta­ter à quel point la culture au­toch­tone est va­riée, dif­fé­rente même d’un peuple à l’autre. Les danses, les ha­bits, les tech­niques d’ar­ti­sa­nat et les langues par­lées étaient aus­si nom­breuses que les tri­bus pré­sentes, af­fi­chant toute une pa­lette de cou­leurs et de mo­tifs.

FÊTE IN­CLU­SIVE

Si les danses et la mu­sique oc­cupent une place cen­trale au Pow Wow, il ne s’agit pas d’un spec­tacle, mais d’un ras­sem­ble­ment. Et la dif­fé­rence est fla­grante. Les vi­si­teurs non-au­toch­tones ont da­van­tage l’im­pres­sion d’être ac­cueillis dans une grande fête de fa­mille que d’as­sis­ter à une re­pré­sen­ta­tion ar­tis­tique.

Dès que la cérémonie d’ou­ver­ture et les pre­mières danses sa­crées ont été ter­mi­nées, sa­me­di, le pu­blic a été in­vi­té à re­joindre les dan­seurs dans l’espace cen­tral. Nul be­soin de connaître les pas pour y prendre plai­sir. Ou­vrant grand leurs bras, les Amé­rin­diens pre­naient le temps d’en­sei­gner quelques mou­ve­ments ou d’ex­pli­quer cer­tains dé­tails de leurs te­nues.

RE­TROU­VAILLES

Pour les au­toch­tones, qui vivent très éloi­gnés les uns des autres, les Pow Wow sont d’abord et avant tout une oc­ca­sion de se re­trou­ver et de cé­lé­brer.

«Je vais à des Pow Wow de­puis que j’ai deux ou trois ans et, à chaque fois, je re­trouve des amis que je ne vois pas sou­vent», ra­conte Ni­de­hi­na, une jeune Ati­ka­mekw de 8 ans ve­nue d’obed­ji­wan, près de La Tuque.

Avec sa mère, Wa­ro­wick, elle adore dan­ser, vê­tue de sa re­ga­lia flam­boyante, re­cou­verte de clo­chettes qui tintent fiè­re­ment à cha­cun de ses pas.

Elle re­vien­dra pro­ba­ble­ment à Ver­dun l’an­née pro­chaine, puisque le suc­cès de l’évé­ne­ment laisse pré­sa­ger la te­nue d’une deuxième édi­tion dans l’ar­ron­dis­se­ment.

Kwe, le titre sur la page cou­ver­ture, si­gni­fie «sa­lut» en Mo­hawk.

(Pho­to: TC Me­dia – Hu­go Lo­ri­ni)

Tous les as­pects de la culture au­toch­tone étaient re­pré­sen­tés au Pow Wow, de la mu­sique à l’ar­ti­sa­nat, en pas­sant par la cui­sine et la danse, le tout haut en cou­leur grâce aux re­ga­lias, les ha­bits tra­di­tion­nels.

(Pho­to: TC Me­dia – Hu­go Lo­ri­ni)

Cap­teurs de rêve, peaux de la­pin, pierres se­mi-pré­cieuses, bi­joux, ta­bleaux, les ar­tistes et ar­ti­sans ont pro­fi­té du ras­sem­ble­ment pour dé­mon­trer leur ta­lent et vendre leurs créa­tions.

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