La cui­sine mo­lé­cu­laire chez soi grâce à une en­tre­prise ver­du­noise

Le Messager Verdun - - ACTUALITÉS - ANDRÉANNE MOREAU an­dreanne.moreau@tc.tc

COM­MERCE. OCNI Fac­to­ry a mis au point des in­gré­dients nou­veau genre pour le moins éton­nants. Leurs as­sai­son­ne­ments à tailler, sous forme de crayons, rendent la cui­sine mo­lé­cu­laire simple et ac­ces­sible. Et ce n’est que leur pre­mier ob­jet cu­li­naire non iden­ti­fié (OCNI).

L’idée au­da­cieuse vient de Be­noît Le Guein, qui a com­plé­té des études en cui­sine, en art contem­po­rain et en de­si­gn. Ces trois do­maines ont for­mé un heu­reux mé­lange et créé un ter­reau fer­tile pour ins­pi­rer ses créa­tions.

Mais une fois le con­cept trou­vé, il fal­lait le per­fec­tion­ner et le com­mer­cia­li­ser. Plus simple à dire qu’à faire. C’est l’as­so­cia­tion avec ses par­te­naires d’af­faires Na­dia Lah­ri­chi et Tris­tan Ca­no qui a per­mis de pas­ser à cette nou­velle étape. Elle à Verdun, lui à Pa­ris, ils ont mis en mar­ché l’in­ven­tion et l’ont fait connaître.

« La re­cette a de­man­dé beau­coup d’adap­ta­tion pour que les pro­duits ne cassent pas, ne soient pas trop mous non plus et se conservent long­temps, mais sans agent de conser­va­tion », ex­plique le de­si­gner cu­li­naire.

Au bout du pro­ces­sus, trois sa­veurs sont nées:sel et ci­tron, pi­ment et ail, soya et cèpe. « L’ob­jec­tif était qu’on ar­rive tou­jours à uti­li­ser un des as­sai­son­ne­ments, peu im­porte le re­pas », fait va­loir M. Ca­no.

EM­PREINTE VER­DU­NOISE

S’ils se sont ren­con­trés à Pa­ris, le trio a main­te­nant un at­ta­che­ment bien par­ti­cu­lier à Mon­tréal et plus spé­ci­fi­que­ment à Verdun, où ils ont leur bu­reau.

« La com­mu­nau­té nous aide beau­coup, nous en­cou­rage. Il y a vrai­ment une so­li­da­ri­té im­pres­sion­nante », ra­conte Mme Lah­ri­chi. Elle a d’ailleurs trou­vé une com­plice en Ca­the­rine Rous­seau, la pro­prié­taire de la bou­tique Réunion dans la Li­brai­rie de Verdun, qui vend le cof­fret de OCNI Fac­to­ry.

Elle y or­ga­nise aus­si des dé­gus­ta­tions, es­sen­tielles pour convaincre les ache­teurs puisque le pro­duit est in­usi­té.

« Au dé­but, les gens ont un re­gard sus­pi­cieux et de­mandent même par­fois s’il s’agit de chan­delles. Quand on taille l’as­sai­son­ne­ment, l’in­té­rêt naît. Et quand ils goûtent, la plu­part d’entre eux ima­ginent dé­jà les re­cettes aux­quelles ils pour­raient l’ajou­ter », ra­conte Mme Lah­ri­chi.

Elle ajoute que les Mon­tréa­lais sont très cu­rieux, de plus en plus foo­dies et ha­bi­tués à goû­ter des sa­veurs ori­gi­nales, ce qui rend peut- être plus fa­cile la com­mer­cia­li­sa­tion au Qué­bec qu’en France.

AL­LER PLUS LOIN

OCNI Fac­to­ry a rem­por­té en avril la deuxième place au concours de PME MTL Grand Sud-ouest dans la ca­té­go­rie bio­ali­men­taire, un prix qui leur a don­né un bon coup de pouce.

« Ça nous a don­né une pe­tite bourse, mais le plus im­por­tant, c’est la vi­si­bi­li­té et sur­tout la cré­di­bi­li­té, au­tant au­près des clients que des ban­quiers », fait va­loir Mme Lah­ri­chi.

Cette aide leur per­met­tra de lan­cer de nou­velles sa­veurs dès cet été. Sans dé­voi­ler les­quelles, les trois com­pères ont tout de même avoué avoir beau­coup ex­plo­ré dif­fé­rents in­gré­dients lo­caux. Un crayon à l’érable, qui sait.

Mais les pro­jets ne s’ar­rêtent pas à aug­men­ter la gamme des as­sai­son­ne­ments à tailler. L’en­tre­prise de­vrait lan­cer un tout nou­veau pro­duit l’an­née pro­chaine.

(Pho­to: TC Me­dia – Fé­lix O. J. Four­nier)

Les as­sai­son­ne­ments à tailler sont faits avec de l’agar-agar, l’algue gé­li­fiante qui a été un élé­ment es­sen­tiel du dé­ve­lop­pe­ment de la cui­sine mo­lé­cu­laire. Ils sont donc en­tiè­re­ment vé­gane.

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