La vraie sa­veur du Cam­bodge

Le Messager Verdun - - ACTUALITÉS - ANDRÉANNE MO­REAU an­dreanne.mo­reau@tc.tc

COM­MERCE. Les res­tau­rants asia­tiques sont nom­breux à Mon­tréal, mais rares sont ceux qui pré­sentent une cui­sine au­then­tique, crai­gnant d’ef­frayer les pa­pilles oc­ci­den­tales, peu ha­bi­tuées à ces sa­veurs. Pour le chef To­ta Oung, qui ouvre le res­tau­rant Street Mon­keys, il n’était pas ques­tion d’édul­co­rer les re­cettes cam­bod­giennes. C’est une ver­sion ori­gi­nale qu’il pré­sen­te­ra dans son res­to-bar de la rue Wel­ling­ton.

« Les Qué­bé­cois sont de plus en plus foo­die, ou­verts à la dé­cou­verte, alors on s’est dit que ce se­rait le mo­ment par­fait pour lan­cer un en­droit comme ça », fait va­loir le chef et co­pro­prié­taire, M. Oung.

Il s’est al­lié à son ami William Kit et son épouse, Na­tha­lie He, qui pos­sèdent dé­jà un res­tau­rant dans Saint-mi­chel, ain­si qu’à son cou­sin Si­hour Kong. À quatre, ils ont tra­vaillé d’ar­rache-pied pour être fin prêts pour l’ou­ver­ture, le 22 juin.

Par­tis en voyage en Asie en 2015, c’est là-bas qu’ils ont eu l’idée der­rière le concept des Street Mon­keys, dont le nom vient d’un croi­se­ment entre les singes er­rants (stray mon­keys), ren­con­trés par­tout là-bas, et la cui­sine de rue om­ni­pré­sente.

« Au Cam­bodge, la meilleure nour­ri­ture est dé­fi­ni­ti­ve­ment dans les rues. Elle est au­then­tique et on ob­tient pour 1,50 $ un re­pas à s’en lé­cher les doigts », ra­conte M. Oung. Le climat et les nom­breuses res­tric­tions à Mon­tréal ont tou­te­fois convain­cu les as­so­ciés d’ou­vrir un res­tau­rant plu­tôt qu’un ca­mion.

Pour se rap­pro­cher de la cui­sine de rue, ils ont bâ­ti un me­nu sous forme de bou­chées, plus près des ta­pas que des re­pas en­tiers, qui rap­pelle l’ex­pé­rience ty­pi­que­ment cam­bod­gienne.

PLATS AU­DA­CIEUX

Ce qui dis­tingue la cui­sine cam­bod­gienne de la thaï­lan­daise, de la chi­noise ou de la lao­tienne est d’abord la puis­sance des sa­veurs.

« C’est une cui­sine très re­haus­sée, à la fois, su­rette, su­crée, épi­cée, amère et sa­lée. Et il y a beau­coup d’in­gré­dients très in­ha­bi­tuels en Oc­ci­dent », ex­plique M. Oung.

Il cite en exemple une pâte de pois­son fer­men­tée, ser­vie en sauce sur un steak, ou bien des concombres amers far­cis de porc ha­ché.

Tous les plats ne se­ront pas aus­si dé­pay­sants, tou­te­fois, puisque le chef compte éga­le­ment in­cor­po­rer plu­sieurs in­gré­dients lo­caux afin d’as­su­rer une grande fraî­cheur, pri­mor­diale dans la cui­sine cam­bod­gienne.

Bro­chettes de boeuf khmer à la ci­tron­nelle, ailes de pou­let far­cies, truite en sauce ta­ma­rin et sa­lade de pa­paye ne sont que quelques exemples des plats ré­con­for­tants qui s’y trou­ve­ront.

Et, pour les ac­com­pa­gner, les as­so­ciées ont en­ga­gé un mixo­logue qui a créé des re­cettes de cock­tails qui fe­ront par­tie de la si­gna­ture de la mai­son, comme un bloo­dy cea­sar à l’encre de seiche.

RÉCONFORTANT

Pour le chef Oung, l’ob­jec­tif est de pré­sen­ter des plats ré­con­for­tants. Bien sûr, éle­vé par une mère cam­bod­gienne, ces re­pas n’ont rien à voir avec le pâ­té chi­nois, le ra­goût de bou­lettes ou le ma­ca­ro­ni au fro­mage.

« Ma mère cui­si­nait beau­coup et j’étais tou­jours dans ses jambes. C’est comme ça que j’ai ap­pris. J’ai fait mon pre­mier riz frit à sept ans », se sou­vient-il.

C’est pourquoi il al­lait de soi pour lui d’in­clure dans son me­nu les rou­leaux im­pé­riaux de ma­man, cette re­cette rem­plie de sou­ve­nirs.

M. Oung compte bien in­tro­duire des brunchs dans les se­maines sui­vant l’ou­ver­ture du 22 juin afin de faire dé­cou­vrir aux Ver­du­nois en­core plus de cette cul­ture ali­men­taire vi­brante.

(Photo:tc Media – Pa­trick Si­cotte)

To­ta Oung ne fait pas dans la de­mi-me­sure. Il compte pré­sen­ter une ver­sion au­then­tique de la cui­sine cam­bod­gienne de son en­fance.

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