Psy­cho­thé­ra­pie 2.0

Le Messager Verdun - - DE CHEZ VOUS... - PASCALINE DAVID

SAN­TÉ. Pour rendre la psy­cho­thé­ra­pie plus ac­ces­sible, une ré­si­dente ver­du­noise a créé une cli­nique de consul­ta­tion vir­tuelle. De­puis leur sa­lon ou à l’autre bout de la pla­nète, les clients ont ac­cès en tout temps à un psy­cho­logue.

«Ce qui se passe entre les deux oreilles, c’est fra­gile et pré­cieux», lance la fon­da­trice de Pause Thé­ra­pie, So­fia Be­nya­hia qui a créé l’en­tre­prise en 2016 pour que la psy­cho­thé­ra­pie ne soit plus un luxe.

Cette consul­ta­tion 2.0 a la par­ti­cu­la­ri­té d’être de courte du­rée. «La jour­née est sé­pa­rée en blocs de 20 mi­nutes ce qui ré­duit les coûts et per­met d’es­sayer avec plu­sieurs psy­cho­logues pour choi­sir ce­lui qui nous convient le mieux», ex­plique le conjoint de Mme Be­nya­hia et vice-pré­sident aux fi­nances de la jeune pousse, Yves Lan­ge­vin, qui est im­pli­qué dans le pro­jet de­puis ses dé­buts.

Se­lon la fon­da­trice, le client n’a pas né­ces­sai­re­ment be­soin d’une heure pour ex­pli­quer son pro­blème. «Le contexte com­mande le temps. Si on a be­soin de plus, on peut prendre jus­qu’à trois blocs consé­cu­tifs», pré­cise-telle. Une fois ins­crit, il est pos­sible de dis­cu­ter par vi­sio­con­fé­rence ou par cla­var­dage. «Les per­sonnes qui dé­butent peuvent par­fois être gê­nées et pré­fé­re­ront s’ou­vrir à l’écrit», ajoute-t-elle.

Comme dans une cli­nique phy­sique, le client prend un ren­dez-vous. Mais si ur­gence il y a, il peut pas­ser en consul­ta­tion dès que le psy­cho­logue, «ma­ga­si­né» par l’in­ter­mé­diaire de la liste af­fi­chée sur le site, est dis­po­nible. Les pre­mières 40 mi­nutes sont obli­ga­toires afin de s’ins­crire, de rem­plir le for­mu­laire de consen­te­ment puis de créer un pre­mier lien avec le psy­cho­logue.

UN «INTIME NOU­VEAU GENRE»

Pour sa fon­da­trice, Pause thé­ra­pie est une op­tion sup­plé­men­taire. «Nous ne sommes pas là pour rem­pla­cer la thé­ra­pie phy­sique, mais pour fa­ci­li­ter l’ac­cès à des psy­cho­logues», in­dique-t-elle.

La pré­si­dente de l’ordre des psy­cho­logues du Qué­bec, Ch­ris­tine Grou, croit que cette pra­tique peut être bé­né­fique pour une per­sonne qui se trouve dans une ré­gion éloi­gnée, une mère ou un père mo­no­pa­ren­tal qui veut consul­ter sans se dé­pla­cer ou en­core, quel­qu’un qui n’est pas flexible à cause de son ho­raire de tra­vail. «Le plus im­por­tant est de connaitre les li­mites de ces moyens tech­no­lo­giques, de pou­voir s’as­su­rer de la confi­den­tia­li­té des in­for­ma­tions et que le psy­cho­logue éva­lue adé­qua­te­ment le ca­rac­tère ap­pro­prié de la psy­cho­thé­ra­pie en ligne se­lon la pro­blé­ma­tique du client», ex­plique-t-elle.

La di­zaine de psy­cho­logues de Pause Thé­ra­pie pos­sède une for­ma­tion gé­né­ra­liste ain­si qu’une spé­cia­li­té comme les dif­fi­cul­tés de som­meil ou l’agres­si­vi­té im­pul­sive. «Ils sont membres de l’ordre des psy­cho­logues du Qué­bec, ce qui veut dire qu’ils ré­pondent aux mêmes règles, sont ins­pec­tés, en­ca­drés et ont des obli­ga­tions de for­ma­tions», ajoute Mme Grou.

La pro­chaine étape est le dé­ve­lop­pe­ment de l’ap­pli­ca­tion mo­bile. «Pour le mo­ment, on peut tout faire sur té­lé­phone sauf la consul­ta­tion en elle-même. C’est notre ob­jec­tif des pro­chains mois», dé­voile Yves Lan­ge­vin, ajou­tant qu’il faut tout de même faire at­ten­tion à pri­vi­lé­gier un environnement calme pour la séance.

(Pho­to: TC Media - Pa­trick Si­cotte)

Si la pla­te­forme est of­fi­ciel­le­ment bi­lingue (an­glais et fran­çais), les psy­cho­logues ont des ori­gines di­verses et va­riées per­met­tant à cer­tains clients de conver­ser dans leur langue ma­ter­nelle.

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