Mon­tréal a payé pour en­fouir les dé­chets d’autres villes

Le Messager Verdun - - ACTUALITÉS - DO­MI­NIQUE CAMBRON-GOULET do­mi­nique.cambron-goulet@jour­nal­me­tro.com

EN­VI­RON­NE­MENT. Une en­quête du Bu­reau de l’ins­pec­teur gé­né­ral (BIG) a ré­vé­lé qu’un four­nis­seur de ser­vices a fait des ma­tières ré­si­duelles pro­ve­nant d’autres mu­ni­ci­pa­li­tés aux frais de la mé­tro­pole.

«C’est dans les ar­ron­dis­se­ments de Ver­dun et du Sud-ouest que les faits re­pro­chés à l’en­tre­prise Ser­vices En­vi­ron­ne­men­taux Ri­che­lieu (SER) se sont pro­duits», a rap­por­té le BIG.

L’en­tre­pre­neur a dé­po­sé plus de dé­chets que per­mis au site d’en­fouis­se­ment. En plus de mé­lan­ger re­cy­clage et or­dures mé­na­gères, il y a in­clus les dé­chets pro­ve­nant de «l’ex­té­rieur de la Ville de Mon­tréal, dont Bros­sard, Lon­gueuil, Saint-ba­sile-le-grand et Ca­ri­gnan». «Ces dé­chets ont ain­si été dé­ver­sés, éli­mi­nés et fac­tu­rés au compte de l’ag­glo­mé­ra­tion de Mon­tréal», est-il écrit dans le rap­port ren­du pu­blic di­manche soir.

REC­TI­FI­CA­TIONS

«Il avait une tâche fa­ci­li­tée, parce que sou­vent, la ba­lance à Ver­dun était dé­fec­tueuse», a sou­li­gné M. Pa­ren­teau, qui a as­su­ré que ce pro­blème se­rait ré­glé.

Le BIG di­ri­gé par Me De­nis Gal­lant se veut aus­si très cri­tique par rap­port aux «si­los» dans la ges­tion des dé­chets à la Ville. En ef­fet, les ar­ron­dis­se­ments sont res­pon­sables de gé­rer la col­lecte, alors que la ville-centre est res­pon­sable du bud­get et de l’éli­mi­na­tion des dé­chets. «En pro­cé­dant de la sorte, per­sonne ne s’at­tarde à la pro­ve­nance des dé­chets col­lec­tés et dé­ver­sés par SER», dé­plore le BIG.

Ques­tion­née à sa­voir si cette sé­pa­ra­tion de tâches se­rait re­vue, la mai­resse Va­lé­rie Plante a ré­pon­du qu’elle al­lait «ajus­ter le tir».

En ver­tu du rap­port du BIG, deux contrats, d’une va­leur de 35M$, ont été ré­si­liés, dont ce­lui da­tant de 2008 et d’une va­leur de 29 M$ dans Ver­dun. Mal­gré ce­la, le stra­ta­gème frau­du­leux au­ra coû­té au moins 100 000$, es­time le BIG. «S’il y a une fa­çon de ré­cu­pé­rer l’ar­gent que les Mon­tréa­lais ont payé pour d’autres mu­ni­ci­pa­li­tés, on en­vi­sage tout», a in­di­qué Mme Plante.

SUR­VEILLANCE

L’ad­mi­nis­tra­tion dit étu­dier «des op­tions tech­no­lo­giques qui per­met­traient de mieux sur­veiller et en­ca­drer la col­lecte».

Or, le rap­port du BIG a sou­li­gné que tous les ca­mions de SER étaient équi­pés de GPS puis­qu’il s’agis­sait d’une exi­gence de l’ap­pel d’offres lan­cé en 2016 pour le Sud-ouest. «Ce­pen­dant, ils n’ont été que très peu uti­li­sés. L’ins­pec­teur gé­né­ral consi­dère que le re­cours non sys­té­ma­tique, et par­fois même l’ab­sence com­plète de re­cours à ces don­nées pour­tant dis­po­nibles, a gra­ve­ment nui à une sur­veillance ef­fi­cace de l’exé­cu­tion des contrats», a men­tion­né le BIG.

Le chef de l’op­po­si­tion, Lio­nel Pe­rez, de­mande à ce qu’il «y ait plus de vi­gi­lance» de la part des uni­tés. «L’ad­mi­nis­tra­tion doit ab­so­lu­ment avoir une veille sur cet en­jeu et voir à ce que ça ne se re­pro­duise pas dans d’autres contrats, comme dans le dé­nei­ge­ment, parce que c’est la même tech­no­lo­gie», a-t-il sou­te­nu.

Mme Plante et M. Pa­ren­teau ont don­né l’exemple du sys­tème Traces Qué­bec, qui se­ra uti­li­sé pro­chai­ne­ment pour suivre les sols conta­mi­nés comme so­lu­tion à ce pro­blème. «Ça peut per­mettre un sui­vi très ser­ré du point A au point B. On peut même suivre le poids du ca­mion en di­rect», a ex­pli­qué M. Pa­ren­teau.

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