LA PREUVE QUI DOIT ÊTRE FAITE DE­VANT LE TRI­BU­NAL

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Il peut ar­ri­ver au cours de vos ac­ti­vi­tés quo­ti­diennes que vous soyez obli­gé d’avoir re­cours aux tri­bu­naux afin de ré­gler un li­tige. Les règles de preuve de­vant les tri­bu­naux sont les mêmes dans tous les dos­siers c’est-à-dire qu’il s’agisse d’un dos­sier que vous trai­te­rez per­son­nel­le­ment de­vant la Cour du Qué­bec, di­vi­sion des pe­tites créances ou dans tout autre dos­sier que vous trai­tez per­son­nel­le­ment de­vant un tri­bu­nal ou dans un dos­sier dans le­quel vous êtes re­pré­sen­té par pro­cu­reurs. Le pré­sent ar­ticle trai­te­ra prin­ci­pa­le­ment des règles de preuve de­vant un tri­bu­nal ci­vil. En ef­fet, les règles de preuve peuvent être dif­fé­rentes de­vant un tri­bu­nal qui siège en ma­tière cri­mi­nelle. À tout le moins, le far­deau de preuve de­vant un tri­bu­nal cri­mi­nel est dif­fé­rent de ce­lui qui pré­vaut de­vant un tri­bu­nal ci­vil. Tout sim­ple­ment, men­tion­nons que le far­deau de preuve de­vant un tri­bu­nal cri­mi­nel est un far­deau de preuve qui oblige le pour­sui­vant à faire de­vant le tri­bu­nal une preuve hors de tout doute rai­son­nable pour ob­te­nir un ju­ge­ment éta­blis­sant la culpa­bi­li­té de la per­sonne pour­sui­vie alors que de­vant un tri­bu­nal ci­vil, le far­deau de preuve oblige le de­man­deur à dé­mon­trer se­lon une ba­lance des pro­ba­bi­li­tés ( une pré­pon­dé­rance de preuve) que la res­pon­sa­bi­li­té d’une per­sonne doit être re­te­nue. Vous avez sû­re­ment no­té que les termes uti­li­sés de­vant un tri­bu­nal cri­mi­nel et les termes uti­li­sés de­vant un tri­bu­nal ci­vil sont dif­fé­rents. De­vant un tri­bu­nal cri­mi­nel, on em­ploie­ra les termes pour­sui­vants et culpa­bi­li­té tan­dis que de­vant un tri­bu­nal ci­vil on em­ploie­ra les termes de­man­deurs, dé­fen­deurs et res­pon­sa­bi­li­té. Dans un pro­cès de­vant un tri­bu­nal ci­vil, qui a le far­deau de prou­ver? Le far­deau de la preuve de­vant un tri­bu­nal ci­vil re­pose sur le de­man­deur. C’est le de­man­deur qui doit dé­mon­trer au tri­bu­nal que la pour­suite qu’il a in­ten­tée doit être re­te­nue.

C’est l’ar­ticle 2803 du Code ci­vil du Qué­bec qui en parle : « Ce­lui qui veut faire va­loir un droit doit prou­ver les faits qui sou­tiennent sa pré­ten­tion.

Ce­lui qui pré­tend qu'un droit est nul, a été mo­di­fié ou est éteint

doit prou­ver les faits sur les­quels sa pré­ten­tion est fon­dée. »

Dans un pro­cès de­vant un tri­bu­nal ci­vil, qui com­mence? C’est le de­man­deur qui com­mence en ex­po­sant les faits de sa cause au tri­bu­nal. Lorsque le de­man­deur a ter­mi­né sa preuve, c’est au tour du dé­fen­deur de faire va­loir ses ar­gu­ments à l’en­contre de la de­mande du de­man­deur. No­tez qu’en tout temps, les faits qu’une par­tie dé­montre au tri­bu­nal doivent être per­ti­nents au dos­sier sous étude par le tri­bu­nal. Quelles sont donc les exi­gences de preuve de­vant un tri­bu­nal ci­vil? La preuve faite de­vant le tri­bu­nal doit être la meilleure preuve que vous avez en votre pos­ses­sion. Cette preuve doit être fiable ce qui si­gni­fie que cette preuve doit être une preuve qui soit de la meilleure qua­li­té pos­sible et elle doit être vé­ri­dique. La fia­bi­li­té de la preuve of­ferte au tri­bu­nal se­ra ju­gée par le tri­bu­nal par rap­port à sa per­ti­nence aux faits que vous vou­lez dé­mon­trer au tri­bu­nal. La preuve que vous of­frez au tri­bu­nal doit être la plus par­faite et la plus com­plète. Une preuve qui est ef­fec­tuée par le té­moi­gnage d’un de vos té­moins ne peut rem­pla­cer un écrit. S’il existe un écrit, cet écrit de­meure la meilleure preuve à of­frir au tri­bu­nal. De la même fa­çon, un té­moin ne peut té­moi­gner que sur les faits dont il a eu per­son­nel­le­ment connais­sance. La preuve que vous vou­lez faire par ouï-dire se­ra en prin­cipe re­fu­sée par le tri­bu­nal. Ce­ci nous porte à vous dire que la règle de la meilleure preuve peut être in­ter­pré­tée comme étant une preuve fiable. Que veut dire la pré­pon­dé­rance de preuve de­vant un tri­bu­nal ci­vil? Pour réus­sir de­vant un tri­bu­nal ci­vil, le de­man­deur doit dé­mon­trer de fa­çon pré­pon­dé­rante que sa pré­ten­tion doit être re­te­nue par le tri­bu­nal. Il n’y a pas de règle ab­so­lue dé­mon­trant la pré­pon­dé­rance d’une pré­ten­tion. Il s’agit d’une ques­tion pra­tique qui fait ap­pel au bon sens d’une per­sonne. À titre d’exemple, on peut dire que ce qui fait le plus de sens se­ra re­te­nu. Une pré­pon­dé­rance peut se me­su­rer comme ce qui est le plus vrai­sem­blable, à plus de 50 %. Cette ap­pré­cia­tion peut va­rier d’une cause à une autre et se­lon la preuve of­ferte au tri­bu­nal d’où l’im­por­tance de tou­jours of­frir la meilleure preuve pos­sible.

De­veau, Bour­geois, Ga­gné, Hé­bert et As­so­ciés

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