DÉ­GRAIS­SER L’ÉTAT ET FAC­TU­RER LES SER­VICES

Le Nord - - POINT DE VUE - Fran­çois La­fer­rière

Tout le monde le re­con­nait main­te­nant, les fi­nances des dif­fé­rents pa­liers de gou­ver­ne­ments sont dans un état la­men­table. Les gou­ver­ne­ments tout azi­mut sont dans le rouge et vivent avec des dé­fi­cits ahu­ris­sants et in­ac­cep­tables. Le der­nier en date, Oncle Sam, a un dé­fi­cit de plus de 1,600 mil­liards de dol­lars cette an­née. Et ce n’est pas de l’ar­gent de mo­no­po­ly. Ce­la pro­vient de deux sources prin­ci­pales, les gou­ver­ne­ments sont très mal gé­rés et nous vi­vons au-des­sus de nos moyens. Ici au Qué­bec, nous avons un pro­blème sup­plé­men­taire soit ce­lui de la gra­tui­té des ser­vices à ou­trance. Le co­mi­té consul­ta­tif sur l’éco­no­mie et les fi­nances pu­bliques créé par le mi­nistre des Fi­nances Raymond Ba­chand, com­po­sé d’éco­no­mistes re­con­nus, avance des pistes de so­lu­tion dans son deuxième rap­port. Tout d’abord ser­rer la vis des dé­penses et gé­rer mieux l’ap­pa­reil gou­ver­ne­men­tal comme les mé­ga-mi­nis­tères de l’Édu­ca­tion et de la San­té, au­tre­ment dit dé­grais­ser et éli­mi­ner le « red tape » de ces ins­ti­tu­tions. Seule­ment au mi­nis­tère de la san­té, une éco­no­mie de l’ordre de 600 mil­lion$ se­rait pos­sible en abo­lis­sant les agences de la san­té et en allégeant la struc­ture ad­mi­nis­tra­tive de ce mi­nis­tère qui est em­bour­bée et qui coûte une for­tune, et ce­la, sans ef­fets sur les soins aux ma­lades. Cu­rieu­se­ment, c’est Pau­line Ma­rois qui fait cette af­fir­ma­tion. Le gou­ver­ne­ment Jean Cha­rest de­vrait en pro­fi­ter pour y faire le grand mé­nage, la chef de l’op­po­si­tion sem­blant être d’ac­cord avec cet in­dice de so­lu­tion. Le co­mi­té re­com­mande aus­si de dé­grais­ser les so­cié­tés d’État comme Hy­dro-Qué­bec et la SAQ qui vivent en­core dans le grand luxe et les dé­penses somp­tuaires. L’autre vo­let re­com­man­dé par ces éco­no­mistes est de pro­cé­der par voie de ta­ri­fi­ca­tion des ser­vices aux usa­gers plu­tôt que par une hausse des im­pôts. Au­tre­ment dit ap­pli­quer le prin­cipe fon­da­men­tal de l’uti­li­sa­teur-payeur. Quand on paye pour un ser­vice, ne se­rait-ce qu’une par­tie du coût réel, nous sommes moins por­tés à abu­ser. Pen­sons seule­ment aux soi­rées à bar ou­vert… Ici à Saint-Jé­rôme, la ville s’est dé­jà en­ga­gée dans le pro­ces­sus de la ta­ri­fi­ca­tion aux usa­gers mieux ajus­tée aux coûts réels. La ré­cente hausse du ta­rif de sta­tion­ne­ment, qui est main­te­nant har­mo­ni­sé à ce­lui des autres villes com­pa­rables au Qué­bec, est un bon geste sui­vi de la mo­di­fi­ca­tion des ta­rifs aux usa­gers pour les ac­ti­vi­tés des ate­liers cultu­rels. Les ci­toyens doivent s’ha­bi­tuer à payer pour les ser­vices qu’ils uti­lisent et les gou­ver­ne­ments à vivre se­lon leurs moyens et ces­ser de se prendre pour des Pères Noël.

FRAN­ÇOIS LAFERRIERE

fla­fer­riere@jour­nal­le­nord.com

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