LA RES­PON­SA­BI­LI­TÉ ET LES DE­VOIRS DES AD­MI­NIS­TRA­TEURS

Le Nord - - POINT DE VUE - An­nieMiller,avo­cate

Sié­ger sur un con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion, pour­quoi pas! Sa­viez­vous que non seule­ment vous avez des de­voirs en votre qua­li­té d’ad­mi­nis­tra­teur, mais que votre res­pon­sa­bi­li­té per­son­nelle peut être en­ga­gée et qu’à ce titre, la lé­gis­la­tion vous im­pute une res­pon­sa­bi­li­té qui peut s’avé­rer fort lourde. Le pré­sent texte se veut un bref sur­vol non ex­haus­tif des de­voirs et res­pon­sa­bi­li­tés de l’ad­mi­nis­tra­teur d’une com­pa­gnie au Qué­bec. Il est à no­ter que les lois cor­po­ra­tives pro­vin­ciale et fé­dé­rale ont quelques dif­fé­rences dont nous omet­tons vo­lon­tai­re­ment ici de faire état. Toute si­tua­tion pou­vant vous im­pli­quer né­ces­site une ana­lyse in­di­vi­duelle et dé­taillée qui n’est pas l’ob­jet de ce texte. Tout d’abord, l’ad­mi­nis­tra­teur doit agir per­son­nel­le­ment et dans les li­mites de ses pou­voirs. L’ad­mi­nis­tra­teur est consi­dé­ré comme un man­da­taire de la per­sonne mo­rale et il doit, dans l’exer­cice de ses fonc­tions, res­pec­ter les obli­ga­tions que la loi, l’acte consti­tu­tif et les rè­gle­ments lui im­posent. L’ad­mi­nis­tra­teur doit éga­le­ment agir avec pru­dence et di­li­gence. Ce de­voir est per­son­nel. Ain­si, c’est la ma­nière dont l’ad­mi­nis­tra­teur exé­cute ses fonc­tions et les tâches liées à son poste qui est exa­mi­née et on re­quiert de l’ad­mi­nis­tra­teur qu’il ap­porte un soin et une pru­dence rai­son­nable lors­qu’il s’ac­quitte de sa tâche en te­nant compte de son ex­pé­rience, des fonc­tions qu’il exerce au sein de la com­pa­gnie et de sa com­pé­tence. L’ad­mi­nis­tra­teur est éga­le­ment te­nu d’agir avec hon­nê­te­té et loyau­té dans l’in­té­rêt de la com­pa­gnie. Il in­combe aux ad­mi­nis­tra­teurs des de­voirs fi­du­ciaires à l’égard de la com­pa­gnie, soit : (i) agir dans l’in­té­rêt de la com­pa­gnie sans te­nir compte de son in­té­rêt per­son­nel, ( ii) de­meu­rer in­dé­pen­dant, (iii) ne pas se pla­cer dans une si­tua­tion de conflit d’in­té­rêts, et ( iv) rendre compte de tout pro­fit per­son­nel réa­li­sé grâce à sa po­si­tion au sein de la com­pa­gnie. L’ad­mi­nis­tra­teur doit s’abs­te­nir d’uti­li­ser les pou­voirs dont il dis­pose pour s’at­tri­buer un avan­tage per­son­nel, mais éga­le­ment pour avan­ta­ger d’autres per­sonnes ou groupe de per­sonnes. Avec les de­voirs viennent les res­pon­sa­bi­li­tés. La res­pon­sa­bi­li­té sta­tu­taire de l’ad­mi­nis­tra­teur est de na­ture ci­vile ou pé­nale se­lon ce qui est pré­vu à la loi ap­pli­cable. Voi­ci quelques cas pré­cis de res­pon­sa­bi­li­té sta­tu­taire ci­vile des ad­mi­nis­tra­teurs. Les lois cor­po­ra­tives (pro­vin­ciale et fé­dé­rale) pré­voient la res­pon­sa­bi­li­té de l’ad­mi­nis­tra­teur en­vers les em­ployés de la com­pa­gnie, et ce, jus­qu’à concur­rence de six (6) mois de sa­laire pour les ser­vices ren­dus pen­dant son ad­mi­nis­tra­tion. Ces mêmes lois pré­voient aus­si des règles de main­tien du ca­pi­tal de la com­pa­gnie. L’ob­jec­tif re­cher­ché par la mise en place des dis­po­si­tions lé­gis­la­tives re­la­tive au main­tien du ca­pi­tal est de s’as­su­rer que cer­taines opé­ra­tions fi­nan­cières ou tran­sac­tions sur les ac­tions ne viennent pas ré­duire ou am­pu­ter à tort la ca­pa­ci­té fi­nan­cière de la com­pa­gnie. Consé­quem­ment, la com­pa­gnie doit ren­con­trer un test de sol­va­bi­li­té et un test comp­table, se­lon le cas, si elle veut pro­cé­der aux­dites opé­ra­tions ou tran­sac­tions. Ces tests touchent no­tam­ment le versement de di­vi­dende, l’aide fi­nan­cière consen­tie à un ac­tion­naire, la ré­duc­tion du ca­pi­tal-ac­tions émis et payé et le ra­chat d’ac­tions ou l’ac­qui­si­tion de ses propres ac­tions par la com­pa­gnie. Si l’ad­mi­nis­tra­teur pro­cède à l’une ou l’autre de ces opé­ra­tions en contra­ven­tion des tests (sol­va­bi­li­té et comp­table) re­la­tifs au main­tien du ca­pi­tal, il en­court sa res­pon­sa­bi­li­té per­son­nelle re­la­ti­ve­ment aux sommes non re­cou­vrées. En ma­tière fis­cale, il existe éga­le­ment des si­tua­tions à l’égard des­quelles la res­pon­sa­bi­li­té per­son­nelle de l’ad­mi­nis­tra­teur est en­ga­gée. L’ad­mi­nis­tra­teur d’une com­pa­gnie qui omet ou né­glige de re­te­nir à la source l’im­pôt sur les sa­laires des em­ployés ou de re­mettre cet im­pôt aux au­to­ri­tés fis­cales com­pé­tentes, est te­nu per­son­nel­le­ment res­pon­sable du paie­ment de toute somme que la com­pa­gnie est te­nue de payer in­cluant les in­té­rêts et les pé­na­li­tés s’y rat­ta­chant. Pre­nez note que cette res­pon­sa­bi­li­té s’étend au-de­là de l’im­pôt sur les sa­laires et touche d’autres types de re­te­nues à la source (D.A.S.). pré­voit elle aus­si une res­pon­sa­bi­li­té per­son­nelle de l’ad­mi­nis­tra­teur, le­quel se­ra te­nu de payer la T.P.S. que la com­pa­gnie n’au­ra pas ver­sée et re­mise, in­cluant tous les in­té­rêts et pé­na­li­tés ap­pli­cables. Nous vous in­vi­tons à consi­dé­rer votre fonction d’ad­mi­nis­tra­teur d’une com­pa­gnie avec sé­rieux et à vous as­su­rer du res­pect de vos de­voirs et obli­ga­tions.

De­veau, Bour­geois, Ga­gné, Hé­bert et As­so­ciés

Un sta­tion­ne­ment

On se rap­pel­le­ra que c’est en juillet der­nier que les au­to­ri­tés de Saint-Jé­rôme avaient dé­ci­dé d’al­ler de l’avant dans l’ac­qui­si­tion de l’em­pla­ce­ment du ma­ga­sin Mau­rice, à deux pas du Vieux-Pa­lais. À cet ef­fet, on avait vo­té

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