LE FRAN­ÇAIS DOIT ÊTRE PRO­TÉ­GÉ

Le Nord - - POINT DE VUE -

Qui­conque cir­cule à Mon­tréal, non seule­ment dans l’ouest de la ville, constate que l’usage du fran­çais comme pre­mière langue d’ex­pres­sion est en ré­gres­sion. On peut fonc­tion­ner en an­glais sans au­cun em­bê­te­ment. Dans plu­sieurs en­droits, nous sommes abor­dés en an­glais d’abord et nous de­vons de­man­der à être ser­vis en fran­çais. Oui, ce­la se passe à Mon­tréal, chez nous, où le fran­çais est la langue of­fi­cielle. Au gou­ver­ne­ment du Québec, ce­la fait deux ans que la mi­nistre res­pon­sable de la Charte de la langue fran­çaise, Mme Ch­ris­tine Saint-Pierre, s’est en­ga­gée à ce que l’État donne l’exemple quant à l’uti­li­sa­tion du fran­çais. Pour­tant, d’après Le De­voir, rien n’a vrai­ment chan­gé. À la Com­mis­sion de la san­té et de la sé­cu­ri­té du tra­vail et à la Ré­gie de l’as­su­rance ma­la­die du Québec, entre autres, l’on vient d’émettre des di­rec­tives pour que les ser­vices soient don­nés en fran­çais d’abord. C’est deux ans plus tard, pas vite la mi­nistre! Ce­la veut dire que les al­lo­phones et les im­mi­grants se rendent bien compte qu’ici, on peut vivre en an­glais, sans pro­blèmes et que le fran­çais n’est qu’une «autre langue», pas es­sen­tielle. La mi­nistre Saint-Pierre fait des voeux pieux et elle n’est pas convain­cante et for t pro­ba­ble­ment pas convain­cue de la né­ces­si­té de pro­té­ger le fran­çais pour conser­ver notre culture et notre iden­ti­té. Ja­mais nous n’avons eu une mi­nistre aus­si faible dans cette fonc­tion. Le gou­ver­ne­ment li­bé­ral dans son ob­jec­tif louable de cou­per les dé­penses sup­prime des cours de fran­çais of­ferts aux im­mi­grants en men­tion­nant que ces cours sont dis­po­nibles sur in­ter­net et ailleurs. Ce­la dé­montre que la pro­tec­tion du fran­çais n’est pas prio­ri­taire pour les li­bé­raux. Tran­quille­ment, sour­noi­se­ment, l’an­glais ac­cen­tue sa do­mi­na­tion au Québec et le gou­ver­ne­ment laisse faire. Jean Cha­rest ne re­con­nait même pas que le fran­çais ré­gresse à Mon­tréal, c’est tout dire sur son at­ti­tude et celle de son gou­ver­ne­ment. Alors na­tu­rel­le­ment, ailleurs au Ca­na­da, on se ques­tionne sur la né­ces­si­té du bi­lin­guisme pour les juges de la Cour su­prême. Jean Cha­rest n’est pas dan­ge­reux comme dé­fen­seur du fran­çais, alors on peut se per­mettre. La pro­tec­tion ab­so­lue du fran­çais comme langue of­fi­cielle, d’usage de tous les jours, pour l’État et la po­pu­la­tion est une prio­ri­té et une né­ces­si­té au Québec. Le gou­ver­ne­ment, même li­bé­ral et fé­dé­ra­liste, doit s’as­su­rer de l’ap­pli­ca­tion ri­gou­reuse de la loi 101 et même la ren­for­cer au be­soin. C’est son pre­mier de­voir.

François La­fer­rière

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