EM­PRUN­TER POUR DON­NER

Le Nord - - POINT DE VUE - François La­fer­rière

Êtes-vous prêts à em­prun­ter ou prendre une hy­po­thèque sur votre mai­son pour faire des dons à Cen­traide ou d’autres or­ga­nismes aux visées les plus louables les unes que les autres? La ques­tion n’est pas si lou­foque et mé­rite ré­flexion. C’est ce que font sys­té­ma­ti­que­ment à l’échelle mon­diale la très grande ma­jo­ri­té des pays dits évo­lués du monde ca­pi­ta­liste. Les pays, les pro­vinces, les mu­ni­ci­pa­li­tés em­pruntent pour toutes les rai­sons ima­gi­nables mais prin­ci­pa­le­ment pour bâ­tir les in­fra­struc­tures et of­frir les ser­vices à la po­pu­la­tion dont la san­té, l’édu­ca­tion, la culture etc. Mais aus­si pour don­ner à l’aide in­ter­na­tio­nale, comme avec de l’ar­gent de mo­no­po­ly. Mais il faut bien payer un jour ces em­prunts ou à tout le moins les in­té­rêts, comme chaque in­di­vi­du avec ses propres dettes. En cas d’in­ca­pa­ci­té de payer, c’est la faillite. On le voit main­te­nant avec la Grèce, la ban­que­route est pos­sible pour un pays. Oui, oui. Le ré­veil est bru­tal pour les pays eu­ro­péens mais aus­si pour le reste de la pla­nète car avec la zone eu­ro, tous ceux qui par­tagent cette mon­naie sont dans le même ba­teau. Si un pays me­nace de cou­ler, les autres se­ront écla­bous­sés et sé­rieu­se­ment. Avec la mon­dia­li­sa­tion, les dis­tances n’existent plus en finance. Les banques du reste du monde ont pla­cé de l’ar­gent en Eu­rope, ont prê­té aux pays comme la Grèce. Si vous avez de l’ar­gent dans les fonds com­muns de pla­ce­ments qui dé­tiennent presque tous des in­té­rêts dans les banques, vous aus­si êtes im­pli­qués. Mais pas de pa­nique les membres de la zone eu­ro ont créé un fond, avec de l’ar­gent em­prun­té ou des ga­ran­tis de prêts de 1,000,000,000,000$ ou 1,000 mil­liards de dol­lars. Un chiffre aus­si énorme est plus fa­cile à lire en lettres qu’en chiffres. La faillite de la Grèce et des autres pays sur le bord de la ban­que­route a été cau­sée par des dé­penses trop éle­vées pour leurs re­ve­nus, une ges­tion gou­ver­ne­men­tale pour­rie quand ce n’est pas la cor­rup­tion ou un mé­lange des trois. Il faut vivre se­lon nos moyens, comme in­di­vi­dus et comme so­cié­té. Il faut s’of­frir les ser­vices que nous pou­vons nous payer. Pré­sen­te­ment, nous vi­vons ici au Québec et au Ca­na­da au-des­sus de nos moyens. Nous em­prun­tons pour payer l’épi­ce­rie. C’est ce qu’ont fait la Grèce et les autres, mais à l’ex­trême. Ils sont en ban­que­route. Si nos gou­ver­ne­ments ne donnent pas un coup de barre dras­tique, nous ris­quons de nous re­trou­ver dans la même si­tua­tion. Nous pour­rions peut-être com­men­cer par ces­ser d’em­prun­ter pour don­ner à ou­trance à l’aide in­ter­na­tio­nale, cou­per les dé­penses non es­sen­tielles et gé­rer l’État avec aus­té­ri­té. Mais pour ce faire, ce­la prend du cou­rage po­li­tique et c’est une den­rée rare, c’est plus fa­cile d’em­prun­ter!

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