À L’INS­TAR DES AUTRES COM­MIS­SIONS SCO­LAIRES, LA CSRDN DÉ­PENSE TROP!

Le Nord - - POINT DE VUE - Jean Du­mais, pré­sident Syn­di­cat de l’en­sei­gne­ment, de la Ri­vière-du-Nord.

Tout ré­cem­ment, le vé­ri­fi­ca­teur gé­né­ral du Québec, M. Re­naud La­chance, re­met­tait un rap­port qui lais­sait clai­re­ment en­tendre que les dé­penses de na­ture ad­mi­nis­tra­tive sont trop éle­vées dans les com­mis­sions sco­laires. Il sou­li­gnait même que « plu­sieurs mil­lions de dol­lars pour­raient être éco­no­mi­sés ». Plus en­core, tou­jours se­lon ce vé­ri­fi­ca­teur, « les com­mis­sions sco­laires ont peu d’in­té­rêt par rap­port à la ges­tion des frais d’ad­mi­nis­tra­tion ». Ce rap­port a même fait l’ob­jet d’un édi­to­rial dans le jour­nal La Presse du 15 mai der­nier et les pro­pos de François Car­di­nal étaient à l’ef­fet que la Fé­dé­ra­tion des com­mis­sions sco­laires avait in­té­rêt à faire son mé­nage! Plus d’une fois, au Syn­di­cat de l’en­sei­gne­ment de la Ri­vière-du-Nord,nous avons dé­non­cé l’in­fla­tion qui touche no­tam­ment l’or­ga­ni­gramme de la Com­mis­sion sco­laire de la Ri­vière-du-Nord, alors que de nou­veaux postes de ges­tion­naires sont cons­tam­ment créés, mais que les be­soins non com­blés sont criants dans les écoles et les centres. C’est bien connu qu’il est plus fa­cile d’en­ga­ger ou de rem­pla­cer un di­rec­teur gé­né­ral ad­joint que de rem­pla­cer un en­sei­gnant-or­tho ou une tech­ni­cienne en édu­ca­tion spé­cia­li­sée en sup­port aux élèves en dif­fi­cul­té à notre com­mis­sion sco­laire. On sait tous aus­si que la créa­tion d’un poste quel­conque de cadre se fait plus ra­pi­de­ment que l’ou­ver­ture d’une classe dé­diée aux élèves han­di­ca­pées ou en dif­fi­cul­té d’ap­pren­tis­sage par exemple. Ce qui nous in­ter­pelle dans notre ques­tion­ne­ment de ce jour, c’est que plus d’une fois, la di­rec­tion gé­né­rale de la CSRDN nous a ré­pon­du que les frais ad­mi­nis­tra­tifs re­pré­sentent en­vi­ron 5,9 % de ses dé­penses, ce qui se­rait, pa­raît-il, rai­son­nable pour une or­ga­ni­sa­tion pu­blique. Cette ré­ponse, il ap­pert que notre em­ployeur s’en sa­tis­fait, à l’ins­tar de sa fé­dé­ra­tion (FCSQ) et même de la mi­nistre Cour­chesne, qui ré­fé­rait, quant à elle, à une cer­taine nor­ma­li­té à 5,6%… Pour­tant, l’ar­gent consa­cré à ce poste bud­gé­taire re­pré­sente tout de même une dé­pense sup­plé­men­taire de plus de deux mil­lions de pré­cieux dol­lars de plus qu’en 2005-2006 se­lon le rap­port an­nuel que la Com­mis­sion sco­laire a ré­cem­ment dif­fu­sé (11 242 812$ en 2005-2006 vs 13 289 704$ en 2008-2009 ). Peut-on consta­ter que ces 2 M$ sup­plé­men­taires dé­pen­sés à l’ad­mi­nis­tra­tion ont per­mis une hausse des taux de réus­site et de per­sé­vé­rance des élèves? La ré­ponse est simple : ab­so­lu­ment pas, il y avait même plus de dé­cro­cheurs en 2007 qu’en 2006 (38 % en 2007 vs 37 % en 2006)! Le SERN peut bien cri­ti­quer, dé­non­cer sur la place pu­blique, in­ter­pel­ler ses membres et la po­pu­la­tion, ça vaut ce que ça vaut, di­ront cer­tains. « Le chien aboie, la ca­ra­vane passe », dit le pro­verbe. Conve­nons tou­te­fois que si le SERN n’y ar­rive pas, le rap­port du vé­ri­fi­ca­teur gé­né­ral de­vrait mi­ni­ma­le­ment ame­ner nos di­ri­geants à ques­tion­ner leurs pra­tiques en ma­tière de ges­tion. Peut-être alors que l’ar­gent qui de­vrait vé­ri­ta­ble­ment ser­vir à l’édu­ca­tion abou­ti­rait-il à la bonne place : dans nos classes!

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.