SYMP­TÔMES À PRENDRE À COEUR

Les femmes qué­bé­coises au­raient tout avan­tage à se mé­fier des ma­la­dies car­diaques, sur­tout quand elles pensent qu’il faut avoir at­teint la soixan­taine avant d’en être vic­times.

Le Nord - - SPÉCIAL «BOOMERS» - LA­POINTE MY­CHEL

En fait, les femmes conti­nuent de croire qu’elles sont sur­tout me­na­cées par le can­cer du sein et elles connaissent bien les sta­tis­tiques vou­lant qu’une femme sur huit en soit at­teinte au cours de sa vie. Par contre, elles ignorent dans une forte pro­por­tion qu’une femme sur trois mour­ra du coeur.

10 fois plus

Pour­tant, se­lon Sta­tis­tique Ca­na­da, les femmes meurent 10 fois plus d’une ma­la­die car­diaque que de toute autre ma­la­die. Qui plus est, l’or­ga­nisme fé­dé­ral pré­voit que les dé­cès par ma­la­die car­diaque chez les femmes aug­men­te­ront de 28 % au cours des pro­chaines an­nées, alors que ce taux de­meu­re­ra stable chez les hommes.

At­ten­tion aux symp­tômes!

Mais pour­quoi donc les femmes se­ront-elles em­por­tées plus que les hommes par une his­toire de coeur? L’une des ex­pli­ca­tions tient peut-être au manque de connais­sances, tant chez les femmes elles-mêmes que chez les pro­fes­sion­nels de la san­té, en ce qui concerne la ma­la­die car­diaque fé­mi­nine. Les symp­tômes de la ma­la­die, en ef­fet, ne sont pas les mêmes pour la femme et pour l’homme, ceux de l’homme étant lar­ge­ment connus. Dou­leur au tho­rax, dou­leur au bras gauche qui ir­ra­die dans le cou et la mâ­choire, souffle court, fa­tigue, sueurs froides : 8 fois sur 10, c’est ce qu’un homme au bord de l’in­farc­tus pré­sente comme symp­tômes; chez une femme, 2 fois sur 10 seule­ment.

Symp­tômes fé­mi­nins

Les symp­tômes fé­mi­nins com­mencent à res­sem­bler à ceux de l’homme à par­tir de 70 ans seule­ment, pour des rai­sons que les mé­de­cins ignorent en­core. « Quand une femme parle de ses symp­tômes au mé­de­cin, ce­lui-ci juge sou­vent que ce sont les nerfs ou de l’hy­po­con­drie. Quand elle ar­rive à l’ur­gence de­vant l’im­mi­nence d’un in­farc­tus, elle se fait sou­vent dire : nous ne sa­vons pas ce que vous avez », ajoute la car­dio­logue Thao Huynh, qui tra­vaille à l’Hô­pi­tal gé­né­ral de Mon­tréal, en­seigne à la fa­cul­té de mé­de­cine de l’Uni­ver­si­té McGill et s’in­té­resse de près à la san­té car­dio­vas­cu­laire des femmes de­puis 10 ans En outre, la car­dio­logue in­vite les femmes qui ne fument pas, n’ont ni dia­bète ni his­toire fa­mi­liale re­dou­table à se dé­tendre. Elle les in­vite éga­le­ment à res­ter at­ten­tives aux symp­tômes d’ordre gas­trique : ce sont les plus fré­quents in­di­ca­teurs de ma­la­die car­diaque chez les femmes.

Pla­quettes dif­fuses

Par ailleurs, les fa­meuses pla­quettes de graisse qui ta­pissent les ar­tères dif­fèrent aus­si chez les deux sexes. On sait qu’elles se dé­posent par en­droits lo­ca­li­sés chez les hommes et, quand elles se dé­tachent, c’est l’in­farc­tus po­ten­tiel. Chez les femmes, les pla­quettes ont ten­dance à se ré­pandre uni­for­mé­ment sur toute la lon­gueur des ar­tères, ce qui pose des pro­blèmes sup­plé­men­taires. Par exemple, pen­dant une an­gio­gra­phie, la ca­mé­ra qui se pro­mène dans les ar­tères à la re­cherche de blo­cages ne trouve pas for­cé­ment de pla­quettes si­gni­fi­ca­ti­ve­ment grosses chez la femme.

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