GES­TION­NAIRES D’ÉTAT DE­MAN­DÉS

Le Nord - - ACTUALITÉS -

La sor­tie mé­dia­tique de la ren­contre chez l’ex-mi­nistre François Legault, il y a quelques jours, a sus­ci­té des com­men­taires aus­si nom­breux et di­ver­si­fiés que si la créa­tion d’un nou­veau par­ti po­li­tique avait été an­non­cée. Ce­la dé­montre bien l’énorme vide exis­tant sur l’échi­quier po­li­tique du Québec. Ja­mais de mé­moire des 40 der­nières an­nées, les par­tis po­li­tiques pro­vin­ciaux n’ont été for­més et di­ri­gés par une classe po­li­tique aus­si faible, et il faut le dire, do­tée d’une aus­si mau­vaise ré­pu­ta­tion par­mi la po­pu­la­tion. Les li­bé­raux de Jean Cha­rest sont em­pê­trés dans une ges­tion pu­blique in­co­hé­rente, in­ca­pables de prendre des dé­ci­sions dans des délais nor­maux sans de­voir pas­ser par des consul­ta­tions po­pu­laires à n’en plus fi­nir et sans chan­ger d’idée comme de che­mise. On di­rait qu’ils ont hé­ri­té du PQ la ma­la­die de la «consul­tite». Au moins, les pé­quistes fi­nis­saient par prendre des dé­ci­sions et à les ap­pli­quer. Les cas du CHUM, de l’aban­don du pro­jet de ca­si­no à Mon­tréal, de la ré­or­ga­ni­sa­tion des fi­nances pu­bliques, de l’oc­troi du contrat des voi­tures du mé­tro de Mon­tréal ne sont que des exemples de la valse hé­si­ta­tion éri­gée en mode de ges­tion. Ce­la fait vrai­ment pi­tié à voir et à su­bir comme ci­toyen. Le Québec re­cule et il ne semble pas y avoir de re­lève po­li­tique à l’in­té­rieur des 2 par­tis conven­tion­nels. Der­rière Jean Cha­rest, il y a bien 4 ou 5 deuxièmes, mais pas de lea­der digne de ce nom qui s’an­nonce.

Au PQ, nor­ma­le­ment, avec la fai­blesse du par­ti au pou­voir et les odeurs de cor­rup­tion per­sis­tantes, Mme Marois de­vrait dis­tan­cer lar­ge­ment les li­bé­raux et se po­si­tion­ner pour une vic­toire fa­cile aux pro­chaines élec­tions. Mais voi­là, la chef pé­quiste est aus­si pas­sée date que Jean Cha­rest et sa dé­pu­ta­tion brille par sa fai­blesse re­mar­quable. Mme Marois n’a pas su s’im­po­ser comme LA so­lu­tion de re­change avec force. Si elle prend le pou­voir, ce se­ra par dé­faut. De là l’ou­ver­ture béante pour un nou­veau par­ti po­li­tique et les François Legault et Jo­seph Facal qui veulent sor­tir de leur ré­serve. C’est une ex­cel­lente nou­velle. Si ces mes­sieurs peuvent s’al­lier des ges­tion­naires de pre­mier plan qui ont fait leurs preuves, sur­tout dans le sec­teur pri­vé, tout est pos­sible et sou­hai­table. Le Québec ne peut pas conti­nuer d’être gou­ver­né aus­si fai­ble­ment. Tout est à la dé­rive. François Legault en par­lant de <dé­clin tran­quille> du Québec en op­po­si­tion avec la ré­vo­lu­tion tran­quille des an­nées ’60 avait mis le doigt sur le bo­bo. La bonne nou­velle dans tout ce­la est aus­si l’aban­don du dé­bat iden­ti­taire, dont la ma­jo­ri­té de la po­pu­la­tion est fa­ti­guée, qui se­rait une réa­li­té pour le nou­veau groupe po­li­tique en ges­ta­tion. Le Québec a be­soin de ges­tion­naires d’État de ca­libre qui se­ront ca­pables de prendre des dé­ci­sions et de les mettre en ap­pli­ca­tion ra­pi­de­ment. Si l’an­cien dé­pu­té de Rous­seau, dont fait par­tie Sain­teSo­phie, dé­cide de faire le saut et de re­ve­nir comme chef d’un nou­veau par­ti po­li­tique avec une équipe so­lide, il de­vien­dra une al­ter­na­tive sé­rieuse à la gou­ver­nance du Québec. D’ailleurs, un son­dage Lé­ger mar­ke­ting pu­blié dans un quo­ti­dien hier donne 30% des votes au par­ti hy­po­thé­ti­que­ment créé et di­ri­gé par François Legault. Ain­si, avant sa créa­tion, ce nou­veau par­ti au­rait le pou­voir à por­tée de main, du ja­mais vu. Quant à moi, j’es­père sin­cè­re­ment que mes­sieurs Legault et Facal dé­ci­de­ront de don­ner en­core quelques an­nées à la po­li­tique. Le Québec en a un urgent be­soin.

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