-Fé­lixLe­clerc

Le Nord - - COMMUNAUTAIRE -

Lors­qu’il se pré­sente au che­vet d’un mou­rant, Be­noît Gué­vin connait le mot juste. Le pré­sident de l’or­ga­nisme Al­ba­tros 14 parle dou­ce­ment, d’un ton ras­su­rant. Il sait trans­mettre son amour de la vie. Il ef­face la peur et l’in­cer­ti­tude. « Lorsque je ren­contre un in­di­vi­du en fin de vie, je me dois de res­pec­ter un cer­tain pro­to­cole. Je m’ap­proche de lui et me nomme. Je lui de­mande en­suite ce dont il a be­soin. Je tente évi­dem­ment de ré­pondre à ses at­tentes. Sou­vent, le pa­tient sou­haite se confier à moi. Je l’écoute. En­suite, je peux lui te­nir la main et res­ter près de lui. L’im­por­tant est de ne pas lais­ser un mou­rant par­tir seul » , ex­plique M. Gué­vin.

L’Al­ba­tros dé­ploie

ses ailes

Le ré­sident de Ter­re­bonne en a vu des per- sonnes dé­lais­sées, li­vrées à elle-même, à la veille de la mort. Il a pra­ti­qué le mé­tier d’in­fir­mier pen­dant 35 ans, dans plus d’une di­zaine d’ins­ti­tu­tions, hô­pi­taux, CHSLD et centres d’ac­cueil. Une fois re­trai­té, il a vou­lu conti­nuer d’oeu­vrer au­près des gens et ten­ter de faire en sorte que plus per­sonne ne ferme les yeux en so­lo. Pour ce faire, il a fon­dé, en 1992, l’or­ga - nisme Al­ba­tros 14. Avec la col­la­bo­ra­tion de plu­sieurs bé­né­voles, M. Gué­vin offre un ser­vice d’ac­com­pa­gne­ment aux adultes en fin de vie. Ils ren­contrent les per­sonnes âgées, mais aus­si celles at­teintes de ma­la­dies graves. Son équipe offre éga­le­ment un sui­vi à ceux et celles qui doivent vivre avec le deuil. Al­ba­tros 14 couvre les MRC Les Mou­lins et L’As­somp­tion.

Une étape de la vie

La mort, M. Gué­vin l’a cô­toyée sou­vent. Il l’a apprivoisé. Se­lon lui, elle re­pré­sente une étape de la vie. Il cite d’ailleurs la pièce La vie, l’amour, la mort de Fé­lix Le­clerc: « C’est grand la mort, c’est plein de vie » . Cette ligne de pen­sées l’amène à se mon­trer en désac­cord avec l’eu­tha­na­sie et le sui­cide as­sis­té. Néan­moins, il consi­dère im­por­tant de dé­battre de l’en­jeu. Il y a un mois, il trans­met­tait par cour­riel sa fa­çon de voir les choses à la Com­mis­sion « Mou­rir dans la di­gni­té » .

La voie du sup­port mo­ral

Se­lon l’in­fir­mier, pour amé­lio­rer les condi­tions de vie d’une per­sonne mou­rante, il se­rait es­sen­tiel de mi­ser sur le sup­port mo­ral. Il consi­dère que dans cer­taines mai­sons de soins pal­lia­tifs, par exemple, on offre de bons soins phy­siques, mais très peu de psy­cho­lo­giques. « On manque d’ef­fec­tif et on ne fait pas as­sez ap­pel aux bé­né­voles » , ap­puie-t-il. Se­lon lui, les bé­né­voles pour­raient contri­buer à pal­lier à ce manque. Si l’eu­tha­na­sie et le sui­cide as­sis­té de­ve­naient lé­gaux, ils de­vraient être ré­gis par une loi bien dé­fi­nie croit M. Gué­vin. D’après lui, ce pro­jet ne se­ra pas com­plé­té avant très long­temps. Et si ja­mais ce­la de­vait se concré­ti­ser, le bé­né­vole ne chan­ge­rait en rien sa dé­marche au­près des pa­tients qu’il ac­com­pagne. Pour en sa­voir da­van­tage sur l’or­ga­nisme Al­ba­tros 14: 450 966-9508 ou www.al­ba­tros14.com.

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