Eric La­pointe au Pa­triote

Le Nord - - ACTUALITÉS - PA­TRICK VOYER

Jean-Tho­mas Jo­bin ne pen­sait ja­mais at­ti­rer au­tant de spec­ta­teurs (plus de 60 000) avec sa pre­mière ab­surde tour­née, mais avec son deuxième show, Sou­le­vez des Cor­ne­liu, il croit en­core que le «faux mi­racle» se pro­dui­ra. Il se­ra à la salle An­dré-Pré­vost le 1er avril, à 20h, pour ce se­cond tour de piste où l’ab­surde, bien que plus do­sée, se­ra bien pré­sente. Le point de dé­part fut la sur­prise, celle du pu­blic trom­pé par les 10 000 dé­tours du «per­son­nage» non­cha­lant et bi­zarre de Jean-Tho­mas Jo­bin, mais sur­tout celle de l’ar­tiste lui-même. «J’ai vou­lu faire un show qui me sur­prend et qui les sur­prend, car en ab­surde, c’est im­por­tant que les gens trouvent pas que tu es pré­vi­sible si­non ils ne sont pas sur­pris et ne rient pas. Le rire vient de l’ef­fet de sur­prise. Alors je dois prendre des risques pour ne pas être pa­res­seux, es­sayer des af­faires, sans zone de confort.» Et tout ce­la en ne se dé­na­tu­rant pas et en écou­tant da­van­tage les ré­ac­tions de la foule. Le grand fan d’An­dy Kauff­man ne dé­si­rait pas non plus un show her­mé­tique, dé­jà que son ab­sur­di­té dé­clenche des le­vers de sour­cils! Le «per­son­nage» s’ou­vri­ra ain­si plus, en trai­tant de su­jets ac­ces­sibles: 1er coup de foudre, les ré­seaux so­ciaux, pas­sion pour James Bond, ré­in­car­na­tion, trame de fond de film po­li­cier, JeanT­ho­mas ra­tisse large. «Quand le per­son­nage tombe, c’est une clé pour le pu­blic, qui peut sai­sir l’in­sai­sis­sable! Je me suis ren­du compte à l’écri­ture que le per­son­nage est moins stoïque, il est plus en mode com­men­taire avec son al­ter ego… Bon, le cô­té “sur sa pla­nète-cé­ré­bral-li­mite au­tiste” est en­core là, mais moins…» En tout cas, in­utile de cher­cher cent ans pour com­prendre le titre de son show. L’af­fiche est as­sez élo­quente: Jean-Tho­mas « Louis Cyr » Jo­bin en col­lants léo­pard en train de sou­le­ver trois Cor­ne­liu (le chan­teur). Pour­quoi Cor­ne­liu? Il ai­mait ce nom et sa «tête de con» lui dic­tait ce choix. Sa deuxième op­tion était «Na­nette»… Le lon­gi­ligne far­ceur sait bien qu’il a pro­vo­qué une ma­rée de cu­rio­si­tés il y a quelques an­nées lors de son in­cur­sion dans une in­dus­trie do­mi­née par un hu­mour plus réa­liste. Un cré­neau nais­sait, par­ta­gé avec quelques-uns, dont les De­nis Dro­let. Une niche pas né­ces­sai­re­ment grand pu­blic, mais que peut-il bien y faire, lui pour qui l’hu­mour a été un pro­jet de vie ac­ci­den­tel? « Bon, c’est sûr que c’est un style d’hu­mour qui fe­ra ja­mais l’una­ni­mi­té, je n’ai pas cette pré­ten­tion, concè­det-il. Il y a plu­sieurs per­sonnes qui n’étaient pas ve­nues voir mon pre­mier show et qui ont vu mon deuxième grâce au bouche à oreille. Cer­tains se sont ren­du compte que c’était pas pour eux, ils sont res­tés bête! Mais ceux qui étaient fa­mi­liers avec mon style ap­pré­cient, ils ne sont pas trop dé­pay­sés.» «Mais je pars le deuxième (il en est à 15 re­pré­sen­ta­tions) sans trop avoir d’at­tentes, pour ne pas être dé­çu. Peu­têtre que plu­sieurs per­sonnes vont juste vou­loir sa­voir qui est cette bi­bitte ab­surde-là, donc je n’ai au­cune at­tente, seule­ment de don­ner le meilleur show pos­sible » , conclut un Jean-Tho­mas un brin as­sa­gi que l’on peut ad­mi­rer en père poule sur son site web!

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