VOTRE TRÉ­SO­RE­RIE, VOYEZ-Y!

Ges­tion mé­tho­dique

Le Nord - - SEMAINE DES PME -

Alexandre Bas­tide, pré­sident d’Un­der­world Ska­te­board,peut en té­moi­gner.Ce jeune en­tre­pre­neur a ou­vert sa pre­mière bou­tique à Mon­tréal, en 1995, alors qu’il n’avait que 19 ans. De­puis, beau­coup de ses concur­rents ont fer­mé leurs portes pour des rai­sons, es­time-til, mal­heu­reu­se­ment trop ré­pan­dues. «Pas de plan d’af­faires, pas de bud­get d’achats et trop de stocks », dit M. Bas­tide, qui vend des planches à rou­lettes, des ac­ces­soires et des vê­te­ments. « Je n’étais guère mieux pré­pa­ré à mes dé­buts. Les pre­mières an­nées, je me suis lais­sé gui­der par mon ins­tinct plu­tôt que par un bud­get. Ça a mar­ché, mais j’ai eu de la chance. » M.Bas­tide a ou­vert de­puis une deuxième bou­tique à Van­cou­ver. Il prêche main­te­nant pour une ges­tion mé­tho­dique de la tré­so­re­rie, ar­guant que l’in­tran­si­geance des four­nis­seurs, l’ex­trême pru­dence des ban­quiers et la concur­rence fé­roce des grandes sur­faces ne laissent plus le choix. L’une de ses prin­ci­pales stra­té­gies consiste à nouer d’ex­cel­lentes re­la­tions avec les four­nis­seurs — condi­tion in­dis­pen­sable pour né­go­cier des mo­da­li­tés de paie­ment plus avan­ta­geuses quand les li­qui­di­tés se font rares. L’ar­gent est roi est une af­fir­ma­tion qui ne date pas d’hier. Elle fait par­tie de l’abc des af­faires. Il suf­fit en ef­fet de ta­per « ges­tion de la tré­so­re­rie » dans Google pour trou­ver, par­mi les 1 440 000 ré­sul­tats af­fi­chés, une mul­ti­tude de conseils ju­di­cieux pour ré­gler tous vos pro­blèmes de tré­so­re­rie. «Cette masse d’in­for­ma­tion se­ra d’une uti­li­té li­mi­tée pour votre en­tre­prise si vous ne com­pre­nez pas com­ment l’ar­gent y entre et en sort »,met en garde Ed­mée Mé­ti­vier,vice-pré­si­dente exé­cu­tive,Fi­nan­ce­ment et Consul­ta­tion à la Banque de dé­ve­lop­pe­ment du Ca­na­da (BDC). « Les re­cettes pour gé­rer la tré­so­re­rie abondent. Le hic, c’est que trop d’en­tre­pre­neurs ignorent com­ment les adap­ter à leurs propres ac­ti­vi­tés. » En ma­tière de tré­so­re­rie, Mme Mé­ti­vier af­firme que les en­tre­pre­neurs doivent avant tout sai­sir et adop­ter trois prin­cipes : 1. Com­prendre les ren­trées et les sor­ties de fonds au sein de votre en­tre­prise, et com­ment elles fluc­tuent en cours d’an­née. 2. Pré­pa­rer des pré­vi­sions de tré­so­re­rie sur 12 mois et les ac­tua­li­ser conti­nuel­le­ment. Voyez ces pré­vi­sions comme un ou­til d’alerte avan­cée qui vous ai­de­ra à dis­po­ser de li­qui­di­tés suf­fi­santes pour sur­mon­ter les pé­riodes de ra­len­tis­se­ment. 3. Si vous ne com­pre­nez rien aux points 1 et 2, ob­te­nez l’aide d’un spé­cia­liste. Votre en­tre­prise en dé­pend. En clair, un flux mo­né­taire po­si­tif si­gni­fie que les en­cais­se­ments de votre en­tre­prise sont su­pé­rieurs à ses dé­cais­se­ments. Ce­la peut pa­raître sim­pliste. Pour­tant, l’in­suf­fi­sance de li­qui­di­tés pour ac­quit­ter les comptes de­meure l’un des fac­teurs d’échec les plus fré­quents chez les en­tre­prises. «Il existe, en af­faires, cer­taines règles es­sen­tielles in­con­tour­nables aux­quelles, mal­heu­reu­se­ment, trop de gens se sous­traient », in­dique Pe­ter Brown, lea­der na­tio­nal, Ser­vices aux so­cié­tés pri­vées chez De­loitte. M.Brown sou­ligne qu’au­cune en­tre­prise n’est im­mu­ni­sée contre les im­pacts d’une ré­ces­sion ou d’un dol­lar ca­na­dien fluc­tuant. Mais, dans la plu­part des cas, les mou­ve­ments de tré­so­re­rie sont pré­vi­sibles. «Il est im­por­tant de sur­veiller les in­di­ca­teurs-clés de votre en­tre­prise — par exemple, votre solde ban­caire, le taux de ro­ta­tion des comptes clients et des stocks et la crois­sance des ventes, dit-il. Un sui­vi quo­ti­dien at­ten­tif de ces pa­ra­mètres ai­de­ra à pré­dire si votre en­tre­prise risque d’éprou­ver des pro­blèmes de tré­so­re­rie. » Il existe des moyens pra­tiques de pa­rer aux dé­fi­cits de tré­so­re­rie cy­cliques. Se­lon Mme Mé­ti­vier, les en­tre­prises peuvent, par exemple, of­frir des ré­duc­tions aux clients qui paient ru­bis sur l’ongle. Ob­te­nir une marge de cré­dit ou un prêt à terme consti­tue une autre op­tion. N’al­lez tou­te­fois pas frap­per à la porte de votre ban­quier lorsque votre en­tre­prise est dans le rouge, in­siste Mme Mé­ti­vier. « Faites des dé­marches quand votre bi­lan est so­lide. » Source: Banque de dé­ve­lop­pe­ment du Ca­na­da (BDC)

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