JACK L’ÉVEN­TREUR EST DE RE­TOUR !

Spé­cia­liste de Jack l’éven­treur, un étu­diant au doc­to­rat en cri­mi­no­lo­gie a été inculpé ré­cem­ment en An­gle­terre du meurtre de trois femmes.

Le Nord - - HISTOIRE DE CRIMES - BOU­RAS­SA JO­CE­LYN

Les vic­times vi­vaient à Brad­ford, ville en dé­clin au Nord de l’An­gle­terre. Les meurtres s’étalent de juin 2009 à la se­maine der­nière. Le sus­pect, Ste­phen Grif­fiths 40 ans, vi­sait les pros­ti­tuées. Exac­te­ment comme Jack l’éven­treur! L’homme était un voi­sin du re­fuge des pros­ti­tuées. Exac­te­ment comme Jack l’éven­treur! Dans les eaux de la ri­vière tra­ver­sant Brad­ford, les po­li­ciers ont trou­vé les restes de la der­nière vic­time. Tout laisse croire que Grif­fiths, après les avoir tuées avec une ar­ba­lète, dé­pe­çait ses vic­times. Exac­te­ment comme Jack l’éven­treur ! Ce que Grif­fiths avait ou­blié, c’est que les ca­mé­ras de sur­veillance n’exis­taient pas au temps de son « idole ». Le der­nier des trois meurtres a été fil­mé ce qui a conduit di­rec­te­ment à l’ar­res­ta­tion de Grif­fiths. Les pros­ti­tuées de Brad­ford avaient sur­nom­mé le san­gui­naire rô­dant dans les pa­rages « l’éven­treur de York­shire ». On peut s’at­tendre à voir plu­sieurs psy­cho­logues se pen­cher sur la re­la­tion entre Grif­fiths et Jack l’éven­treur. Sommes-nous té­moins d’un trans­fert de per­son­na­li­té? Le phé­no­mène est cou­rant au ci­né­ma. On a vu des ac­teurs et des ac­trices éprou­ver toutes les dif­fi­cul­tés du monde à sor­tir de la peau d’un per­son­nage après l’avoir cam­pé sur une longue pé­riode. Toutes pro­por­tions gar­dées, Val Kil­mer par exemple au­rait trou­vé dif­fi­cile de s’ex­tir­per de la peau du ro­cker Jim Morrison qu’il in­car­nait dans le film The Doors. Jack l’éven­treur est l’un des mythes les plus puis­sants de l’his­toire du crime. De nom­breux livres ont été pu­bliés sur lui. Les ar­tistes se sont em­pa­ré du per­son­nage dans presque tous les do­maines: films, bandes des­si­nées, ro­mans, sé­ries té­lé­vi­sées, mu­sique, jeux de vi­déo. Il existe même des jeux de so­cié­té ! Pour vous don­ner une idée de la force du mythe, je cir­cu­lais un jour à Londres lorsque je me suis ar­rê­té au­près d’une femme pour de­man­der un ren­sei­gne­ment. M’ayant ré­pon­du, elle ajou­ta, les yeux brillants : « Mais sa­vez-vous que vous êtes dans le quar­tier de Jack l’éven­treur ? Vous êtes dans les rues où il a com­mis ses meurtres ! » Nous sommes nom­breux à ci­ter le nom de Jack L’éven­treur sans vrai­ment sa­voir son his­toire. On se dit que c’était un tueur en sé­ries qui han­tait les rues de Londres dans un autre siècle. En fait, Jack l’éven­treur (Jack the Rip­per en an­glais) n’a ja­mais été ar­rê­té. Donc, on ignore qui était ce fa­meux psy­cho­pathe, ce qui ex­plique en grande par­tie la puis­sance du mythe. Sept sus­pects ont été re­te­nus par les spé­cia­listes de Jack l’éven­treur dont un prince hé­ri­tier de la couronne royale, un peintre et un chi­rur­gien. Cer­tains sou­tiennent que les en­quê­teurs de l’époque connais­saient l’iden­ti­té du tueur, un coif­feur de 26 ans, mais ne l’ont ja­mais di­vul­guée pour une rai­son obs­cure. Les meurtres ont ces­sé le jour où le coif­feur a été je­té à l’asile. Jack l’éven­treur avait tué cinq pros­ti­tuées en 1888 dans le quar­tier de Whi­te­cha­pel, un quar­tier mal fa­mé de Londres. Ça, c’est le chiffre mi­ni­mum car il est plau­sible que l’homme ait fait d’autres vic­times. La fé­ro­ci­té avec la­quelle le tueur s’achar­nait sur les femmes a aus­si contri­bué à sa lé­gende. À l’aide d’un cou­teau il les égor­geait, les mu­ti­lait, les éven­trait. Il re­ti­rait des or­ganes in­ternes qu’il lais­sait sur le ca­davre la plu­part du temps ou les ex­pé­diait à la po­lice. Un coeur n’a ja­mais été re­trou­vé. La sau­va­ge­rie de l’homme aug­men­tait meurtre après meurtre. Tout pour frap­per l’ima­gi­naire hu­main! Jack l’éven­treur pas­sait aux actes la nuit dans des en­droits pu­blics (quatre meurtres sur cinq) comme les ruelles sombres ou une cour ar­rière. C’est drôle à dire, mais Jack l’éven­treur est si po­pu­laire dans l’ima­gi­naire col­lec­tif qu’on peut af­fir­mer qu’il ne mour­ra ja­mais. (Avec l’aide de Wi­ki­pe­dia).

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.