ALEXANDRE DÉ­SI­LETS MONTE LA GARDE

Le Nord - - DIVERTISSEMENT ET CULTURE -

« Ce deuxième al­bum est plus ryth­mé, il a plus de groove et est “ ad­dic­tif” » , ré­sume Alexandre, un gars de peu de mots, terre-àterre, mais tel­le­ment dans son uni­vers. Re­tom­bé dans ses vieux amours R’n’B, il a concoc­té avec son maes­tro Jean Mas­si­cotte une mix­ture où la basse, le new wave, les samples et les “ tex­tures trip­pantes” sont lé­gion. Les bi­douillages et ex­pé­ri­men­ta­tions ont été pous­sés au max, de sorte que la bat­te­rie est sou­vent rem­pla­cée par des “ claps” à l’in­fluence brook­ly­nienne et où les am­biances feu­trées semblent fan­to­ma­tiques grâce à des échan­tillon­nages de “cra­que­ments de vi­nyle”. Les fans du pre­mier disque risquent d’être sur­pris, La Garde est moins long, la du­rée moyenne des mor­ceaux aus­si évi­dem­ment, et Alexandre l’élec­tro­ma­gné­tique en est bien fier. «Je sens la conti­nui­té, je ne pense pas qu’il y ait un clash. On hoche plus de la tête, il y a plus de textes et de mé­lo­dies qui res­tent en tête. C’est plus res­ser­ré, mais ça reste au­da­cieux, nou­veau,“fresh”, je n’ai pas de mi­sère à l’as­su­mer.» 1. Chan­ger d’air: Le pre­mier single. « Ça “fite” avec l’idée qu’on change de “vibe”.» 2. Plus qu’il en faut: « Une cri­tique so­ciale.Tout l’al­bum a ce pen­chant cri­tique. Mais c’est sub­til, c’est pas Lo­co Lo­cass… c’est la so­cié­té de consom­ma­tion, la sur- charge d’images de la té­lé, des mé­dias, les hé­ros qu’on es­saie de nous vendre... Je n’écris pas sur le quo­ti­dien, sur des émo­tions gé­né­rales.» 3. J’ou­blie­rai: « Une de mes pré­fé­rées. J’ou­blie­rai, c’est pen­ser à autre chose, faire la fête, ou­blier ses conflits; on boit, on danse, on s’amuse!» 4. À pas de géant: «Une autre cri­tique. Ça peut aus­si être une re­la­tion amou­reuse quand on en fait trop au dé­but et qu’on se plante…» 5. À moi­tié fou: «Ça vient en contra­dic­tion avec les titres “com­plè­te­ment fou” qu’on voit sou­vent. Ça peut être un gars qui n’est pas trop sûr de son af­faire, de ce qu’il a ai­mé chez la fille, ou ce n’est pas obli­gé d’être au pre­mier de­gré; ça peut être aus­si pour une ville où ça ne colle plus, pour la­quelle on a une re­la­tion amour/haine…» 6. Le souffle court: «J’ai ima­gi­né quel­qu’un qui court et qui vole du pain, un ali­ment de base, pour se nour­rir.» 7. La Garde: «Quel­qu’un bles­sé sou­vent dans la vie et qui est tou­jours sur ses gardes.» 8. Le re­père: «Une en­vie de par­tir, de fuir, dans un en­droit calme où on est bien, où on re­trouve notre vie. Une mé­ta­phore d’un sentier sur le­quel on voit la réus­site de notre vie en pen­sées.» 9. Les pré­vi­sions: «Lit­té­ra­le­ment une rup­ture. Le dé­part. L’élé­ment dé­clen­cheur, il va y avoir une grosse tem­pête et un des deux est heu­reux de par­tir.» 10. Si loin: Alexandre ter­mine l’al­bum avec un mor­ceau s’ap­pro­chant de l’es­prit de la #8. «C’est re­ve­nir à quelque chose qu’on ai­mait avant, son en­fance…Je me suis ima­gi­né un sans abri entre deux buil­dings, qu’on prend pour un fou, qui parle de ça. Et quand le so­leil re­vient, les fonc­tion­naires prennent la ville d’as­saut et le fou re­vient…»

La­po­chet­te­de­son­deuxiè­meal­bum­mon­tre­les­deux­for­cesd’AlexandreDésilets:re­cher­chée­tac­ces­sible.Les­tress­de­la­villeet­la­quié­tu­de­de­la­na­ture…

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