MEURTRE QUI SE­COUA LE MONDE

Un re­vol­ver à por­tée de main, l’homme s’en­dort en se de­man­dant : « Dois-je tuer John Len­non ou non? » C’était le 7 dé­cembre 1980.

Le Nord - - HISTOIRE DE CRIMES - BOU­RAS­SA JO­CE­LYN

Voi­là deux jours que Mark Da­vid Chap­man se pro­mène à New York. La veille, il s’était poin­té au Da­ko­ta Buil­ding, vieil im­meuble qu’ha­bite l’ex-Beatle. En at­ten­dant de croi­ser la su­per­star du rock, il li­sait et ba­var­dait avec le por­tier du Da­ko­ta. Il était ve­nu une pre­mière fois à New York le 27 oc­tobre. Il avait loué une chambre au Ol­cott Hô­tel, près du Da­ko­ta. Avant de quit­ter Ha­waï où il ha­bi­tait, il s’était ache­té un re­vol­ver, un Char­ter Arms de ca­libre .38 et s’était pro­cu­ré des mu­ni­tions à At­lan­ta. Après des heures à se de­man­der s’il de­vait tuer Len­non ou non, il avait dé­ci­dé de lais­ser tom­ber et de quit­ter New York à des­ti­na­tion d’At­lan­ta. De là, il avait ap­pe­lé sa femme: « Ché­ris, je m’en viens ! J’ai ga­gné! » Faut dire que ça n’al­lais pas très bien dans la tête de Chap­man. Trois mois avant le meurtre, il avait écrit à un ami: « Je me sens de­ve­nir fou ! » Il pre­nait plai­sir à ap­pe­ler un voi­sin pour chu­cho­ter dans le com­bi­né : « Bang, bang, shoot, shoot! », phrase cé­lèbre de la chan­son Hap­pi­ness is a warm gun des Beatles....écrite par Len­non. Voyant son ma­ri dé­railler, la femme de Chap­man lui avait fixé un ren­dez-vous dans une cli­nique de san­té pour le 26 no­vembre. Mais son ma­ri ne re­tour­na pas à Ha­waï. Il avait dé­ci­dé de re­ve­nir à New York.

Mé­ta­mor­phose

Le ma­tin du 8 dé­cembre, Chap­man re­tourne au Da­ko­ta Buil­ding et at­tend Len­non à la porte. Il jase avec le por­tier et se re­met à lire The Cat­cher in the Rye, un livre qu’il traîne avec lui de­puis son ar­ri­vée à New York. Le hé­ros du livre, un ado de 16 ans ap­pe­lé Ho­len Cau­field, dé­am­bule à New York en dé­bla­té­rant contre les adultes. Il les trouve su­per­fi­ciels et “pho­ny”. Or, Chap­man avait dé­cou­vert que Len­non était de­ve­nue un adulte su­per­fi­ciel. Un ma­ga­zine avait pu­blié un ar­ticle ta­pa­geur où toutes les ri­chesses de l’ex-Beatle y étaient éta­lées: ter­rains, fermes, vil­la au bord de la mer, voi­lier, coeur en dia­mant mas­sif et Rolls Royce en guise de ca­deaux. Le jour­na­liste avait ter­mi­né l’ar­ticle en re­pro­chant à Len­non d’avoir tro­qué ses convic­tions per­son­nelles contre un bien-être digne d’un sei­gneur. Chap­man était en fu­rie! Il en vou­lait à Len­non d’être de­ve­nu un gros bour­geois qui re­garde la té­lé du ma­tin au soir. Le temps d’une jour­née, soit le 8 dé­cembre, il était

De­puisl’as­sas­si­nat­deLen­non,se­sad­mi­ra­teur­se­tad­mi­ra­tri­ces­se­re­grou­pent­de­vant­leMe­mo­rialI­ma­gi­neàCen­tralPark.

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