Plu­tôt, vivre dans la di­gni­té…

À la Mai­son des soins pal­lia­tifs de la Ri­vière-du-Nord

Le Nord - - ACTUALITÉS - My­chel La­pointe

«Au lieu de par­ler de mou­rir dans la di­gni­té, ne de­vrions-nous pas plu­tôt par­ler de vivre dans la di­gni­té? Nous voyons la per­sonne vi­vante jus­qu’à la fin ».

Ain­si s’ex­pri­maient hier ma­tin (mar­di) les di­ri­geants de Pal­lia-Vie et la Mai­son des soins pal­lia­tifs de la Ri­vière-du-Nord de­vant les membres de la Com­mis­sion spé­ciale sur la ques­tion de mou­rir dans la di­gni­té qui sié­geait en dé­but de se­maine à Saint-Jé­rôme.

Le mé­moire de l’or­ga­nisme avait d’ailleurs été conçu en col­lé­gia­li­té par un groupe de spé­cia­listes dont la Dre France Ho­quet du CSSS Saint-Jé­rôme et membre de l’équipe mé­di­cale de la Mai­son, et le Dr Jean-François Rou­leau, di­rec­teur de l’équipe mé­di­cale de l’en­droit.

Les autres membres de l’équipe mé­di­cale de la Mai­son des soins pal­lia­tifs de la Ri­viè­re­du-Nord sont les Drs Ri­chard Car­tier, Na­tha­lie Hé­bert, Alain Na­deau et Su­zie Ver­mette.

Conser­ver sa di­gni­té

Par­lant de di­gni­té, la fa­çon de faire à la Mai­son de soins pal­lia­tifs res­pecte, consi­dère-t-on, la per­sonne qui y fi­nit ses jours.

Des la­cunes

«L’être hu­main conserve toute sa di­gni­té lors­qu’il est ac­cueilli sans ju­ge­ment dans son in­di­vi­dua­li­té et dans son che­mi­ne­ment. Notre ex­pé­rience nous montre qu’une fois la souf­france phy­sique sou­la­gée, notre ac­com­pa­gne­ment hu­ma­niste di­mi­nue de beau­coup les autres formes de souf­france ame­nant ain­si une baisse im­por­tante des de­mandes pour ac­cé­lé­rer le dé­cès. Lorsque rien ne fonc­tionne, nous uti­li­sons la sé­da­tion pal­lia­tive dans le conti­nuum de nos soins pour sou­la­ger une souf­france in­to­lé­rable quelle que soit sa forme ( phy­sique, psy­cho­lo­gique, exis­ten­tielle). Ce trai­te­ment est ac­cep­table pour les soi­gnants d’un point de vue éthique puisque l’ob­jec­tif est le sou­la­ge­ment et non la mort » tiennent à pré­ci­ser les res­pon­sables. Par ailleurs, l’équipe mé­di­cale de la Mai­son des soins pal­lia­tifs de la Ri­vière-du-Nord constate des la­cunes dans la struc­ture ac­tuelle et en a fait part aux membres de la Com­mis­sion.

«La science des soins pal­lia­tifs est très peu connue, même de nos jours. La ma­jo­ri­té des mou­rants n’ont pas ac­cès aux soins pal­lia­tifs de bonne qua­li­té. La population est mal in­for­mée et le per­son­nel soi­gnant est in­suf­fi­sam­ment for­mé. Ce­ci contri­bue à l’in­sa­tis­fac­tion de la population et à la dif­fu­sion de fausses im­pres­sions. Plu­sieurs craignent d’être trans­fé­rés en soins pal­lia­tifs, croyant qu’ils se­ront aban­don­nés par la mé­de­cine et n’au­ront plus de soins mé­di­caux... Plu­sieurs pensent aus­si que les soins pal­lia­tifs aident à mou­rir, alors qu’en réa­li­té nous ai­dons à bien vivre ce qu’il reste à vivre! En­fin, la sé­da­tion pal­lia­tive est fré­quem­ment per­çue comme de l’eu­tha­na­sie dé­gui­sée, ce qui est faux puisque le pa­tient dé­cède de sa ma­la­die ».

« De plus, il est dif­fi­cile pour les gens en san­té de se pro­je­ter dans une si­tua­tion où ils se­raient en grande perte d’au­to­no­mie. Ils craignent ce type d’ex­pé­rience, se sen­tant in­ca­pables de pas­ser au tra­vers... Ce­pen­dant, lorsque les ma­lades y sont confron­tés réel­le­ment dans un en­vi­ron­ne­ment at­ten­tion­né où ils conservent leur di­gni­té hu­maine, beau­coup réa­lisent que le dé­sir de vivre est bien plus fort qu’ils pen­saient. Nous vi­vons ré­gu­liè­re­ment cette si­tua­tion en soins pal­lia­tifs ».

La Mai­son des soins pal­lia­tifs de la Ri­vière-du-Nord.

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