Hom­mage au per­son­nel

Mai­son des soins pal­lia­tifs de la Ri­vière-du-Nord

Le Nord - - ACTUALITÉS -

NDLR. M.Yves Des­lau­riers nous a fait par­ve­nir un té­moi­gnage concer­nant la Mai­son des soins pal­lia­tifs de la Ri­vière-du-Nord. Nous le re­pro­dui­sons ici in­té­gra­le­ment.

La lec­ture du re­por­tage sur la Mai­son des soins pal­lia­tifs de la Ri­vière-du-Nord dans le jour­nal Le Nord, m’a lais­sé un ar­rière-goût dou­teux, en ce sens que la réa­li­té glo­bale de la Mai­son re­pose pri­mor­dia­le­ment sur dé­voue­ment ex­cep­tion­nel­le­ment hu­main du per­son­nel qui est au centre de la mis­sion de cet éta­blis­se­ment. Mon épouse a pas­sé 4 se­maines là, bien qu’il avait été conve­nu entre nous que c’est à notre mai­son qu’elle fi­ni­rait ses jours. Comme son état re­qué­rait des ap­pa­reils spé­cia­li­sés, la so­lu­tion d’al­ler vers les ser­vices adap­tés s’im­po­sait d’elle-même. Dans la mort de mon épouse, au sein de l’im­mense cha­grin qui m’ac­ca­blait, il me res­tait une conso­la­tion : les soins pro­di­gués à mon amour avec em­pres­se­ment, ten­dresse, dé­fé­rence, di­li­gence et cha­leur. La Mai­son des soins pal­lia­tifs, c’est aus­si ça et d’abord ça, ce­ci dit se­lon ce que j’ai pu ob­ser­ver en tant qu’ac­com­pa­gna­teur par­ti­ci­pant.

Ré­gu­liè­re­ment, je re­tourne à la Mai­son pour re­trou­ver cette am­biance cha­leu­reuse, apai­sante, ras­su­rante qui fait si dé­faut dans la so­cié­té. Mes pré­sences sont courtes puisque le per­son­nel est en mis­sion au­près des pa­tients. Il n’en faut pas beau­coup pour être im­pré­gné de cette at­mo­sphère unique et par­ti­cu­lière qu’on ne re­trouve pas ailleurs. Le per­son­nel a droit à toute notre ad­mi­ra­tion et notre consi­dé­ra­tion. En­trons au coeur d’un su­jet plus dé­li­cat et sou­vent es­ca­mo­té. Dans notre so­cié­té, on aborde cette ques­tion quand on a l’im­pres­sion qu’on est loin de cette is­sue. Nous ne de­vons pas mou­rir. Quand la mort frappe, nous cher­chons par quel moyen nous au­rions pu l’évi­ter.

Ce­la m’amène à par­ler des li­mites de la science mé­di­cale à ce jour. Dans le cas de Mo­nique, mon épouse, tout a été ten­té pour lui sau­ver la vie que ce soit à Saint-Jé­rôme, à Mai­son­neuve-Ro­se­mont, au Je­wish hos­pi­tal, à Notre-Dame, à l’Hô­tel-Dieu avec les meilleurs spé­cia­listes et ce ne fut pas as­sez. Non seule­ment le can­cer conti­nuait-il sa pro­gres­sion, on ne réus­sis­sait tou­jours pas à en­rayer la douleur qui la te­naillait. C’est à la Mai­son qu’on y est en­fin par­ve­nu et la fin frap­pait tou­jours plus fort à la porte. J’ai vu de bien belles choses à la Mai­son des soins pal­lia­tifs. J’y re­tourne avec plai­sir pour ren­con­trer des per­sonnes que je ne vois pas ailleurs.

Yves Des­lau­riers, Pré­vost

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