L’al­liance so­ciale et la Coa­li­tion disent halte à Cha­rest

Le Nord - - ACTUALITÉS - Da­vid Ri­cher

L’al­liance so­ciale ain­si que la Coa­li­tion op­po­sée à la ta­ri­fi­ca­tion et à la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices pu­blics unissent leurs voix pour sou­mettre au gou­ver­ne­ment Cha­rest leurs sug­ges­tions ju­gées «plus justes et équi­tables» en ce qui a trait au fi­nan­ce­ment des ser­vices et des pro­grammes qué­bé­cois.

Cette mo­bi­li­sa­tion vise à «chan­ger la tra­jec­toire du gou­ver­ne­ment dans le bud­get» pré­sen­té d’ici quelques se­maines. L’Al­liance so­ciale com­prend dif­fé­rents groupes sociaux tels que les syn­di­cats, les or­ga­nismes com­mu­nau­taires, fé­mi­nistes et étu­diants.

Se­lon Réal Ri­chard, vice-pré­sident de la FTQ Lau­ren­tides-La­nau­dière, les ser­vices de san­té of­ferts à la population et l’édu­ca­tion pu­blique de qua­li­té et ac­ces­sible à tous sont des me­sures qui né­ces­sitent l’in­ves­tis­se­ment de sommes d’ar­gent im­por­tantes.

L’Al­liance so­ciale et la Coa­li­tion croient tou­te­fois que le gou­ver­ne­ment a dé­ve­lop­pé «une stra­té­gie fis­cale hau­te­ment in­équi­table de­puis son ar­ri­vée au pou­voir».

«On a ren­con­tré le dé­pu­té Da­vid Whis­sell au­jourd’hui [28 fé­vrier] et on lui a fait part de nos pro­po­si­tions, mais il sem­ble­rait qu’on ne soit pas écou­té», dé­clare Louise Jet­té, pré­si­dente du Con­seil cen­tral des Lau­ren­tides CSN.

Les pro­po­si­tions

D’abord, il se­rait plus équi­table, se­lon eux, de re­pous­ser la date à la­quelle le Qué­bec de­vrait re­trou­ver l’équi­libre bud­gé­taire. « On vient de se sor­tir de la crise éco­no­mique. L’éco­no­mie est en­core trop fra­gile. Il est donc té­mé­raire de la part du gou­ver­ne­ment d’at­teindre le dé­fi­cit zé­ro dans un dé­lai rap­pro­ché » , ex­plique ma­dame Jet­té.

Par ailleurs, les deux mou­ve­ments sociaux in­vitent le gou­ver­ne­ment de Jean Cha­rest à re­voir les me­sures an­non­cées ces der­niers temps, no­tam­ment la taxe de la san­té de 200 $ ain­si que la hausse des frais de sco­la­ri­té. «C’est pré­sen­té d’une fa­çon où tout le monde de­vra payer», men­tionne mon­sieur Ri­chard.

«Avec la Ré­vo­lu­tion tran­quille, le Qué­bec a réus­si à se sor­tir d’une époque où les dé­penses en san­té étaient la prin­ci­pale source d’en­det­te­ment des mé­nages, où les jeunes is­sus de fa­milles moins nan­ties ne pou­vaient pas ac­cé­der à l’édu­ca­tion su­pé­rieure, où la cha­ri­té fai­sait of­fice de so­li­da­ri­té. Nous n’avons au­cune en­vie de re­tour­ner en ar­rière», sou­tient-il.

«Le gou­ver­ne­ment ac­tuel a donc un choix à faire dans sa re­dis­tri­bu­tion de la ri­chesse. Dans la ré­gion, les femmes qui dé­tiennent un em­ploi et qui doivent s’oc­cu­per de leur fa­mille ont un re­ve­nu moyen de 26 000 $ par an­née com­pa­ra­ti­ve­ment à l’homme qui, lui, gagne 41 000 $. Il y a là tou­jours la pré­sence de l’ini­qui­té», dé­clare So­phie Gil­bert, co­or­don­na­trice du Ré­seau des femmes des Lau­ren­tides.

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