Com­ment s’en dé­ba­ras­ser une fois pour toutes…

Maux de dos

Le Nord - - SANTÉ - My­chel La­pointe

Les études disent que plus d’un Qué­bé­cois sur quatre souffre de maux de dos et huit sur dix en souf­fri­ront du­rant leur vie. Loin d’être ano­dine, la lom­bal­gie chronique re­pré­sente un coût im­por­tant pour les ma­lades et le sys­tème de san­té dans son en­semble. D’où vient une telle épi­dé­mie? L’ex­pli­ca­tion tient très cer­tai­ne­ment à une mul­ti­tude de fac­teurs au sein des­quels le manque d’ac­ti­vi­té phy­sique tient une place pré­pon­dé­rante. Mais la po­si­tion as­sise pro­lon­gée est très sou­vent ac­cu­sée de fa­vo­ri­ser l’émer­gence de ces dou­leurs. Vrai ou faux? À l’heure où le tra­vail sur or­di­na­teur touche de plus en plus de per­sonnes, il était temps de ti­rer au clair cette ques­tion.

Vi­bra­tions et mau­vaises po­si­tions

Des cher­cheurs new-yor­kais ont pas­sé en re­vue 25 études por­tant sur le mal de dos et le tra­vail en po­si­tion as­sise pro­lon­gée, plus de la moi­tié du temps de tra­vail. La conclu­sion est sans ap­pel : le tra­vail sur écran n’est pas res­pon­sable de lom­bal­gie! Au­cune rai­son donc d’ac­cu­ser votre or­di­na­teur lorsque votre co­lonne vous joue des tours.

La fré­quence des lom­bal­gies n’aug­mente que lorsque la po­si­tion as­sise pro­lon­gée s’ac­com­pagne de vi­bra­tions ou de « mau­vaises po­si­tions ». C’est plus la du­rée d’ex­po­si­tion des vi­bra­tions que leur am­pli­tude qui s’avère né­faste. Au pe­tit jeu de la pro­fes­sion la plus exposée, les grands per­dants sont les pi­lotes d’hé­li­co­ptère. Ce mé­tier mul­ti­plie par neuf le risque de dé­ve­lop­per une lom­bal­gie.

Des conseils

Pour évi­ter les mau­vaises po­si­tions et li­mi­ter les autres pro­blèmes liés au tra­vail sur or­di­na­teur comme la fa­tigue vi­suelle, quelques conseils peuvent vous ai­der. De prime abord, il est es­sen­tiel de bien ins­tal­ler votre or­di­na­teur. Ce­ci per­met­tra de mi­ni­mi­ser les pro­blèmes de fa­tigue vi­suelle. Idéa­le­ment, l’écran doit être lé­gè­re­ment orien­té en ar­rière et être pla­cé à une dis­tance de 50 à 70 cm, ce qui cor­res­pond à la dis­tance né­ces­saire pour que vous puis­siez ef­fleu­rer l’écran avec le bout des doigts en éti­rant les bras. Il est éga­le­ment conseillé que le haut de l’écran ar­rive au ni­veau de vos yeux, sauf si votre écran est de grande taille. La vi­sion est for­te­ment sol­li­ci­tée. Choi­sis­sez un bon écran, trai­té contre les re­flets et pen­sez à ré­gler la lu­mi­no­si­té se­lon le tra­vail que vous ef­fec­tuez (trai­te­ment de texte, des­sin...). Veillez aus­si à l’éclai­rage am­biant et évi­tez de pla­cer l’écran face ou dos à une fe­nêtre, ce qui peut être source d’éblouis­se­ments ou de re­flets. Vous al­lez tra­vailler des heures en po­si­tion as­sise, ce qui peut en­traî­ner une contrac­ture des muscles de la nuque, des épaules et du dos. Vous ré­dui­rez ce risque si vous prenez la pré­cau­tion de choi­sir un siège confor­table et de vous ins­tal­ler au fond du fau­teuil, les ge­noux de pré­fé­rence au même ni­veau que les hanches. Uti­li­sez un re­pose-pied, si vous êtes de pe­tite taille, ou que la table de tra­vail est pla­cée en hau­teur. Fa­vo­ri­sés par le tra­vail ré­pé­ti­tif sur écran, les troubles mus­cu­lo-sque­let­tiques des membres su­pé­rieurs sont de plus en plus ré­pan­dus. Les poi­gnets sont par­ti­cu­liè­re­ment vi­sés, mais aus­si les mains et les épaules. Pour pré­ve­nir ce pro­blème, pla­cez votre cla­vier à une dis­tance de 10 à 15 cm du re­bord de la table et es­sayez de tra­vailler en ayant les coudes à angle droit, en évi­tant de plier les poi­gnets et de les pla­cer sur le re­bord du bu­reau. Choi­sis­sez une sou­ris adap­tée à la taille de votre main et évi­tez de la ser­rer trop for­te­ment ce qui pour­rait in­duire des troubles mus­cu­lo-sque­let­tiques des doigts. En­fin, pla­cez les do­cu­ments que vous uti­li­sez le plus fré­quem­ment à proxi­mi­té de l’or­di­na­teur. Fa­tigue vi­suelle, maux de tête et troubles ocu­laires peuvent ap­pa­raître si vous ne vous in­ter­rom­pez pas ré­gu­liè­re­ment. Des mé­de­cins néo-zé­lan­dais viennent même de dé­crire un cas de phlé­bite com­pli­qué d’em­bo­lie pul­mo­naire après sta­tion as­sise pro­lon­gée de­vant un or­di­na­teur. Des pauses fré­quentes, mais pas for­cé­ment très longues, sont donc re­com­man­dées : il ne faut pas dé­pas­ser deux heures sans bou­ger. Pro­fi­tez-en pour vous le­ver cher­cher un verre d’eau?

Les maux de dos re­pré­sentent un fléau de plus en plus ré­pan­du.

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