Je pense/ I Think par John McE­wen

Mu­sée d’art contem­po­rain des Lau­ren­tides

Le Nord - - DIVERTISSEMENT ET CULTURE - Fran­çoise Le Guen

Du 6 mars au 17 avril 2011, le Mu­sée d’art contem­po­rain des Lau­ren­tides pré­sente l’ex­po­si­tion Je pense/I Think de John McE­wen, un des prin­ci­paux sculp­teurs du Ca­na­da. «Je pense, qui pense? Est-ce que la bombe pense? Est-ce que l’oeuf pense ? Est-ce que l’ani­mal pense ? Je pense avec des ob­jets. » - John McE­wen. L’uni­vers de John McE­wen, ses sculp­tures, épu­rées, étoi­lées, ani­maux de mé­tal, se veulent des ponts, des liens entre le monde de l’ima­gi­naire et notre monde ex­té­rieur; un monde dont la porte peut s’ou­vrir, par l’in­ter­mé­diaire de ces ani­maux d’acier, pré­sence/ab­sence, un monde en­tiè­re­ment à eux. Leur monde ab­sent de l’homme. Sans l’homme. In­dif­fé­rent à l’homme. «La vie sur terre est in­dé­pen­dante des pro­jec­tions qu’en fait l’es­prit de l’homme » ex­plique le sculp­teur. «Les ani­maux vivent dans leur monde. C’est notre re­la­tion entre notre ima­gi­naire et le monde ex­té­rieur.» Uni­vers de sculp­ture, sculp­tures d’étoiles. « Les étoiles, oui, on dit que nous sommes des pous­sières d’étoiles… Nous ne pou­vons pas les tou­cher, elles sont loin, dans l’es­pace, comme notre pen­sée, notre es­prit… Si tu pos­sèdes beau­coup d’étoiles, ce se­rait la plus grande ri­chesse (na­tu­relle)», com­mente John McE­wen. «Je pense avec des ob­jets c’est aus­si réa­li­ser que nous épui­sons ou dé­trui­sons, à nos propres risques, la vie sur terre.»

John MacE­wen, la vi­sion

Après avoir son­dé, dans son tra­vail, la com­mu­ni­ca­tion entre les ani­maux, celle de l’homme et de l’ani­mal, l’art et le vi­si­teur, John McE­wen nous en­traîne dans sa pen­sée afin d’ex­plo­rer une cer­taine vi­sion de la vie sur terre. L’ar­tiste pense avec des ob­jets. Ils prennent l’ap­pa­rence de sil­houettes (entre chiens et loups), de bon­bonnes consti­tuées de mil­liers d’étoiles en acier prêtes à s’éva­po­rer. John McE­wen nous in­vite à dé­pla­cer notre re­gard sur le monde, le rendre in­dé­pen­dant de nos ha­bi­tuelles pro­jec­tions hu­maines. Monde ou nous fai­sons plus sou­vent of­fice d’ob­jet qui se laisse por­ter, qu’ac­teur de notre propre mou­ve­ment. À l’in­verse, il nous en­cou­rage à faire ce voyage, à se mou­voir au mi­lieu de ses sculp­tures, à créer des liens et à trou­ver de nou­velles his­toires.

John McE­wen, le par­cours

Né à To­ron­to en 1945, John McE­wen gra­due au «On­ta­rio Col­lege of Art» en 1970. En 1972, il quitte To­ron­to pour s’ins­tal­ler dans la forge du pe­tit village de Hills­dale. Dès les an­nées 1980, son tra­vail est en ef­fer­ves­cence : il ex­pose en Aus­tra­lie, en Al­le­magne, en An­gle­terre et à tra­vers le Ca­na­da. Il est in­vi­té à créer de nom­breuses oeuvres pu­bliques entre autres à l’Uni­ver­si­té de Le­th­bridge en Al­ber­ta (1981), au Mu­sée de l’avia­tion et de l’es­pace du Ca­na­da à Ot­ta­wa (1986-89), au parc des Por­ta­geurs à Hull (1985), à la Place Al­bert-Du­quesne à Montréal (1993), à Ka­riya au Japon (2001), à Can­ber­ra en Aus­tra­lie (2002) et à l’Am­bas­sade du Ca­na­da à Ber­lin en Al­le­magne (2004-05). Il réa­lise, en col­la­bo­ra­tion avec Mar­lene Hil­ton Moore, l’im­po­sant Mo­nu­ment aux Va­leu­reux à Ot­ta­wa (2004-2006). Sa plus ré­cente oeuvre pu­blique, Star­dust and Time, fut ins­tal­lée à To­ron­to en 2010. On re­trouve ses oeuvres dans de nom­breuses col­lec­tions pri­vées et mu­séales. Le Mu­sée d’art contem­po­rain des Lau­ren­tides est si­tué au 101, place du Cu­ré-La­belle à SaintJé­rôme. Il est ou­vert du mar­di au di­manche de 12 h à 17 h. In­for­ma­tions: (450) 432-7171 – www.mu­see­lau­ren­tides.ca

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