La san­té, l’af­faire des em­ployeurs?

Le Nord - - SANTÉ -

L’en­tre­prise d’au­jourd’hui doit gé­rer de ma­nière très ser­rée sa pro­duc­ti­vi­té et ses frais d’ex­ploi­ta­tion pour sur­vivre. Nombre d’entre elles exa­minent de près les coûts re­liés au stress, à l’in­va­li­di­té, à l’ab­sen­téisme et à un taux de rou­le­ment éle­vé des em­ployés. Et ce, avec rai­son, puisque de plus en plus de Ca­na­diens tombent ma­lades ou s’ab­sentent du tra­vail. Se­lon sta­tis­tiques Ca­na­da, l’ab­sen­téisme coûte aux em­ployeurs plus de 15 mil­liards par an­née. Pas éton­nant que les pro­grammes de san­té soient dé­sor­mais dans la mire d’un nombre crois­sant d’en­tre­prises qui cherchent à sti­mu­ler leur pro­duc­ti­vi­té et ac­croitre leur ren­ta­bi­li­té.

Ces pro­grammes de san­té ré­pondent a des pro­blé­ma­tiques bien réelles que vivent un nombre in­quié­tant d’em­ployés. Les tra­vailleurs sont de plus en plus stres­sés, tant en rai­son d’une charge de tra­vail alour­die qu’à cause des dif­fi­cul­tés à conci­lier vie fa­mi­liale, vie per­son­nelle et tra­vail. Il faut aus­si re­con­naitre que l’au­to­ma­ti­sa­tion de l’en­vi­ron­ne­ment de tra­vail ain­si que la mul­ti­pli­ca­tion des moyens de com­mu­ni­ca­tion ont aug­men­té les at­tentes quant à la pro­duc­ti­vi­té et créé une mul­ti­tude d’in­ter­rup­tions qui ré­sultent en un stress ad­di­tion­nel pour le tra­vailleur.

Les pro­grammes de san­té en en­tre­prise se­ront fort pro­ba­ble­ment bien ac­cueillis par les em­ployés. Pour ces tra­vailleurs les avan­tages sont nom­breux : meilleur cli­mat de tra­vail, di­mi­nu­tion du stress et meilleure per­for­mance. Ces avan­tages contri­buent à ren­for­cer le sen­ti­ment d’ac­com­plis­se­ment de soi et d’ap­par­te­nance à l’en­tre­prise.

Des éco­no­mies bien réelles

Ce­ci confirme que même si les pro­grammes de san­té et de mieux-être en en­tre­prise per­mettent de réa­li­ser des éco­no­mies bien réelles, leur per­ti­nence dé­passe le simple contexte fi­nan­cier. Les em­ployeurs se­ront de plus en plus confron­tés à la né­ces­si­té de par­ler san­té en en­tre­prise en rai­son de la pé­nu­rie de main-d’oeuvre et la population vieillis­sante. Les en­tre­prises de­vront non seule­ment re­cou­rir aux pro­grammes de san­té mieux-être comme in­ci­ta­tif pour at­ti­rer les can­di­dats les plus qua­li­fiés, mais aus­si pour gé­rer le pro­lon­ge­ment de la vie ac­tive d’un tra­vailleur.

Voi­là qui exi­ge­ra de la flexi­bi­li­té et des in­ves­tis­se­ments dans le bien-être des res­sources hu­maines.

Il n’y a pas de pi­lule ma­gique qui vien­dra so­lu­tion­ner les nom­breux en­jeux de la san­té dans nos en­tre­prises. Le meilleur re­mède consiste à adop­ter un pro­gramme in­té­gré, for­te­ment axé sur la pré­ven­tion et qui tiennent compte de toutes les fa­cettes de la san­té en en­tre­prise : er­go­no­mie, nu­tri­tion, vac­ci­na­tion, jour­nées san­té thé­ma­tiques, condi­tion­ne­ment phy­sique, ac­cès ra­pide et sim­pli­fié à un mé­de­cin ou un psy­cho­logue entre autres, fe­ront par­tie d’une so­lu­tion in­té­grée.

Joé Har­vey

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